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"Nous n'avons pas vocation à recevoir les excédents !"

La bonne récolte des vins charentais influera-t-elle sur le stockage ? Assurément.

© AC

La récolte, abondante de 2018, sert-elle les intérêts de filière vins de pays charentais ? La question ainsi posée n’empêche pas Thierry Jullion, le président du syndicat des producteurs de s’interroger sur les «opportunités » dont la filière VPC pourrait se saisir. A l’heure où la dernière main est mise sur la maison des Vins de pays charentais à Cognac, il considère qu’après les affectations faites en juin dernier, 1 494 ha sont «revendiqués» par les vignerons charentais. «Nous sommes stables par rapport à l’an dernier.» Ce qui est intéressant cette année c’est le volume : « nous allons retrouver les volumes que nous avions en 2016, 90-91 000 hl.» Quant à des nouveaux arrivants dans la filière, il est trop tôt encore pour le dire. «Le fort volume pourrait... Les cépages rouges plantés en Cabernet et Merlot qui pouvaient aller sur d’autres filières peuvent, dans l’absolu, aller vers les vins charentais. Mais ce serait au détriment d’une autre filière. Ce n’est pas ce que nous voulons.»

Pas d’opportunisme

Les «excédents» de cette année viendront-ils alimenter les autres débouchés ? Thierry Jullion est clair : «nous n’avons pas vocation à recevoir les excédents des autres filières. Et deuxième façon de voir, nous, opérateurs de la filière vins, il nous faut des hectares dédiés. Ce que nous pouvons espérer des vignerons qui viennent nous rejoindre, car ils ont planté des cépages, rouges notamment, ou améliorateur comme le Sauvignon et le Chardonnet, pour faire de l’IGP Charentais. Au lieu de faire du vin sans IG.» L’opportuniste semble exclu dans la région délimitée : «il faudrait qu’il soit réfléchi. Dans la mesure où pour produire des vins charentais, il faut être identifié (e) par l’ODG, validé par notre organisme de certification et par l’INAO. Et cela doit se faire avant le 1er septembre. C’est délimitant en termes d’opportunisme.» Des préalables qui limitent l’entrée ponctuelle de «nouveaux vignerons.»
Reste que la récolte plus abondante cette année porte des germes d’expansion pour la filière vins charentais. Selon Thierry Jullion, «une bonne voire une très bonne récolte, permet de constituer des stocks. Il en faut pour avoir de la visibilité. » À terme, la commercialisation sera donc plus étal sur l’année à venir et plus loin encore. «Aujourd’hui, les stocks sont à zéro pour les vins charentais…» Il faut aussi le lien entre volume et qualité, «comme dans tous les vignobles», mais il souligne qu’avec la limite de 90 hl vol /ha, notamment sur des cépages rouges, Sauvignon, Chardonnet, fort rendement ne rime pas nécessairement avec la qualité recherchée par les vins charentais : goût intense, belle structure des vins. «Même si les vins charentais seront in fine excellents» s’empresse-t-il d’ajouter.
30 ha de plantations nouvelles sont demandés pour les vins charentais cette année. «Ce n’est pas beaucoup» confirme le président du syndicat des producteurs. Mais c’est à dessein : «nous avons le sentiment d’être utilisés par des petits malins qui déposent des dossiers de demande de plantation dans toutes les filières de la région délimitée. Et ils savent en déposant qu’ils ne feront pas du vin charentais, ni les cépages avec ces autorisations-là ! Ils vont les détourner pour les amener vers la filière cognac.» Il craint que l’amnésie viticole et qu’en période de crise «toujours possible» ces volumes viennent perturber des filières «secondaires» des Charentes. «Nos barrières, quelques outils passent par la modification de notre cahier des charges où disparaîtrait le cépage Ugni Blanc… » Surtout dans la préparation des nouvelles listes de cépages résistants. «C’est pour un horizon de 15 ans !»

 

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