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Terra Lacta annonce un prix du lait à 270 euros pour 2016

La surproduction mondiale de produits laitiers et les stocks qui s’accumulent pèsent sur le prix du lait. La coopérative annonce un prix du lait de vache entre 270 € et 275 €/t pour l’année 2016.

Le lait des éleveurs est valorisé par Savencia en moyenne à 274 €/tonne.
Le lait des éleveurs est valorisé par Savencia en moyenne à 274 €/tonne.
© Guy du Repaire

 

« Le climat est déplorable en lait de vache et cela durera tant que les pays du nord de l’Europe déverseront du lait sans modération, parfois avec des augmentations de 15 % - 20 % ». Cette année encore, le président de Terra Lacta n’a pas cru bon de faire preuve d’optimisme devant les délégués de la coopérative, lors de l’assemblée le 28 avril. Ces délégués représentaient 27 % des sites de collecte mais 30 % du litrage collecté. Certains étaient présents dans l’une ou l’autre des 17 assemblées de section réparties sur un territoire qui s’étend de la Loire-Atlantique au Tarn et de la Charente-Maritime à la Creuse, soit 18 départements. Poursuivant son état des lieux bien sombre, Alain Lebret regrette « une absence de perspectives », quand les éleveurs ont dû se contenter d’un prix du lait de 310 euros en 2015, soit une baisse de 70 euros par rapport à 2014. Il assure ainsi que « dans la région pas mal d’exploitations se posent la question d’arrêter de produire du lait », alors que depuis 1984, la tendance était contenue autour de 5 %. « Il pourrait y avoir une cassure dans les prochains mois », prévient-il. La seule éclaircie dans ce tableau vient de la production caprine, dont « la situation s’est améliorée ». Un éleveur de chèvres qui participait à l’assemblée, traduisait ces propos de dirigeants de la façon suivante : « Estimez-vous heureux, si le prix ne baisse pas ! »
Le ton est donné. Et Daniel Chevreul, directeur des approvisionnements laitiers de Savencia, annonce pour 2016 un prix du lait de vache « entre 270 et 275 € », freinant la tendance du premier trimestre, à 277 €, mais plus encore par rapport à 2013, à 342 €, mais aussi en 2014, à 365 € et en 2015, à 307 €. « Au cours des dix-huit derniers mois, le prix du lait a baissé dans le monde de 25 % », explique-t-il et en Nouvelle-Zélande, premier producteur mondial, devant l’UE et les États-Unis, il a décroché « à 277 euros ». Il n’est pas sûr dans ces conditions que les volumes collectés par Terra Lacta « se maintiennent » comme le soulignent les dirigeants, à leur niveau de 2008, soit « autour de 730 millions de litres », avec des volumes par point de collecte qui sont passés de 370 000 litres en 2008, à 534 000 en 2015. Ni même avec le complément de prix de 10 €/t, pour les jeunes agriculteurs, ou avec la prime de production de 20 % à condition de baisser la production de 6 %, contre 5 % en 2015.

Pourtant, José Pano, directeur de la coopérative se veut rassurant, alors qu’il était invité par Alain Le- bret à « remonter le moral » des producteurs. Son objectif est de valoriser la production laitière, en particulier avec des produits à forte valeur ajoutée, comme le fromage ou « des ingrédients » à usage industriel, dans des usines comme Chandeniers, Surgères ou la filiale Armor Protéines au prix d’investissement conséquent. Car la marge de manœuvre est étroite face à une distribution très concentrée, non seulement en France mais de plus en plus à l’échelle de l’Union européenne. Si bien que Savencia valorise 42 % de ses produits de grande consommation en France à 340 €/t, 23 % à l’export - surtout en Allemagne - « au prix allemand », soit 260 €/t, et 35 % pour les ingrédients, à 205 €/t, soit le « cours mondial ». En moyenne, la valorisation de Savencia se situe à 274 €/t.

La marge de manœuvre de Terra Lacta est donc étroite. Déjà, en 2015, la surproduction euro- péenne et mondiale pesait sur les négociations avec les distributeurs. Le résultat net à 2,2 millions d’euros a baissé de 25 %, tout comme le chiffre d’affaires qui est passé de 586 millions d’euros à 440 millions d’euros. « La remontée du prix du lait sera lente et difficile, avertit Alain Lebret, du fait des stocks européens qui s’accumulent » et qui pourraient selon, Daniel Chevreul, « atteindre 400 000 tonnes en 2016 ».

 

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