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Mois de la bio
Réduire le travail du sol, même en bio

À l'occasion du mois de la bio, Teddy Villanneau a présenté le 14 novembre les adaptations réalisées sur ses parcelles pour redonner vie à ses sols, sans rogner sur ses rendements.

Teddy Villanneau (deuxième en partant de la droite) explique ses pratiques à l'occasion du mois de la bio.
© C.L.

Le déclic est survenu en 2014 chez Teddy Villanneau, céréalier bio sur 232 ha à Vouillé avec sa femme Stéphanie : " Au départ à la retraite de mon père, j'ai établi une courbe de rendements sur quelques cultures depuis 2009 et j'ai constaté que nous étions sur une baisse progressive, quelle que soit la plantation ". Devant cette tendance, couplée à sa propre observation des sols après les canicules, qui n'avaient plus de résilience sur ses petites groies séchantes, il a posé la nécessité d'un changement de pratiques. Xavier Dubé, responsable des relations et services en bio à la Cavac, confirme : " Globalement, sur dix ans d'analyses de sol, on a perdu un point de matière organique ".

L'exploitant a commencé doucement, avec la reprise de petites parcelles de friche ou de prairie qui, au-delà du précédent cultural, présentaient de meilleurs rendements. Puis son questionnement s'est porté sur la pertinence du déchaumage, qui assèche le sol. " Face à tout cela, je suis reparti de la base ", assène le céréalier.

Gérer les maladies par la rotation

Une formation sur dix jours de la Cavac puis quelques formations annexes achèvent de le convaincre. Les premiers changements surviennent alors : suppression quasi-totale du déchaumage, réduction du labour, une couverture des sols systématique, mise en place de cultures associés ou encore fertilisation sur le long terme.

Mais de tels changements ne se mettent pas en place du jour au lendemain et Teddy Villanneau reconnaît une difficulté à passer le cap dans la tête, déjà, puis techniquement, sur les couverts végétaux notamment. Il se révèle cependant bien aidé par les 60 ha irrigables, qui lui permettent d'arroser une partie du tournesol, des lentilles, du lin et du blé.

Le travail du sol étant limité, la gestion des maladies se fait principalement par la rotation, dont la plus pratiquée est : blé-tournesol/sarrasin-lentilles/cameline-blé-pois chiche-lin. Un schéma de rotation variable suivant le salissement des parcelles et qui vient en alternance de cultures de printemps. Seules les céréales (blé et épeautre) sont fertilisées à l'automne avec du compost de fumier de volailles.

Lire aussi : Combattre les maladies et ravageurs par le travail du sol

Rendre le sol plus résilient

À l'avenir, Teddy et Stéphanie Villanneau aimeraient encore plus diminuer le travail du sol et trouver des techniques culturales à même de favoriser la biologie du sol pour le rendre plus résilient mais aussi pour rendre plus efficient l'achat de fertilisation. " L'objectif est de travailler le moins possible les sols pour y préserver les micro-organismes tout en leur apportant les nutriments nécessaires par les semis de couverts végétaux ".

De nouvelles méthodes qui n'ont pas plombé leurs revenus, avec un résultat d'exercice 2023 à 50 000 €, mieux que les 30 000 € espérés, grâce notamment aux 10 à 15 % de la production écoulée en direct. Des actions des agriculteurs qui, mises bout à bout, présentent un vrai intérêt au-delà de l'exploitation. " On a arrêté la dénitrification depuis 18 mois, ce qui démontre de l'amélioration des pratiques ", se satisfait Cédric Billy, animateur agricole du Sev.

Lire aussi : Implanter des courges sous couvert végétal pour limiter le travail du sol

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