Aller au contenu principal

Quel est le bilan carbone de mon exploitation ?

Dans le cadre du plan de relance et du dispositif géré par l’Ademe, Cerfrance Poitou-Charentes s’inscrit dans la réalisation de « bon diagnostic carbone » pour les agriculteurs installés depuis moins de 5 ans dans la Vienne, les Deux-Sèvres, la Charente et la Charente-Maritime. Le point avec Marc Prudon, conseiller entreprise au sein de la structure.

Dans quel contexte se déroulent ces bilans carbone ?Il s’agit, dans le cadre du plan de relance, d’un dispositif géré par l’Ademe contribuant au déploiement du Label bas-carbone sur le territoire national. Il permet aux agriculteurs installés depuis moins de 5 ans de bénéficier d’un diagnostic dénommé « bon diagnostic carbone », complété par un plan d’action et un accompagnement sur l’évolution de l’exploitation. Le coût de la prestation est pris en charge à 90 %, le solde étant à la charge de l’exploitant.
Comment se passent ces bilans?Nous accompagnons les exploitants de manière individuelle au moyen de plusieurs rendez-vous. Il s’agit d’abord de collecter les données liées au fonctionnement de l’exploitation sur la base d’une année culturale et comptable. Ensuite, ce sont des temps d’échange et d’analyse pour identifier ensemble les points forts et marges de progrès technico-économiques. Il en résulte un plan d’actions qui a pour objectif la réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de l’exploitation.
Quels sont les postes étudiés?Un diagnostic carbone permet de mesurer l’impact environnemental et les contributions positives des élevages et des exploitations agricoles au sens large. Il s’agit d’évaluer les émissions  totales de GES, associées à un système de production (provenant des animaux et de la gestion des déjections, auxquelles on rajoute les émissions provenant de la consommation d’énergie et des surfaces pâturées et cultivées). Enfin, on intègre aussi les émissions indirectes associées à la production et l’acheminement des intrants de l’exploitation. In fine, on obtient un indicateur nommé « empreinte carbone » ramené à une unité de production (exemple : x kg de CO2/kg de lait ou x kg de CO2/kg de poids vif).
Tous ces éléments concernent les émissions de gaz à effet de serre. Est-ce qu’ils sont mis en parallèle avec les compensations?Tout à fait. L’agriculture est un secteur économique qui peut compenser une partie de ses émissions de GES par le stockage de carbone, à travers la gestion de prairies et le maintien d’éléments naturels telles que les haies. La différence entre les émissions brutes de GES et les compensations par le stockage permet de connaître l’empreinte carbone nette. Actuellement, la base de données est suffisante pour comparer les résultats d’une exploitation à des systèmes similaires.Cela permet d’identifier les leviers à actionner pour permettre une meilleure empreinte carbone tout en ayant un impact technico-économique positif sur l’exploitation.
Quels sont les intérêts que peut retirer l’exploitant de la réalisation d’un bilan Carbone ?D’abord c’est un moyen d’être dans l’air du temps au niveau des préoccupations environnementales et sociétales. Les jeunes agriculteurs sont ciblés par le plan de relance mais j’encourage tous les exploitants à s’intéresser à cette approche thématique. L’exploitant peut ainsi pointer et travailler sur les marges de progrès, dans sa gestion du troupeau ou des effluents, la consommation d’engrais et d’énergie. Il peut aussi agir sur les leviers favorables au stockage du carbone comme la plantation de haies. L’un des objectifs est de rendre son système plus résilient et de l’adapter à cette donne qu’est le changement climatique. C’est aussi, demain, une manière de sécuriser ses débouchés… il y a tout intérêt à communiquer sur de bons résultats en termes d’empreinte carbone d’un produit auprès des consommateurs.
Quels sont les freins qui pourraient empêcher les agriculteurs de réaliser ce type de bilan? Le manque d’information peut-être sur ces bilans et les intérêts dont je viens de parler. Si un ou plusieurs bénéfices (pas nécessairement monétaire) sont perçus par le chef d’entreprise, alors les freins seront levés.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Alexandre Culot propose des "Kaps Burgers", qui sont fermés, mais aussi des frites belges, cuites dans la graisse de bœuf.
Burgers et frites belges made in Poitou
Si les burgers sont souvent associés à de la cuisine industrielle, Alexandre Culot s'efforce, lui, de démontrer qu'il est…
Robert Franchineau a été très actif dans la défense du melon du Haut-Poitou, ici (à droite) lors du lancement de la campagne à Rungis, en 2013, avec l'Académie des maîtres du melon, qu'il a présidée. 
Le patron des melons s'en est allé
C'est avec stupeur que le monde agricole de la Vienne a appris cette semaine le décès de Robert Franchineau. Ce melonier du nord…
Emmanuel Rérolle réduit sa vitesse de conduite pour limiter la consommation de carburant.
Si chère énergie...
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, la flambée des prix des carburants fragilise de nombreux secteurs d'activité…
Fabien Pichon a perdu
5 animaux et presque toutes ses brebis ont avorté.
Il a été touché par la FCO 3 et la FCO8

Sur son exploitation de Smarves, alors qu'il n'était d'ailleurs pas encore installé et qu'il était en train d'agrandir son…

Olivier Courandière propose de nombreuses utilisations de son drone, dont plusieurs pour l'agriculture. 
Il largue des trichogrammes par drone
Informaticien et pilote d'aéronef, Olivier Courandière a créé l'entreprise "Drone Performances". Basé à Vouillé, il propose de…
Infirmiers et infirmières de l'association Asalées manifestaient le fin mars devant la préfecture de Poitiers et rejoints par des patients et des médecins adhérents.
Asalée veut continuer d'exister
Comme dans toute la France, des médecins et infirmiers de la Vienne manifestaient récemment pour affirmer leur soutien à l'…
Publicité