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Réorienter la production en zone de marais

À l’occasion du mois de la Bio, l’unité expérimentale Inrae de St-Laurent-de-la-Prée a présenté son expérimentation système Transi’marsh, menée depuis 2009 dans les marais nord de Rochefort.

L’unité expérimentale Inrae de St-Laurent-de-la-Prée re-conçoit son expérimentation système et le réoriente vers un troupeau de vache maraîchine adapté à la surface en prairies naturelles et une surface cultivée dédiée à la production de cultures pour l’alimentation humaine de proximité.
L’unité expérimentale Inrae de St-Laurent-de-la-Prée re-conçoit son expérimentation système et le réoriente vers un troupeau de vache maraîchine adapté à la surface en prairies naturelles et une surface cultivée dédiée à la production de cultures pour l’alimentation humaine de proximité.
© Inrae de St-Laurent-de-la-Prée

Quelle évolution pour l’agriculture en zone de marais ? C’est la question sur laquelle travaille l’unité expérimentale Inrae de St-Laurent-de-la-Prée depuis sa création en 1964, et auquel l’organisme de recherche Inrae a apporté des réponses successives. Il n’est plus question aujourd’hui de drainage pour la mise en culture des marais, mais plutôt de la recherche d’un nouvel équilibre entre une activité de polyculture-élevage s’appuyant sur une alimentation humaine de proximité, une biodiversité sauvage et domestique, l’atténuation du changement climatique et la viabilité économique de la ferme. Ainsi, le site charentais-maritime de l’institut est passé entre 2017 et 2019 à l’agriculture biologique, conversion dont il a été question lors d’une web-conférence organisée le 16 novembre dans le cadre du mois de la Bio.

La diminution du troupeau bovin est actée

Au cœur de ce rendez-vous, sur le thème ‘‘viser l’autonomie et la résilience en zone de marais’’, se trouvait la réorientation du projet scientifique du site expérimental et avec elle, sa production agricole. « Avant, la majorité des cultures étaient dédiées à l’alimentation animale pour l’autonomie du troupeau », explique Alexandre Tricheur, agronome de l’Inrae. « Aujourd’hui, on change pour destiner la majorité de nos surfaces cultivées à l’alimentation humaine. » Un choix motivé par la volonté de poursuivre l’engagement de l’institut dans le programme de préservation de la race Maraîchine (qui compose aujourd’hui la totalité de son cheptel de 140 têtes) sur la façade atlantique mais aussi de le concilier avec les nouveaux enjeux sociétaux (concurrence entre alimentation humaine et alimentation animale, émission de gaz à effet de serre par les ruminants, développement des circuits courts et baisse de consommation de viande...). De fait, la diminution progressive de l’effectif du troupeau bovin est actée, pour s’ajuster aux surfaces de prairies naturelles. « On faisait de l’enrubannage auparavant », explique un animalier d’INRAE, Michel Prieur. « Normalement, on ne va plus en faire. À terme, on voudrait être autonome en foin, avec un peu de grain pour engraisser le troupeau. »
Cette évolution entre dans le cadre d’une stratégie globale de transformation du site, à l’horizon 2025. INRAE veut renforcer la biodiversité sur son site de St-Laurent-de-la-Prée et travailler sur l’alimentation humaine, « avec plus de protéines végétales que de protéines animales, associée à de faibles consommations énergétiques et à un mode de commercialisation en circuit court », indique l’unité. « Produire de l’alimentation humaine, oui, mais pas avec 20 ha de tournesol », résume Alexandre Tricheur. D’où le travail sur de nouvelles rotations culturales. « Pour construire ce système, nous avons initié des ateliers de co-conception innovante, avec des agriculteurs partenaires de notre unité. » Ceux-ci ont même mis au point de A à Z l’une des trois rotations dont l’expérimentation débute cette année, nommée ROLEG (voir encadré). L’unité Inrae a pu bénéficier de l’appui d’Océalia, « qui nous permet d’avoir un large panel de cultures dans cette transition agroécologique », comme le lin, les lentilles, le chanvre… ou même le quinoa.

 

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