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Orylag : «Nous faisons plutôt un métier d’artisans d’art !»

La coopérative des 11 producteurs de lapins contre-attaque après les accusations de l’association L214.

Antoine Légeron éleveur d’Orylag.
Antoine Légeron éleveur d’Orylag.
© Samuel Buton

Les propos étaient calmes, posés, ciblés, choisis. Jean Boutteaud était loin de l’effervescence qui a agité le petit monde des éleveurs de lapins Orylag-Rex du Poitou-Lapin Charentais à la mi-décembre, lorsque l’association L 214 publiait sur les réseaux sociaux une vidéo dénonciatrice de la pseudo-maltraitance des lapins Orylag. Voilà un quart de siècle qu’une vingtaine d’éleveurs de Charente-Maritime et des Deux Sèvres, ont mis, d’années en années, en place une double filière : celle des lapins Orylag pour les peaux demandées par les plus grandes maisons de fourrure et de la mode, celle des viandes, Rex du Poitou et Lapin Charentais demandées elles-aussi par les plus grands chefs cuisiniers. Ce sont les mêmes animaux qui servent pour les deux débouchés.
Pris dans l’engrenage médiatique des anti-élevages et anti-viandes, les éleveurs ont patiemment mis un mois pour avancer leurs arguments. Non qu’ils aient de quoi cacher : «nous avons fait cela toujours dans la transparence», mais parce qu’ils voulaient apporter des preuves «extérieures» à leur élevage pourtant très réglementé par une charte, par des pratiques très éloignées de la production industrielle. «Nous sommes plutôt des artisans d’art…» débutait Jean Boutteaud dans une conférence de presse, lundi soir, aux côtés du président de la Chambre d’agriculture, Luc Servant. Les preuves, outre celles de visites «choisies» dans les élevages, ce sont les services vétérinaires qui les fournissent après une visite dans les deux exploitations épinglées dans la vidéo. «Et rien de notable, de répréhensible dans la maltraitance, sinon des remarques mineures sur quelques manques d’écriture ou une cage rouillée. Rien de mal classé !» explique Jean Boutteaud. «Des points mineurs.» Idem pour l’abattoir de Dompierre sur Charente, lui aussi objet des attaques de L 214. Les «avis conformes» se succèdent sur le document des services vétérinaires fournis à la presse.
«Nous nous sommes imposé un niveau d’exigence, régi par une charte. Nous avons inventé cette filière dans un autre rapport au temps : nous élevons nos animaux avec un très grand soin, beaucoup plus longtemps que les élevages industriels (élevés 18 à 21 semaines, deux fois plus de temps que dans les élevages industriels)»

Rétablir la réalité


60 000 animaux sont ainsi produits par an en pure corrélation avec les deux marchés, peaux et viande. Ils sont vendus entre 17 et 18€ en moyenne, 50-50 entre peaux et carcasse, prix payés à l’éleveur. Choqués par les accusations portées, les éleveurs ont eu du mal à comprendre les griefs erronés, mal documentés. «D’autant que les images ont été faites par effraction, stressant les animaux, les conclusions sur des mauvaises interprétations» martèle posément Jean Boutteaud. 3 M€ de chiffre d’affaires pour la coopérative, des animaux sujets de toutes les attentions pour cause de qualité exigée, une vingtaine d’emplois à la clé, la filière Orylga-Rex du Poitou ne méritait pas à ses yeux la charge de L 214. «Bien au contraire.» Se réservant le droit de porter plainte de leurs côtés, les éleveurs ne ressentent pas d’effets négatifs chez leurs clients, dont nombre leur apporte un soutien. «Le meilleur indicateur de nos élevages, c’est la qualité de nos produits.» Filière à haute valeur ajoutée, elle se serait bien passée de cet éclairage maléfique. Point par point, Jean Boutteaud démonte l’argumentaire : 400 femelles maximum, une charte, une alimentation mise patiemment au point à base de luzerne, un usage raisonné des antibiotiques, des pratiques phytothérapiques, une surveillance des hydrométries, des cages étudiées pour éviter tous risques de conflits entre animaux. «Ce sont des animaux très sujets au stress. Nous veillons à nous annoncer lorsque nous rentrons… » Filmer n’a pas dû plaire aux lapins «plutôt casaniers» selon les mots du meilleur spécialiste cunicole, François Lebas. Surtout qu’à l’avis des éleveurs, les images sont, in fine, trafiquées. Ils ont pris un avocat. La filière a veillé à tracer l’élevage, les pratiques, les intrants et tente de réduire les traitements.  «C’est un élevage très qualitatif, où toutes les sources de progrès sont mises à disposition des animaux afin de leur offrir un quotidien apaisé et sécurisé, en valorisant toute forme de bienveillance pour favoriser leur développement.» Face à leurs «détracteurs», les éleveurs mettent en avant «l’éthique», «l’engagement», «la rigueur», «le respect et la passion.» Si le taux de mortalité est élevé, il tient aussi à la durée d’élevage sur un animal non OGM, anomalie naturelle de cette race. «Il est bien plus élevé dans la nature… » conclut Jean Boutteaud, intarissable. Il répétera dans quelques jours ces mots devant la presse parisienne.

 

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