Tribunal de commerce : priorité à la prévention
Vendredi dernier, l'audience solennelle de rentrée du tribunal de commerce de Poitiers a marqué le début de l'année judiciaire 2026. Ce rendez-vous traditionnel a permis la réinstallation de cinq magistrats réélus, dont le président Christophe Ducreau ; mais aussi l'installation de Luc Meurin, nouveau juge issu du secteur industriel, et qui a été à la tête de l'entreprise IMetal, spécialisée dans la charpente industrielle et la pose de panneaux photovoltaïques, basée à Nieuil-l'Espoir.
Le bilan de l'année 2025, détaillé par Christophe Ducreau, révèle une activité soutenue du tribunal de commerce, marquée par une augmentation de 11 % des procédures collectives, après la progression de 30 % en 2024. "La hausse annuelle semble se décélérer, signe d'une possible stabilisation de la situation pour les entreprises les plus fragiles". Le tribunal a prononcé 332 jugements d'ouverture de procédures de sauvegarde, redressement et liquidation, contre 298 en 2024. Les secteurs de la restauration, du commerce de détail et du bâtiment restent les plus impactés. "Il faut noter que plus de 70 % des procédures concernent des entreprises de moins de 10 salariés", précise le président. "Les sauvegardes connaissent une hausse conséquente de 85 % avec 24 jugements, témoignant d'un recours accru aux procédures anticipatives et donc des espoirs de redressement plus importants." Christophe Ducreau, par ailleurs, se félicite du recours accru à la prévention. Ainsi, les ouvertures de conciliation ont doublé, protégeant au final plus de 1 500 emplois, et 922 pour les procédures collectives. Parallèlement, l'efficacité de la juridiction, soulignée par le président, s'est concrétisée par une réduction de 58 % de son stock de dossiers contentieux.
Il a également insisté sur le dynamisme de la Vienne, qui a enregistré une hausse de 10 % des créations d'entreprises en 2025.
Parmi les autres dossiers importants pour le tribunal cette année, figure l'intégration de l'intelligence artificielle. Un outil qui devra représenter "un levier d'amélioration du service public, tout en préservant les droits et les responsabilités des juges".