Aller au contenu principal

Installation
Plombier, il arrête tout pour reprendre la ferme de son père

Mathieu Moreau, plombier chauffagiste depuis quinze ans, a eu un déclic pendant le confinement : c’est peut-être à lui de reprendre la ferme de son père. Fini les hésitations, il se lance dans une formation de Technicien agricole. La reprise est dans les tuyaux !

Mathieu Moreau va reprendre l’élevage de son père, Jean-Luc : 100 vaches laitières, des Prim’holsteins croisées avec d’autres races, et 155 ha de terres.
© Léa Calleau

En mars 2020, le pays se confine et Mathieu Moreau retourne travailler sur la ferme de son père, à la Foye-Monjault, pour la première fois depuis dix ans. « J’avais aidé lors de la construction du nouveau bâtiment, mais depuis, je n’avais pas participé à un seul week-end de traite », se souvient cet homme de 36 ans, plombier-chauffagiste pendant quinze ans. La campagne, les animaux, la liberté, Mathieu respire un grand bol d’air, loin de Niort, de la course au progrès à laquelle il ne trouve plus de sens dans son entreprise et des relations épuisantes avec des clients mécontents.

« Inespéré » pour le père de Mathieu

« C’est peut-être mon tour », réalise le fils d’agriculteur en plein confinement. La question de la reprise a toujours été une préoccupation pour lui qui voit son père prendre de l’âge et une place rester vacante. Tous les cinq ans, l’idée resurgit, mais les hésitations sont plus fortes. « J’avais déjà une activité professionnelle et pas les compétences pour être éleveur laitier. C’est un métier complexe », reconnait-il. Ce retour forcé à la ferme lui ouvre cependant de nouvelles perspectives. Il voit les vaches qui pâturent au pré, alors qu’il se souvient d’elles enfermées dans le bâtiment quand il était enfant. La conversion au bio depuis 2013, les croisements entre Prim’holsteins et des races rustiques sont autant d’éléments qui le séduisent. Il sait qu’il ne pourra pas attendre sa prochaine hésitation dans cinq ans s’il veut prétendre à la Dotation Jeune Agriculteur, car il aura plus de quarante ans.

« On a eu une bonne discussion avec mon père », avoue Mathieu. Son père, Jean-Luc Moreau, ancien président de la laiterie Sèvre et Belle, ne s’y attendait pas du tout ! « Il ne m’avait jamais parlé de reprise », avoue-t-il. Voyant que ses deux enfants avaient pris une autre direction, il plaçait ses attentes sur un neveu, mais il était encore trop jeune pour s’installer. « C’est inespéré », confie l’éleveur de 61 ans, qui travaille avec deux salariés, le dernier associé étant parti à la retraite en 2019.

Se former avant de s’installer

Mathieu Moreau a toujours travaillé à Niort avec sa femme, mais il vit à trois kilomètres de la ferme. Un signe pour lui, qui arrive en tant que 6ème génération sur l’exploitation. « Mon père aurait toujours pu vendre à quelqu’un d’autre, mais on voit bien comment c’est difficile aujourd’hui. La ferme voisine, qui est quasiment la même, est en vente depuis un an, personne ne s’est jamais présenté. »

La réflexion a été longue, le déclic rapide. « Ça s’est décidé le 9 avril. Le 1er septembre, je faisais ma rentrée des classes ». Il entre en formation de Technicien agricole à la MFR de Saint Germain de Marencennes, à Surgères, en alternant une semaine sur deux avec la ferme.  

« J’ai commencé les cours avec l’idée de développer la transformation et la vente directe, une idée qui a toujours trotté dans la tête de mon père. J’avais un projet clair et défini il y a deux mois, maintenant tout est remis en question. Mes formateurs m’ont dit que c’était normal, on arrive avec un projet et on repart avec un autre totalement différent ».

Son travail porte aujourd’hui sur l’amélioration de la ration alimentaire des vaches en quantité et en qualité. La ferme approche l’autonomie alimentaire, mais la production laitière est actuellement insuffisante pour rentabiliser l’investissement dans le bâtiment (550 000 litres/an). Mathieu Moreau utilise aussi les compétences qu’il a développées dans son métier précédent, où il participait à la gestion de l’entreprise. « J’apporte un œil neuf sur la gestion de l’exploitation. »  

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Grâce à son camion, Elodie Merigot coiffe en toute tranquillité, en proximité.
New's Coiffure, un salon en itinérance
Avec son camion aménagé, Elodie Merigot sillonne six communes de la Vienne depuis 2015. Une façon originale de rapprocher la…
Bruno Belin a été réélu sénateur.
Marie-Jeanne Bellamy et Bruno Belin réélus sénateurs dans la Vienne dès le 1er tour

Avec respectivement 593 et 731 voix, Marie-Jeanne Bellamy et Bruno Belin, sénateurs sortants de la Vienne, ont été réélus à…

Quentin Samoyant cultive actuellement 3 000 m2 de fleurs, fruits et légumes à Champagné-Saint-Hilaire.
Des graines de fleurs, fruits et légumes de Champagné
Depuis 2023, Quentin Samoyault cultive des fleurs, fruits et légumes. Et même s'il apprécie ces végétaux, c'est plus pour leurs…
François Ressegand  était particulièrement investi à la Ferme s'Invite. Ici en 2014.
François Ressegand : un sourire, des baudets et des souvenirs

Il avait tout le temps le sourire, et l'œil malicieux, toujours prêt à faire une blague. C'est sûrement parce que lorsqu'on le…

Groupama offre 10 000 arbres

Groupama Centre-Atlantique renouvelle son opération "Un arbre pour chacun, un geste pour tous". 10 000 arbres vont ainsi être…

L'Ukraine et son agriculture face à la guerre
Nicolas Turquois et Pascal Lecamp, se sont rendus en Ukraine avec une délégation du MoDem. Les cinq jours sur place ont permis…
Publicité