Un projet de 15 ans
Chez Olivier Poirier, en Gaec à Surin avec son neveu et un associé hors cadre familial, le bâtiment qui est en train d'être construit est un projet de longue date, en mémoire de son père.
Le bâtiment pour les vaches laitières avait été construit en 1996, et "il y a plein de petits bâtiments autour" décrit Olivier Poirier, installé depuis 1992 au lieu-dit Les Vignes à Surin. Plus loin, au lieu-dit chez Coindeau, toujours sur la commune de Surin, un bâtiment traditionnel, de stockage avait été construit il y a quelques années. Mais Olivier Poirier l'affirme, "quand tu vieillis, il faut penser à travailler dans plus de confort et savoir se projeter dans l'avenir même si c'est plutôt morose dans l'agriculture aujourd'hui. Mais tu peux être meilleur parce que tu travailles dans un meilleur confort". Les années sont passées, permettant d'affiner le projet de construction d'un nouveau bâtiment de 3 000 m2, en adéquation avec l'activité : l'élevage de trente Angus, depuis 14 ans, mais aussi le travail du bétail à cheval. L'entraînement des 14 chevaux de l'exploitation pourra alors se faire toute l'année dans une arène de 1 500 m2, tout comme les stages (une dizaine par an). Un espace de box pour équiper les chevaux mais aussi les nourrir et les abreuver est aussi prévu. Pour les Angus, c'est le travail de l'engraissement qui va être facilité. Gage de développement de l'exploitation à travers la vente directe mais aussi la visibilité notamment lors d'évènement comme La Ferme s'invite du parc des expositions de Poitiers en fin d'année. "La gestion des inséminations et du contrôle des gestations par échographies va être plus facile" complète Olivier Poirier qui va donc poursuivre son travail d'engraissement et des naissances, toute l'année, dans de meilleures conditions mais aussi, avec la soixantaine de génisses laitières auxquels s'ajoute les 70 du troupeau. Des bovins nourris avec les céréales produites sur les 360 ha de l'exploitation (dont 20 de prairies). Du maïs irrigué pour les vaches laitières et du blé pour le paillage. Mais aussi de l'orge, du tournesol et du colza. "On s'est remis à faire de la luzerne cette année alors qu'on l'avait arrêté il y a 30 ans. C'est parfait pour la croissance des génisses Angus et laitières et pour la rotation" explique Olivier Poirier.
2 400 m2 de photovoltaïque
Le modèle financier est plutôt usuel. 800 000 € d'investissement qui ne pouvaient pas être réalisés sans le concours de l'entreprise Barconnière en Dordogne (construction de bâtiment métallique), qui avait déjà construit un bâtiment sur l'exploitation, et d'Orkane, spécialisée dans la production d'énergies renouvelables. " Ils sont propriétaires pendant 25 ans et à l'issue le bâtiment m'appartient. Et tu ne défigures pas le paysage comme avec des grands mâts". Même s'il reconnaît qu' "il y a aussi débat sur le photovoltaïque. Ce qu'il faut voir c'est que l'accès à ce type d'outil permet de faire travailler des gens et de développer une activité de vente directe localement". Olivier Poirier n'oublie pas que l'effet déclencheur de la construction du bâtiment est aussi le décès de son papa grâce à ce qu'il a laissé à ces enfants en héritage d'une vie de travail. Olivier Poirier lui rend hommage à travers ce nouveau projet. Dans la droite ligne de ce que lui disait son père : " Ce n'est pas à ses pieds qu'il faut regarder mais loin devant soi ".