Aller au contenu principal

Transmettre son exploitation dans la transparence et l’anticipation

À l’occasion de la quinzaine de la transmission, Alexandre Paulais et Jean-Michel Videau ont témoigné de leurs démarches et de leur conception de cette étape.

Au 1er janvier 2019 Alexandre Paulais sera installé sur l’exploitation de Jean-Michel Videau, à Biron.
Au 1er janvier 2019 Alexandre Paulais sera installé sur l’exploitation de Jean-Michel Videau, à Biron.
© AC

«On ne vient pas en juillet pour s’installer en septembre !» La phrase de Nathalie Duchiron, animatrice au Point Accueil Installation, a fait sourire l’assistance lors de la présentation de sa structure à  Jonzac, en novembre, à l’occasion de la Quinzaine de la Transmission, orchestrée par la Chambre d’agriculture. Le mot d’ordre est l’anticipation, que ce soit pour s’installer ou bien pour transmettre. À l’image d’Alexandre Paulais et de Jean-Michel Videau, venus témoigner de leur démarche. Il y a deux ans, Alexandre Paulais a poussé les portes du Point accueil installation. Titulaire d’un BPREA, il est venu «pour voir comment cela se passait», avec l’idée de s’installer en viticulture, soit avec son père, soit en individuel. «L’auto-diagnostic a permis de poser mon projet, mes compétences» souligne le jeune homme, de Fontaines d’Ozillac. Il a été ensuite dirigé vers le répertoire départ installation (RDI) de la Chambre d’agriculture.

Mettre en relation le futur repreneur et le cédant

«Notre objectif est de bien accompagner le futur cédant pour transmettre son exploitation en toute sérénité. On renseigne, on aide, on informe, on oriente» avance Carole Bégaud, conseillère RDI. «L’idéal est de commencer à penser à la transmission de son exploitation vers 50-55 ans, afin de connaître les différentes possibilités pour y arriver.» la conseillère a mis en relation les deux protagonistes.
En 2016, Jean-Michel Videau a participé à une formation sur la transmission. Depuis l’été 2018, son frère qui était associé avec lui, est parti à la retraite. Jean-Michel Videau  s’est inscrit au RDI. «Notre idée était de transmettre notre exploitation (82 ha de céréales et 19 ha de vignes). Nos enfants ne sont pas intéressés pour reprendre la suite» raconte cet ancien commercial, souriant, doté d’un franc-parler et d’une forte personnalité. Pour Alexandre Paulais, difficile de s’installer sans apport de foncier. C’est donc avec un achat de parts sociales que l’installation se fait. Le cédant y voit aussi une opportunité  : «cela me permet de me dire que dans 9 ans, je peux partir en retraite.»
Jean-Michel Videau et son frère ont choisi Alexandre Paulais «au feeling». Le premier contact s’est déroulé sur l’exploitation, à Biron. «Nous avons parlé du projet, puis j’ai visité l’exploitation» se remémore le jeune agriculteur.  Une première rencontre dont se souvient parfaitement le cédant : «Nous lui avons mis les points sur les «I». Nous avons été totalement transparents avec lui aussi bien sur notre façon de travailler que les contrats viticoles, la donation familiale, les chiffres de l’exploitation. Rien n’a été oublié. Si on veut que la transmission se déroule dans les meilleures conditions, il est essentiel de ne rien cacher». Cette transparence, ils l’ont eue aussi avec leur père : «nous l’avons associé à notre réflexion. C’est lui qui nous avait transmis son exploitation.»
Actuellement, Alexandre Paulais est en stage de parrainage  à l’EARL Videau Frères, en qualité de stagiaire. Il sera définitivement installé, le 1er janvier 2019. «Il n’est pas considéré pas comme un salarié. Il fait partie de l’entreprise en tant que décideur, il est associé» rajoute Jean-Michel Videau. Le jeune homme apporte aussi sa vision sur les cultures et parle «d’innovation». L’intégration peut paraître «complexe», mais le stage de parrainage est un atout. Il permet de placer le curseur et conforter ou non les deux parties dans leur choix.  Les frères Videau ont eu une idée bien précise de la transmission. Elle est basée sur l’ouverture d’esprit, le dialogue et la transparence.

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Alexandre Culot propose des "Kaps Burgers", qui sont fermés, mais aussi des frites belges, cuites dans la graisse de bœuf.
Burgers et frites belges made in Poitou
Si les burgers sont souvent associés à de la cuisine industrielle, Alexandre Culot s'efforce, lui, de démontrer qu'il est…
Robert Franchineau a été très actif dans la défense du melon du Haut-Poitou, ici (à droite) lors du lancement de la campagne à Rungis, en 2013, avec l'Académie des maîtres du melon, qu'il a présidée. 
Le patron des melons s'en est allé
C'est avec stupeur que le monde agricole de la Vienne a appris cette semaine le décès de Robert Franchineau. Ce melonier du nord…
Emmanuel Rérolle réduit sa vitesse de conduite pour limiter la consommation de carburant.
Si chère énergie...
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, la flambée des prix des carburants fragilise de nombreux secteurs d'activité…
Fabien Pichon a perdu
5 animaux et presque toutes ses brebis ont avorté.
Il a été touché par la FCO 3 et la FCO8

Sur son exploitation de Smarves, alors qu'il n'était d'ailleurs pas encore installé et qu'il était en train d'agrandir son…

Infirmiers et infirmières de l'association Asalées manifestaient le fin mars devant la préfecture de Poitiers et rejoints par des patients et des médecins adhérents.
Asalée veut continuer d'exister
Comme dans toute la France, des médecins et infirmiers de la Vienne manifestaient récemment pour affirmer leur soutien à l'…
Les dégâts de sangliers ont augmenté de 40 % en un an.
Chasse : vers une modification de la contribution territoriale dégâts

Face à la hausse des dégâts de sangliers, la fédération des chasseurs des Deux-Sèvres se voit dans l'obligation de faire…

Publicité