Aller au contenu principal

"Tofu du Poitou" : ça rime et c'est bon !

En mars dernier, Victor Fighiera a lancé sa fabrication artisanale de tofu bio à Coulombiers. L'histoire d'une passion née lors d'un voyage à Hong Kong.

Charlotte sur la tête, bottes en caoutchouc, gants en latex et tablier en plastique : Victor Fighiera a tout l'attirail d'un fromager. Et pourtant, dans son laboratoire situé à Coulombiers, ce n'est pas du lait de vache qu'il fait cailler, mais bien du lait de soja. Le jeune homme de 29 ans a lancé la commercialisation de son propre tofu bio en mars dernier, qu'il a appris à fabriquer en Asie. Originaire de Paris, Victor a réalisé ses études entre la capitale et Hong Kong. De l'autre côté du globe, il découvre "le vrai tofu asiatique, qui a du goût et une bonne texture, contrairement aux tofus industriels qu'on trouve dans le commerce en France." Il rentre ensuite terminer son parcours à Sciences Po Paris, puis vient s'installer dans la Vienne, pour travailler au sein de l'association La Traverse. "J'aimais beaucoup ce que je faisais, mais il me manquait le côté manuel," raconte Victor. L'idée de fabriquer du tofu de A à Z lui vient alors. "J'ai passé un BPREA en 2023, car je voulais m'installer pour cultiver le soja moi-même, mais je n'ai pas trouvé de terres." Le Pictavien reste motivé. Il choisit de se concentrer (pour le moment) uniquement sur la conception du tofu, avec l'envie de faire connaître les "vraies" saveurs dont il raffolait en Asie. Et pour cela, il choisit d'y retourner !

Un apprentissage à Taïwan

Accompagné de sa copine, l'ex-Parisien prend "la route du soja," pendant neuf mois en train, et cherche un "maître tofu" qui pourrait lui transmettre ses secrets. Il trouve un atelier via la plateforme Wwoof, dans un village rural reculé près de Taïwan. Pendant un mois, il échange avec l'artisan et son apprenti, les observe, apprend et produit du tofu. "L'atelier était à côté des fabricants du matériel de référence qui est utilisé pour faire du tofu. Alors j'en ai profité pour les rencontrer et faire livrer des outils en France." Car dans l'hexagone, impossible de trouver ces machines très spécifiques. "Ça m'a coûté 15 000 euros de créer ce laboratoire, mais j'ai bénéficié de 5 000 euros d'aide de la Région," détaille l'artisan. Après un mois de tests pour trouver la recette parfaite, Victor a pu commencer à vendre ses tofus : "Pour l'instant, le restaurant Kokken et le salon de thé Mimosa, à Poitiers, utilisent mes produits et je les vends sur le marché de Notre Dame le samedi matin." Le lancement de "Tofu du Poitou" se passe plutôt bien, puisque Victor repart toujours de son stand en ayant vendu toute sa production de la semaine. Par la suite, l'artisan aimerait que ses tofus soient aussi en vente dans des boutiques de producteurs. Mais cela demandera davantage de de travail, "et je me rends compte que j'en ai déjà beaucoup," sourit Victor.

Faire connaître le tofu à tous

L'objectif de l'artisan n'est pas qu'uniquement des personnes végétariennes ou végétaliennes se tournent vers son tofu, mais que tout le monde puisse découvrir ce produit ancestral d'Asie. "D'ailleurs, là-bas, il est souvent cuisiné avec de la viande", illustre Victor. Pour les omnivores comme les végés, ce produit est intéressant sur de nombreux aspects, notamment l'apport en protéines: 14 g pour 100 g de tofu. Le faible impact environnemental du tofu est aussi non négligeable, puisque sa fabrication génère "50 fois moins de gaz à effet de serre qu'un steak haché local."

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Lundi, une partie des bénévoles était sur le site, notamment pour l'installation de l'électricité.
Les JA s'installent à Saint-Martin-la-Pallu

Organiser une Fête de la Terre, c'est évidemment un grand défi pour les jeunes agriculteurs d'un canton. Ceux de Neuville ne s…

Mélanie Gourmaud et Pierre-Elie Simonnet sont décidés à mettre en place des actions tout au long de l'année pour défendre le revenu des agriculteurs.
Un "nouveau cap" pour la FNSEA de la Vienne
Après la démission d'une partie de son bureau en juin, la FNSEA de la Vienne s'est réunie la semaine dernière en assemblée…
Le festival La Petite Parenthèse se tiendra le samedi 22 août.
Une petite parenthèse, le temps d'un festival

Installé à Persac, le projet porté par Pierre-Vincent Gibaud, avec sa soeur Marie, et deux autres associés, se définit comme…

Une trentaine de Jeunes agriculteurs seront aux fourneaux et au service (photo de l'édition 2025).
Des repas 100 % locaux sur le site

Pas de fête de la Terre sans lien avec les assiettes ! Cette année, il sera possible de manger sur le site à trois…

Romain Migeon est coureur cycliste et vient d'ouvrir son atelier de réparation et entretien de cycles.
Sur les vélos, mais aussi aux réparations
Passionné de vélo depuis tout petit, Romain Migeon collectionne les titres, y compris au national. Désormais intégré dans une…
Les aides publiques, comme l'Aide au maintien, sont perçues comme une juste reconnaissance de l'AB pour la préservation de la biodiversité et de la qualité de l'eau potable.
Les agriculteurs bio interpellent le préfet
Réunis sur l'exploitation laitière de Christophe Ouvrard à Thurageau, les adhérents de Vienne Agrobio ont exposé la semaine…
Publicité