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Tuberculose bovine : la maladie toujours active en Charente

Quatre cas de tuberculose bovine, dont deux récidives, ont été décelés depuis le début de l’année en Charente. Philippe Dubois et Bruno Richoux poursuivent leur étude sur l’immunité des bovins et le lien avec le rationnement des animaux.

« Il s’agit de refaire de la zootechnie », selon Philippe Dubois.
« Il s’agit de refaire de la zootechnie », selon Philippe Dubois.
© Alexandre Merlingeas

Depuis le début de l’année, la Charente en est à quatre foyers confirmés de tuberculose bovine, dont deux récidives, dans la zone historique du sud Charente. Plusieurs autres foyers ont été constatés en Haute-Vienne et en Charente-Maritime. Alors que la Dordogne en est à 22 cas !

« On a l’impression qu’on a moins de cas mais sur une zone qui s’étend de Saint-Yrieix-la-Perche à la Roche-Chalais. Par rapport à la forme de la tuberculose bovine qu’on a connue, on a des choses qu’on a du mal à comprendre. Les conditions sont différentes avec des mouvements d’animaux plus intenses et de la faune sauvage infectée. S’agit-il d’une bactérie nouvelle ? Ce que je ne crois pas parce que les conditions de diffusion de la maladie sont différentes », indique Philippe Dubois, vétérinaire du Ted 16 GDS.

Sur les quatre cas charentais, tous en élevage allaitant, on recense un abattage sélectif et trois abattages totaux. « Quelle que soit la solution choisie, ce n’est pas le miracle pour l’éleveur. L’abattage sélectif est contraignant, compliqué et l’éleveur n’est pas serein. Les cas de tuberculose dans les élevages laitiers sont plus rares parce que les troupeaux laitiers disparaissent peu à peu du sud Charente. Et puis les conditions d’élevage sont différentes », analyse Philippe Dubois.

Maîtriser le calcium

Les recherches sur le lien entre l’immunité des bovins, la nature du sol et les teneurs du fourrage se poursuivent pour Philippe Dubois et Bruno Richoux, directeur du laboratoire départemental d’analyse.

« Nous nous sommes aperçus que les teneurs en calcium du fourrage dans le sud Charente étaient le double d’ailleurs. On pense que le calcium bloque tous les autres éléments. Il faut refaire du rationnement des animaux en essayant de tenir ce taux de calcium élevé et en apportant des oligo-éléments et des vitamines », affirme le vétérinaire du GDS.

Il identifie deux zones précises : le sud Charente du crétacé très calcaire et la vallée de la Dronne et son sol sableux et acide où les carences en cuivre seraient très importantes.

Les résultats des profils sanguins réalisés sur une quarantaine de vaches de cheptels différents montrent que dans les élevages de la zone crayeuse si on remet du calcium, on bloque soit le cuivre, le zinc ou le magnésium. « Il ne faut pas remettre trop de calcium dans les rations. Il s’agit de refaire de la zootechnie. Cela n’évitera pas qu’un cheptel soit atteint par la tuberculose mais on aura moins de vaches touchées avec moins de lésions. On peut sauver des troupeaux et limiter la diffusion de la maladie. La catastrophe est d’avoir des cheptels pourris qui contaminent la faune sauvage. D’ailleurs en Espagne, ils se sont mis à supplémenter la faune sauvage. »

Lire notre article complet en page 15 de l'édition du 1er juin.

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