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Remettre la production porcine au cœur du débat agricole

En amont du congrès de la fédération nationale porcine, François Valy, son président, a dressé un constat préoccupant : la France glisse sous son niveau de souveraineté alimentaire en porc et les élevages peinent à se renouveler dans un contexte de charges élevées, de prix insuffisants et de blocages administratifs.

François Valy, président de la FNP.
François Valy, président de la FNP.
© © FNP

" Si demain on veut continuer à avoir du porc, des veaux tués et de la transformation en France, il faudra des élevages et pas l'inverse ", a martelé François Valy président de la FNP, qui déplore un discours public favorable à la souveraineté mais souvent hostile aux outils de production. Selon lui, les Français veulent "du bon jambon français", mais refusent trop souvent "l'antenne" ou "la porcherie" nécessaires pour le produire.

Un marché sous tension

Le président de la FNP rappelle que la filière porcine française ne couvre plus entièrement ses besoins. Après avoir été au-dessus de 100 % de taux de souveraineté jusqu'en 2024, elle est désormais retombée à 97-98 %, selon lui. La France produit aujourd'hui environ 22 millions de porcs, importe autant qu'elle exporte en volume, mais achète surtout des pièces consommées en France comme le jambon, tandis qu'elle exporte des morceaux moins prisés sur le marché européen.

Sur le plan économique, la situation reste fragile. François Valy souligne un prix de base autour de 1,60 euro le kilo payé au producteur, alors qu'il manquerait encore environ 20 centimes pour atteindre l'équilibre. À cela s'ajoutent des coûts d'alimentation élevés, qui représentent près de 65 % des charges de production, et les effets des jours fériés de mai sur l'activité des abattoirs.

Des freins à l'investissement

Au-delà des prix, la FNP met en cause les obstacles réglementaires et sociétaux qui freinent les projets. François Valy estime que les éleveurs ne demandent pas des aides supplémentaires, mais surtout la possibilité "d'entreprendre et de travailler ". Il appelle notamment à un relèvement des seuils ICPE au niveau européen, afin de faciliter les projets de bâtiments et de modernisation.

Le président de la FNP regrette aussi que de nombreux projets se heurtent à des oppositions locales dès leur lancement. Dans ce contexte, il plaide pour "un cadre plus lisible et plus cohérent, qui permette à la filière de se développer tout en respectant les normes françaises et européennes, notamment sur le bien-être animal."

Un message aux éleveurs

En accueillant les congressistes dans une région où l'élevage porcin a diminué, la FNP veut aussi envoyer un signal de soutien aux producteurs. François Valy a insisté sur la nécessité de maintenir des élevages de taille familiale et de préserver une capacité de production sur tout le territoire.

Pour la fédération, l'enjeu est clair : sans outils de production, pas de souveraineté porcine. Et sans évolution rapide du cadre économique et réglementaire, la filière risque de continuer à perdre du terrain face à la concurrence européenne et aux contraintes internes.

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