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Orages de grêle : des générateurs pour s'en prémunir

La grêle est redoutée, surtout pour les dégâts qu'elle peut causer. Un système de prévention tente de les ensemencer pour qu'elle soit moins virulente.

Les orages font toujours peser la menace d'un épisode de grêle dévastateur pour les cultures.
Les orages font toujours peser la menace d'un épisode de grêle dévastateur pour les cultures.
© PxHere

La grêle est la hantise des agriculteurs. Souvent citée par les viticulteurs, elle a su aussi dans des temps récents se montrer dangereuse pour d'autres cultures. Alors, lorsque les affreux nuages noirs se montrent, comment trouver rapidement le moyen de réduire leurs forces ? Par rapport aux pluies, les épisodes de grêle sont moins fréquents. Avril et octobre sont propices. Bâtiments, maisons, cultures les craignent. Si les couloirs de grêle sont connus, la prévision de leur venue s'affine.
Les climatologues se passionnent pour ce phénomène. Ils qualifient les orages, parfois « frontaux », froids ou chauds, « orographiques » (relatifs au relief) dans l'écoulement instable venant des montagnes... De cette instabilité des masses d'air chaude et froide et d'humidité naissent les orages, à partir des cumulonimbus. Gros nuages en forme de hautes tours ou d'enclume, dont la base se situe aux environs de 1000 m d'altitude, et dont le sommet se situe aux environs de 10 000 m. Cela se passe dans les nuages de 5 à 20 kilomètres de haut et de 5 de large... Il y a des courants ascendants d'air chaud de plus de 100 km/h et des courants descendants d'air froid (cellule convective). Au sommet, la température est très basse, au-dessous de 0°C. Il y a donc une grande différence de températures entre le sommet et le bas du cumulonimbus. Quand le nuage a atteint l'altitude maximum, un violent courant descendant se forme, entraînant des chutes de pluie ou de grêle à partir du sommet congelé et aplati du nuage (l'enclume). Le courant descendant d'air froid finit par écraser le courant ascendant d'air chaud alimentant le nuage. Et, in fine, tombe la grêle, avec des grêlons plus ou moins gros, plus ou moins dévastateurs.

Envoyer de l'iodure d'argent


Pour assurer une certaine prévention de ces orages de grêle, depuis quelques décennies, l'idée « d'ensemencer » ces cumulonimbus a non seulement été établie scientifiquement, mais éprouvée. Si l'orage est une « gerbe de particules », comme l'ont démontré dans un modèle américain Sandra E. Yuter et Robert A. House. Pour être efficace, l'ensemencement doit selon eux se faire dans ces fameuses gerbes. Il s'agit d'envoyer de l'iodure d'argent. « Le principe de la lutte contre la grêle consiste à introduire artificiellement dans les nuages des noyaux glaçogènes d'iodure d'argent de façon à augmenter le nombre de cristaux de glace, et à réduire en conséquence la dimension des grêlons : ceux-ci tombent alors plus lentement et fondent en totalité ou en partie avant d'atteindre le sol. »
En Nouvelle-Aquitaine, c'est entre autre une association, l'Anelfa, qui assure ces ensemencements. L'assureur Concorde avait ciblé à plus de 41 % la diminution des pertes de culture en présence de ces ensemencements dans les années 80. À la fin des années 80, la mise en place des réseaux de mesure de la grêle a permis de mettre en place un contrôle physique des ensemencements. Dix ans plus tard, était démontré que le nombre de grêlons produits par les cellules traitées était diminué de 42 %. « L'affinement de la méthode physique a ensuite permis de préciser que l'énergie cinétique de la grêle est diminuée de moitié par un réseau de générateurs à maille de 10 kms » souligne l'Anelfa. « Plus récemment, on a constaté que simultanément à cette diminution de l'intensité, les surfaces grêlées sont réduites de 15 à 20 %. »

Un système d'alerte éprouvé


Tout part d'un bulletin internet de Météo France et d'une veille de l'Anelfa. « Cette dernière met en branle le système Viapell, un système automatique d'alerte qui avertit par téléphone les opérateurs ayant en charge un générateur en leur indiquant les heures de fonctionnement », explique le président de l'Anelfa Charente-Maritime, Didier Braud. « L'idée est de déclencher le plus tôt possible et utile ces envois dans les nuages. »

La prévention réduit le risque


Même si la prévision n'est pas fiable, 4 h avant, il ne faut pas non plus déclencher pour déclencher. Un réseau de grêlimètres se met aussi en place. « Si une cellule orageuse se développe sur une zone où fonctionne un réseau de générateurs à maille d'environ 10 kms, l'intensité de la grêle produite par cette cellule est diminuée de moitié. La plupart des gros grêlons sont supprimés et la réduction du nombre de grêlons est appréciables jusqu'aux plus petites dimensions », résume-t-il. Selon Didier Braud, « les couloirs arrivent du Sud-Ouest car ces nuages se forment au-dessus de l'océan. Certains tournent vers le Sud, d'autres montent chez nous. » Il poursuit : « la couverture n'est pas immédiate au-dessus du poste, mais pour des territoires plus loin. » La Gironde protège la Charente-Maritime. Les bords de Gironde protègent la Charente. « Même si nous doublions le nombre de postes, nous n'aurions pas un système préventif à 100 %. C'est le plus efficient aujourd'hui. » Il calcule : « la grêle ne protège pas que les cultures, mais aussi les vérandas, les toitures et les voitures... » Même si les assureurs ne participent pas encore aux 285 KEUR de budget sur les deux Charentes. 18 postes nouveaux devraient être installés en 2019 et 2020.
En Charente-Maritime, outre l'Anelfa, il existe un syndicat intercommunal d'études des moyens de lutte contre les fléaux atmosphériques (plus simplement le SIEMLFA 17) dont Jacky Quesson assume la présidence. Au-delà de cette technique de destruction de l'aspect néfaste des orages de grêle, est sous-tendue l'idée que peut-être à terme les solutions d'assurance récolte réclament que de tels systèmes soient généralisés.

 

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