Aller au contenu principal

Parcours
S’installer en agriculture, un chemin fait de courbes

En 2018, 119 nouveaux agriculteurs se sont installés en Deux-Sèvres. Des parcours qui demandent du temps et de la réflexion, comme celui de Marina Graveleau, qui est à l’aube de son projet d’installation.

Marina Graveleau fait partie des têtes d'affiche du Salon Capr'Inov 2020
© Donatien Millet - Capr'Inov

Marina Graveleau, 25 ans, veut devenir éleveuse de chèvres. Un projet qui germe depuis 2013, quand elle débute son CS caprin. D’un élevage de 80 chèvres avec production fromagère en Auvergne à un cheptel de 350 têtes axé sur la génétique en Deux-Sèvres : Marina affine ses idées, tente, se cherche. Déterminée et passionnée, elle prend le temps de réfléchir à chaque composante de son projet.

Toujours se remettre en selle

Passionnée par les chevaux, Marina passe un bac pro CGEA équin. Elle tente un BTS ACSE avant de changer un mois plus tard et se lancer dans un CS caprin. Elle préfère suivre une formation professionnalisante et apprécie le contact avec les chèvres. Elle se rend régulièrement dans l’élevage caprin des parents d’une amie.

À cette époque, Marina se projette en Auvergne avec 80 chèvres, une production fromagère et une ferme pédagogique. Une première idée qui va bien évoluer lors de ses huit mois en alternance à Rorthais, dans un élevage de 380 chèvres hors sol. Son maître d’apprentissage lui fait découvrir un autre rythme de travail, sans transformation ni vente, qui lui correspond davantage. Après un congé maternité et une expérience en tant que salariée dans le Maine-et-Loire, elle suit le parcours à l’installation pour reprendre l’exploitation à Rorthais.

Encore jeune maman, elle finit par douter de ce projet de reprise, qui va lui demander un travail important, des travaux étant à prévoir dans les bâtiments. C’est en 2019 qu’elle fait marche arrière, ne voulant pas donner de faux espoirs à celui qu’elle considère comme son mentor. S’ensuit une phase difficile, où elle s’interroge sur sa vocation. Pendant quelques mois, elle travaille auprès de personnes âgées et en grandes surfaces. Un temps de réflexion qui lui permet finalement de renouer avec sa vocation première. « Ça m’a poussé à savoir ce que je voulais, à bien définir mon projet. C’est motivant de trouver sa voie », positive la jeune femme. Marina, qui est aussi cavalière, sait vite se remettre en selle après une chute.

Confronter ses idées au terrain

Tout au long de son parcours, Marina a rencontré des éleveurs qui l’ont aidé à définir le type d’élevage qui lui correspond le mieux. Elle a aujourd’hui des idées précises sur sa future exploitation : 350 chèvres alpines, hors sol, sans cultures, une production de lait et de viande de chevreaux, et un important travail sur la génétique en utilisant l’insémination artificielle. Elle a choisi la race alpine par affinité. Elle souhaite orienter tout son travail autour du schéma de sélection.

Aujourd’hui, il lui faut maintenant confronter son projet à la réalité du terrain. Vétusté des bâtiments, faible niveau génétique du cheptel : Marina n’a pas encore trouvé son bonheur parmi les exploitations qui cherchent un repreneur. Elle souhaite travailler avec le moins de contrainte manuelle possible et pouvoir être seule en salle de traite. « Le meilleur confort de travail pour moi et les chèvres », résume-t-elle. L’implantation géographique est importante à ses yeux, elle vise un secteur dynamique en sud Deux-Sèvres ou nord Charente-Maritime, avec un terrain propice pour un agrandissement à l’avenir. Elle a étudié un projet de reprise en Vendée, mais le cheptel ne lui convenait pas.

