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Un partenariat pour l’élevage littoral

La Safer Nouvelle-Aquitaine et le Conservatoire du littoral ont signé le 6 décembre un partenariat pour développer « l’élevage extensif » sur des terres marécageuses de Talmont-sur-Gironde.

La signature de la convention, le 6 décembre à Talmont-sur-Gironde, par le président de la SAFER Nouvelle-Aquitaine Patrice Coutin et le directeur adjoint du Conservatoire du littoral Matthias Vigorgne.
La signature de la convention, le 6 décembre à Talmont-sur-Gironde, par le président de la SAFER Nouvelle-Aquitaine Patrice Coutin et le directeur adjoint du Conservatoire du littoral Matthias Vigorgne.
© Conservatoire du littoral

Et si l’élevage était la meilleure chance de préservation des marais du littoral atlantique ? C’est une question que s’est sans doute posé le Conservatoire du littoral lorsqu’il a acheté fin 2018, avec l’appui financier de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, 123 ha de terres en déprise à Talmont-sur-Gironde, au sein d’un marais d’environ 400 ha. Ces parcelles avaient fait l’objet d’un suivi de la part du Conservatoire d’espaces naturels (CEN) de Nouvelle-Aquitaine et de la Chambre d’agriculture de la Charente-Maritime pour comprendre leur nature et leur fonctionnement. Plutôt que de revenir aux grandes cultures qui y étaient pratiquées depuis le début des années 1980 et avaient été abandonnées entretemps, le Conservatoire a choisi de travailler avec la SAFER pour installer un jeune éleveur, afin de « redonner à cet espace sa vocation prairiale », mais également pour « redynamiser l’élevage local ». « C’est la première opération d’ampleur, mais nous avons déjà agi ensemble plus ponctuellement », précise Jérôme Guevel, délégué adjoint Centre-Atlantique du Conservatoire du littoral. « Depuis quelques années, nous avons un partenariat de fond qui nous a appris à mieux nous connaître et à partager des visions du territoire. »
Parmi les onze candidats à l’installation, et après analyse technique de son dossier, c’est Olivier Mitsieno qui a été retenu et a donc débuté une activité d’élevage ovin, en agriculture biologique, sur ces terres. L’installation a requis quelques aménagements, car ces terres n’étaient pas préparées à l’élevage et ne disposaient pas de siège d’exploitation. Le Conservatoire du littoral, avec l’appui technique du Conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine, s’est chargé des investissements pour que l’éleveur puisse débuter au mieux son activité. Les friches ont donc été broyées, les espèces invasives enlevées, et les parcelles réensemencées pour correspondre à leur nouvelle destination prairiale. Des accès et des clôtures ont été aménagés pour que le pâturage puisse débuter au printemps prochain. « Un schéma d’intentions paysagères, qui permettra à la population de faciliter sa réappropriation du marais, a cette année été financé par la Région Nouvelle-Aquitaine », indique le Conservatoire du littoral.

Trois axes concrets

En amont, c’est sur la partie acquisition des terres que la SAFER a pu prêter assistance sur ce projet d’installation. L’organisme a mené les négociations avec l’ancien propriétaire pour éviter un morcellement des parcelles. « Les terrains étaient partiellement situés en zone de préemption Espaces Naturels Sensibles (ENS) du Département de la Charente-Maritime, et c’est le partenariat développé avec la SAFER qui a permis de mener une opération d’ensemble », explique-t-on du côté de l’organisme de préservation du littoral.
L’opération, comme les précédentes collaborations SAFER-Conservatoire du littoral, s’est bien déroulée. « C’est ce qui nous a amenés à construire une convention de partenariat », explique Jérôme Guevel. L’objectif est un travail commun en matière de maîtrise foncière des espaces naturels et agricoles du département, a été signée le 6 décembre dernier à Talmont-sur-Gironde par les deux organismes. Concrètement, trois axes principaux d’action ont été définis : la veille et l’observation foncière, la négociation foncière et le recueil de promesses de vente par la SAFER pour le compte du Conservatoire du littoral, ainsi que l’acquisition et le portage par la SAFER, toujours pour le compte du Conservatoire du littoral.
L’objectif est de mener plusieurs opérations d’installation, similaires à celle conduite à Talmont-sur-Gironde. La commune pourrait d’ailleurs accueillir d’autres projets de cette nature, puisqu’elle a indiqué souhaiter l’intervention du Conservatoire du littoral sur le reste du marais, en cas de nouvelles ventes. De son côté, le Conseil départemental a renforcé cette possibilité en étendant sa zone de préemption en faveur des espaces naturels sensibles sur l’ensemble de la zone humide, ouvrant la voie à de futures interventions foncières.

 

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