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Solidarité rurale cherche des financeurs

Agriculteurs, artisans ou commerçants du milieu rural…, l’association Solidarité Rurale se fait un devoir de venir en aide à « toute personne physique ou morale, confrontée à des difficultés ». Mais le bénévolat a ses limites et les membres de l’association aimeraient être soutenus financièrement et voir leur rôle reconnu.

L’association organise deux repas par an pour maintenir le lien avec ses adhérents.
L’association organise deux repas par an pour maintenir le lien avec ses adhérents.
© Fabienne Lebon


L’association Solidarité rurale peine à sortir de l’anonymat. Pourtant, les membres de son conseil d’administration disent ne pas compter leur temps pour apporter une aide à « tous ceux qui vivent en milieu rural » et « qui sont dans la détresse », confie la secrétaire de l’association, Marie-Thérèse Gauthier. Bien des membres de l’association, coprésidée par Jean Falabregue de Chassiecq et Désiré Delage de Vitrac-Saint-Vincent, ont déjà eux-mêmes vécu des expériences malheureuses, qu’elles soient d’ordre économiques, administratives ou même personnelles. Parmi ces cinquante dossiers suivis par l’association - « pour certains, pendant des années » - « 85 % concernent le milieu agricole », explique André Chargy, agriculteur en retraite et « père fondateur » de l’association. « On est là pour écouter, rassurer, déculpabiliser et redonner confiance ». Mais pas seulement : l’association s’implique également quand il s’agit de problèmes économiques, pour lesquels budgets prévisionnels puis règlements amiables sont recherchés. « Nous travaillons en complémentarité avec le Conciliateur départemental auprès du TGI, Patrick Hasen, expert agricole et foncier, expert près de la cour d’Appel de Bordeaux. Son rôle est de concilier les créanciers et les débiteurs sur la réalisation d’un plan de remboursement de la dette. Le résultat de cette conciliation est de trouver une issue favorable à la continuité de l’exploitation. Si on ne parvient pas à trouver un accord de conciliation, une autre porte s’ouvre vers le redressement judiciaire. Nous en assurons l’accompagnement et le suivi technico-économique à n’importe quelle heure et n’importe quel jour. Quand la situation financière est trop dégradée et que l’exploitant n’a plus le ressort pour redresser la situation, il est dirigé vers une cessation d’activité » décrivent les membres de l’association, qui doivent se tenir au fait des règlements juridiques. Mais aussi faire preuve de psychologie : « Beaucoup de personnes que l’on suit ont déjà sombré dans la dépression ou connaissent des situations sociales très difficiles : alcool, divorce, impayés d’électricité ou d’eau, problèmes de voisinage ou de logement… »



Manque de moyens financiers


Face à cette misère humaine, les dix bénévoles les plus actifs de l’association, la plupart agriculteurs ou anciens exploitants, confessent avoir du mal à tenir. « Nous sommes très peu aidés, confie Jean Falabregue, seul le Conseil général nous aide à hauteur de 2000 euros depuis 2014. La mairie d’Exideuil nous a aussi mis à disposition une salle gratuitement ». C’est peu pour une association qui oeuvre depuis 2002. « On aimerait au moins être remboursés des frais kilométriques que nous effectuons, soit 6 000 à 7 000 euros par an » reprend la trésorière, qui estime qu’avec un budget moyen de 10 000 euros, l’association pourrait s’en sortir. En attendant, l’association a augmenté sa cotisation à 20 euros pour sa centaine d’adhérents. Ils se retrouveront ce mois-çi en assemblée générale, à Exideuil.

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