Si elle ne trouve pas d’exploitation à reprendre, Marina est prête à la monter de A à Z. Elle se donne deux à trois années pour ficeler un projet solide et le présenter aux banques, sachant qu’elles sont plus frileuses quand il s’agit de création. Pour faire les choses dans l’ordre, elle doit entreprendre de nombreuses démarches : scruter les mouvements dans les propriétés rurales, prendre des conseils auprès d’une laiterie, se rapprocher de la SAFER et de la Chambre d’agriculture du département pour établir un financement. Elle sait que le coût est élevé. L’élevage des chevrettes la première année n’étant pas rentable, elle aura besoin d’apports. Pour soutenir son projet, elle a droit à différentes aides : modernisation des bâtiments d’élevage, dotation jeune agriculteur, aide hors cadre familial et aide pour un salarié. Une seconde main sera utile pour les mises-bas et pour se dégager du temps. Au bout de deux ans, elle voudrait pouvoir prendre des week-ends.

Marina a rencontré une personne qui a réussi à créer son élevage, ce qui la motive pour se lancer dans l’aventure à son tour.

 

Le point de vue d’un conseiller en élevage caprin

Pour Rémi Couvet, conseiller en élevage caprin au Saperfel, « un projet bien réfléchi, c’est un investissement pour toute la vie ». Il rappelle les deux points essentiels de toute création d’entreprise : la réussite économique et l’organisation du travail. « Je vois trop de personnes qui s’installent et qui arrêtent au bout de trois ans parce qu’elles sont en burn out ou qu’elles ont des problèmes de santé », témoigne-t-il. Il invite les jeunes éleveurs à trouver des solutions pour s’aménager du temps. Ensuite, un accompagnement technique et économique est nécessaire en amont du projet. Il conseille des organismes comme Capgènes, Evolution et Deux-Sèvres Conseil Élevage. Un coût à l’adhésion, mais un investissement pour la suite.

 

Rendez-vous au Printemps de la transmission le 25 mars

La chambre d’agriculture des Deux-Sèvres organise une journée de conférences et ateliers sur le thème « La transmission, c’est l’affaire de tous », au campus des métiers à Parthenay. L’objectif : informer, sensibiliser et orienter les cédants, en impliquant tous les acteurs qui gravitent autour des exploitations agricoles (filières, OPA, territoires). Au programme de la journée, des témoignages à différentes étapes de la transmission, des rencontres entre cédants et porteurs de projet et différents ateliers pour anticiper la fin de son activité.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Les JA du canton donnent rendez-vous, samedi 1er août pour la journée "À la ferme, c'est Marans". 
Tous " À la ferme c'est Marans ", avec les JA 

Ce samedi 1er août, les JA du canton de Marans organisent, pour la première fois, une fête dédiée à l'agriculture…

Lundi, une partie des bénévoles était sur le site, notamment pour l'installation de l'électricité.
Les JA s'installent à Saint-Martin-la-Pallu

Organiser une Fête de la Terre, c'est évidemment un grand défi pour les jeunes agriculteurs d'un canton. Ceux de Neuville ne s…

Mélanie Gourmaud et Pierre-Elie Simonnet sont décidés à mettre en place des actions tout au long de l'année pour défendre le revenu des agriculteurs.
Un "nouveau cap" pour la FNSEA de la Vienne
Après la démission d'une partie de son bureau en juin, la FNSEA de la Vienne s'est réunie la semaine dernière en assemblée…
Le festival La Petite Parenthèse se tiendra le samedi 22 août.
Une petite parenthèse, le temps d'un festival

Installé à Persac, le projet porté par Pierre-Vincent Gibaud, avec sa soeur Marie, et deux autres associés, se définit comme…

Une trentaine de Jeunes agriculteurs seront aux fourneaux et au service (photo de l'édition 2025).
Des repas 100 % locaux sur le site

Pas de fête de la Terre sans lien avec les assiettes ! Cette année, il sera possible de manger sur le site à trois…

Les aides publiques, comme l'Aide au maintien, sont perçues comme une juste reconnaissance de l'AB pour la préservation de la biodiversité et de la qualité de l'eau potable.
Les agriculteurs bio interpellent le préfet
Réunis sur l'exploitation laitière de Christophe Ouvrard à Thurageau, les adhérents de Vienne Agrobio ont exposé la semaine…
Publicité