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Initiatives
Un engin de cross pas comme les autres

Une démonstration de moissonneuses-batteuses ‘‘cross’’ est au programme de la prochaine Fête de la Terre. Pour préparer sa machine, le syndicat départemental des Jeunes Agriculteurs a noué un partenariat avec l’Agrocampus de Saintonge.  

Sous le regard de Georges Magny (à gauche) et Rémi Komorniczak (à droite), les élèves du CFAA de Saintes s’attellent à la transformation de cette vieille moissonneuse-batteuse en machine de cross.
© Kévin Brancaleoni

Au premier regard, à part la peinture jaune vive, on ne voit pas vraiment ce que cette moissonneuse entreposée sous un hangar de St-Georges-des-Coteaux peut avoir en commun avec un engin de course. Pourtant, en août prochain, elle devrait bel et bien être au départ de la démonstration de moissonneuses-batteuses ‘‘cross’’ qui sera organisée par les Jeunes Agriculteurs de Charente-Maritime à l’occasion de la Fête de la Terre. Plusieurs cantons préparent à cette occasion leurs propres ‘‘moiss’-batt’ cross’’, mais le syndicat départemental voulait aussi présenter une machine qu’il pourrait conserver et présenter lors d’autres événements dans les départements voisins.  Mais le travail de préparation étant difficile à effectuer pour des agriculteurs trop éloignés les uns des autres, il a fallu trouver une solution ; les JA 17 se sont donc rapprochés du CFAA de l’Agrocampus de Saintonge, « à la recherche d’exploitations sur lesquelles travailler en mécanique », explique Georges Magny.

« Essentiellement de la récupération »

Ce sont donc des élèves de 2ème année de brevet professionnel Agroéquipement qui se sont lancés dans ce chantier de rénovation très instructif. Démontage de la machine, remise en état de vieux moteurs, et donc exercices en mécanique, électricité, soudure... Les compétences mises en œuvre sont multiples.

« Et c’est aussi travailler dans des conditions réelles », pointe leur enseignant, Rémi Komorniczak.  « Nous ne sommes pas dans un atelier chauffé, mais dans le cadre d’un dépannage sur une exploitation agricole. »

C’est effectivement un agriculteur qui prête ce hangar proche du CFAA de Saintes pour réaliser ce chantier. Il rejoint ainsi les nombreux soutiens qui auront permis de faire naître ce projet, depuis le tout début. « Cette moissonneuse du début des années 1970 était chez un de nos adhérents, qui n’en avait plus besoin », explique Georges Magny. « Il en a fait don aux JA 17. » D’autres partenaires ont apporté un soutien financier et matériel. La ferraille utilisée pour la remise en état de la moiss’-batt’ est « essentiellement de la récupération », souligne Rémi Komorniczak. « C’est un petit budget, il faut composer. »

Un partenariat « gagnant-gagnant »

Ces pièces vont permettre de renforcer le châssis de la machine et de créer un arceau de sécurité autour du poste de conduite (où un siège baquet sera aussi installé afin de garantir un maximum de sécurité pour le pilote). Un moteur issu d’un vieux camion sera installé dans la structure, tandis que l’ancien de la moiss’-batt’, moins puissant, a été remis en état et revendu. La partie récolte de la machine, démontée en même temps, a elle été conservée ; les JA 17 espèrent pouvoir la réutiliser par la suite pour d’autres projets.

Au final, tous les participants se disent satisfaits de leur engagement dans cette aventure. « Pour nous, ce sont des travaux pratiques qui occupent nos élèves, avec obligation de résultats », résume Rémi Komorniczak. « Et les Jeunes Agriculteurs auraient été plus en difficulté pour se lancer sans notre aide. C’est gagnant-gagnant. » Pour découvrir la machine remontée, avec une peinture rafraîchie et les couleurs de ses partenaires, rendez-vous à Échillais les 5 et 6 août prochains.

 

Une formation de terrain

Le brevet professionnel Agroéquipement est une formation en alternance lancée il y a un an et demi par le CFAA de l’Agrocampus de Saintonge. Les élèves intervenant sur la moiss’-batt’ cross appartiennent donc à la première promotion. « Nous avons besoin de situations réelles pour les former », explique Rémi Komorniczak, qui recherchait pour cela un partenariat similaire à ce que lui ont proposé les JA 17. « L’idée de départ était d’aller de façon itinérante chez des agriculteurs pour faire ce qu’ils n’ont pas le temps de faire comme entretien de leur matériel. » Ces opérations « gagnant-gagnant » pourraient avoir lieu chez des agriculteurs volontaires dans les années à venir.

 

 

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