Aller au contenu principal

Passionné, Xavier Deborde n’en est pas moins revendicatif

Installé à Beaulieu-sous-Bressuire, Xavier Deborde conduit un troupeau de 60 charolaises. La stabilité du prix de la viande bovine alors même que les charges de production ne cessent d’augmenter ne permet plus l’équilibre obtenu grâce au bâtiment avicole.

« Mon oncle vendait ses vaches 24,50 francs en 1991 soit 3,73 €/kilo. Pour un animal de 420 kilos, le produit est supérieur de 50,30 euros quand dans le même temps les charges, les dépenses ont explosé », explique Xavier Deborde.
« Mon oncle vendait ses vaches 24,50 francs en 1991 soit 3,73 €/kilo. Pour un animal de 420 kilos, le produit est supérieur de 50,30 euros quand dans le même temps les charges, les dépenses ont explosé », explique Xavier Deborde.
© C. P.

Il y a un an, Xavier Deborde recevait sur son exploitation des jeunes collégiens de Bressuire. « C’était un vrai plaisir que de voir dans les yeux de ces ados l’émerveillement », commente l’éleveur. Autour du bâtiment avicole puis non loin d’ici dans les stabulations et les prairies où pâturaient les charolaises de l’exploitation, l’agriculteur, installé depuis janvier 2012, revenait sur son parcours, les choix qui à 27 ans l’ont amené à quitter son métier de technico-commercial pour s’installer. « La qualité de vie. Le soin aux animaux. Quoi de plus magique que la naissance d’un veau », reprend-il aujourd’hui à l’évocation de ce bon souvenir en compagnie de ceux qui demain peut-être assureront la relève. « Le travail sur la ferme est passionnant. J’aime être décideur, organiser mon quotidien », réaffirme-t-il en ce mois d’août 2015 même si  quinze jours plus tôt, l’exploitant, également leader syndical à JA 79, était dans les rangs de ceux qui auprès des transformateurs et des distributeurs sont allés demander des comptes. À la rentrée, il soutiendra les actions visant à interpeller le gouvernement et l’Europe sur les réalités économiques et la charge administrative qui découragent plus d’un agriculteur passionné.Sept jours sur sept sur l’exploitation à travailler, à la tête d’un outil de production qui demande de lourds investissements, le jeune père de famille aspire à un niveau de vie digne de ceux qui osent prendre des risques et « dont le travail est source de dynamique économique dans les territoires ruraux », argumente Xavier.



Préserver l’équilibre familial
Contraints par des charges de production en forte hausse ces dix dernières années alors même que le prix de la viande est stable, les agriculteurs ont par une augmentation de la taille et le développement de la productivité de leurs ateliers, préservé l’économie de leur structure. « Nous sommes au bout de cette logique. Les journées ne font que vingt-quatre heures. Le travail est une chose. Mais nous devons également préserver l’équilibre familial. Sans celui-ci notre dévouement à l’exploitation ne durera pas », précise le trentenaire.Le prix moyen des vaches vendues depuis le début de l’année atteint péniblement 3,85 € le kilo carcasse. « Mon oncle vendait ses vaches 24,50 francs en 1991 soit 3,73 €/kilo. Pour un animal de 420 kilos, le produit est supérieur de 50,30 euros quand dans le même temps les charges, les dépenses ont explosé. La marge brute par hectare de SFP est passée de 800€ en 2013 à 300 € en 2014 alors qu'il y a une augmentation des ventes par accroissement du cheptel », précise Xavier. Et de rajouter : « Le taux de TVA sur les semences est passé de 5,5% à 10%. L’azote est passé de 172 euros la tonne à 330 euros la tonne. Une taxe environnementale a subitement fait son apparition dans les factures. Le correcteur azoté qui coûtait 150 euros la tonne coûte 270 euros aujourd’hui. Un tracteur, le même modèle, coûtait 28 000 euros au début des années 2000. Il coûte52 000 euros aujourd’hui. Comme dans l'ensemble des filières, les charges sociales françaises sont un handicap dans un marché européen concurrentiel. Nous ne pouvons plus faire face. Un rééquilibrage entre produits et charges est indispensable pour faire du métier d’agriculteur un métier d’avenir. »

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

La compagnie équestre espagnole Drakonia présente un spectacle époustouflant qui attire de nombreux spectateurs.
La fête médiévale prête au combat

La 15e édition de la fête médiévale de La Roche à Foucauld a lieu les 18 et 19 juillet. Un nouveau voyage aux temps des…

Le Réseau InPACT a réuni, à Saint-Groux le 9 juillet 2026, plusieurs acteurs de l'installation agricole, autour du préfet de la DDT, pour défendre une approche plus pluraliste de l'accompagnement des porteurs de projet.
Faciliter les installations atypiques
Le Réseau InPACT a reçu le préfet et les représentants de la Direction départementale des territoires (DDT)  en amont du…
L'obligation d'une part conséquente de maïs dans la ration des troupeaux AOP rend encore plus difficile la question des fourrages, dans un été où les pâtures, comme les champs de maïs, sont grillés.
AOP : "Sans dérogation, c'est l'arrêt de mort pour nos élevages"

Le 20 juillet, le syndicat des laiteries Charentes-Poitou a annoncé la décision de son conseil d'administration de demander un…

Les gendarmes vérifient qu'il n'y a pas eu d'effractions sur les maisons signalées.
Partir en vacances l'esprit tranquille
Gratuit et ouvert à tous, le dispositif Tranquillité Vacances permet aux particuliers de signaler leur absence afin que les…
Incendies en Gironde : pas d'arrivée spontanée !

Dans un communiqué du 27 juillet, la chambre d'agriculture de Gironde, qui coordonne les interventions des agriculteurs sur…

Les JA du canton donnent rendez-vous, samedi 1er août pour la journée "À la ferme, c'est Marans". 
Tous " À la ferme c'est Marans ", avec les JA 

Ce samedi 1er août, les JA du canton de Marans organisent, pour la première fois, une fête dédiée à l'agriculture…

Publicité