Rémy Martin : nouvelle baisse des achats de 20 %
Rémy Martin va réduire de 20 % ses volumes d'achat sur la récolte 2026 auprès de ses partenaires viticulteurs. Une décision présentée comme "nécessaire" par son directeur général, Amaury Vinclet.
Le directeur général de Rémy Martin Amaury Vinclet a annoncé lundi matin aux représentants de l'Alliance Fine Champagne l'activation d'une clause de flexibilité prévue dans ses contrats avec la coopérative de viticulteurs. Une baisse de 20 % des volumes apportés à la maison de cognac, qui intervient après une première baisse de 25 % en moyenne intervenue l'année derrière. Selon Amaury Vinclet, cette mesure ne remet pas en cause la durée des accords ni leur valeur. "Les contrats, désormais pluriannuels et glissants, offrent au minimum trois ans de visibilité et sont reconduits tacitement d'année en année en l'absence de dénonciation", détaille Amaury Vinclet.
12 ans de stock au lieu de 7
Le dirigeant reconnaît une décision "difficile", prise dans un contexte qu'il juge particulièrement tendu pour la filière. Les expéditions de cognac sont revenues à des niveaux proches de 2010, tandis que les stocks se sont accumulés. On observe aujourd'hui un décalage important entre les niveaux d'expédition, la production et les stocks. "Nous sommes à 12 ans de stock, alors que le niveau normatif pour la région est plutôt autour de sept ans. Il y a donc un enjeu absolu pour nous : retrouver de la croissance." La direction insiste sur la nécessité de "relancer la machine" sans rompre avec les engagements historiques de la maison. "Nous avons aussi une contrainte physique : techniquement, on ne peut pas construire à l'infini. Nous avons encore un chai en construction à Merpins, mais il n'est pas encore terminé. Il faut donc adapter notre approvisionnement pour relancer la machine et faire entrer de nouvelles eaux-de-vie."
Dans le même temps, Rémy Cointreau, maison mère de Rémy Martin, affiche des résultats en net recul, avec un chiffre d'affaires en baisse de 40 % sur trois ans, mais stabilisé lors du dernier exercice, et une dette en hausse de 30 %. "Dans le même temps, nos achats auprès des partenaires viticulteurs n'ont baissé que de 6 % en volume sur trois ans. Je ne sous-estime pas l'impact que cela peut avoir pour certains partenaires", reprend le directeur général.
Cognac blanc
Face à cette situation, Rémy Martin cherche de nouveaux relais de croissance afin de répondre "aux nouvelles habitudes de consommation" avec, par exemple, le lancement d'un nouveau produit annoncé sur le marché américain en avril 2027.
Rémy Martin planche sur un spiritueux sans vieillissement : "Pour demain, un enjeu important sera probablement d'étudier ce que pourrait être un cognac blanc, à l'image de ce que peut être une tequila blanche. C'est un sujet que nous portons auprès du BNIC. Nous étudions tout ce qui peut avoir un impact positif pour le cognac et pour Rémy Martin."