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Ovins : À la croisée des chemins

La fédération régionale a dressé un portrait peu optimiste de la santé de la filière et de son image.

Autour d'Alain Cornu, président de la FRO, Claude Souchaud (président de Tech'Ovin.) et Patrick Soury, secrétaire général FNO
Autour d'Alain Cornu, président de la FRO, Claude Souchaud (président de Tech'Ovin.) et Patrick Soury, secrétaire général FNO
© SD

La fédération régionale ovine de Nouvelle-Aquitaine, encore toute récente, s'est réunie en assemblée générale ce mardi 06 février dans les locaux de Bordeaux Sciences Agro. Une réunion animée par de nombreux débats, que ce soit sur la santé de la filière, sur ses perspectives d'avenir, et enfin sur les orientations à prendre en termes de communication et d'image face à une société toujours plus exigeante.

Une santé délicate


En préambule de cette journée, Mylène Foussier, animatrice de la fédération nationale ovine, a présenté la situation de marché de la filière. Une tendance générale se dégage, celle d'un mauvais cycle, en cours depuis les années 1990, et qui, s'il s'est ralenti, existe toujours de manière régulière depuis le début des années 2010. C'est le cas par exemple pour la baisse continue du cheptel.
Cela se vérifie aussi pour la consommation de viande ovine. À ce titre, la provenance de la viande ovine consommée en France peut surprendre. Il s'agit à 43 % de viande issue des exploitations françaises, part à laquelle se rajoutent
2 % d'animaux importés mais abattus en France. La surprise vient de l'origine des imports, puisque la Nouvelle-Zélande n'arrive qu'en troisième position, derrière le Royaume-Uni et l'Irlande.
Impossible également d'éviter un certain nombre de sujets d'ordre réglementaire, dont celui des aides ovines. Si depuis 2015, la France majorait ces aides pour orienter la production, ce système a pris fin sur la demande de l'Europe. Pour 2018, l'aide de base unique est estimée à 21 euros, plus deux euros pour les cinq cents premières brebis. L'enveloppe reste la même, autour de 114 millions d'euros.
Autre vaste débat, la réforme de l'ICHN et le nouveau zonage, «donc la définition de critères permettant d'intégrer un certain nombre de villes d'un département, sans que ce même critère n'engendre ailleurs sur le territoire la prise en compte d'un nombre trop important de zones», indique Patrick Soury, éleveur charentais, secrétaire général de la FNO. La question de l'harmonisation des MAEC a été posée par Claude Souchaud, président de Tech'Ovin.
Enfin, les États Généraux de l'Alimentation ont entraîné la rédaction d'un plan de filière, sans que celui-ci ne suppose la promesse d'aides en retour. «Le plan a été rédigé par l'interprofession Interbev. Il a pour objectif de mieux prendre en compte les attentes sociétales des consommateurs et les enjeux environnementaux», commence Mylène Foussier.

Quelles perspectives ?


Quatre autres axes ont été définis. Tout d'abord, la montée en gamme, avec un doublement de la production en bio (de 5,5 % à 11 %) et en label rouge ou IGP (de 15 % à 30 %) d'ici cinq à dix ans. Autre axe, la nouvelle organisation de la filière autour de la contractualisation (meilleure prise en compte des coûts de production) et de la création de l'interprofession France Brebis Laitière.
Le quatrième objectif consiste à réfléchir à une nouvelle offre de produits pour répondre aux attentes des plus jeunes. Enfin, le dernier axe fixé concerne le maintien du potentiel de production, et l'amélioration de l'accompagnement technique des éleveurs, deux thématiques du programme Inn'Ovin.
Le débat de l'après-midi, «Comment réagir et s'adapter aux attentes sociétales et à celles des consommateurs ?», a prolongé ces réflexions. Au-delà des EGA, ce sujet permet de pointer du doigt les questions de communication, surtout auprès du grand public, de plus en plus éloigné des réalités de l'agriculture.
Au centre des débats, les associations comme L214. «Elles attaquent frontalement, jouent sur l'émotionnel, avec l'appui des réseaux sociaux, de vidéos chocs. La première stratégie est de ne pas répondre», avance Alain Cornu, président de la FRO. La société change dans son rapport au rural, et les consommateurs changent dans leur rapport à l'alimentation.
L'élevage ovin, comme de nombreuses filières agricoles, doit y faire face. Le plus dur étant de lutter contre les clichés et de trouver les bons codes de communication. Des débats de la journée ressortent quelques principes : une communication ciblée (les enfants, les 18-35 ans...), capable d'être percutante sans pour autant défier, capable de mettre en avant des qualités évidentes (produit français, normes de qualité...).
La fédération régionale ovine va continuer de réfléchir à ces travaux, dans les départements mais aussi en région, pour harmoniser le message qu'elle veut porter, elle qui défend une filière importante de l'agriculture de Nouvelle Aquitaine.

 

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