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« Nous avons besoin de vous »

Jeudi 13 juin, directeur, chefs bouchers, formateur en boucherie, de Coop Atlantique ont rencontré Dominique Mellier, éleveur, à Genouillé, dans le cadre du partenariat « Éleveur et Engagé ».

Une après-midi pour mieux comprendre le travail de l’éleveur.
Une après-midi pour mieux comprendre le travail de l’éleveur.
© AC

Les questions ont été nombreuses aussi bien lors de la visite de la stabulation que devant le pré où se trouvaient les charolaises et les blondes d’Aquitaines, en cette journée ensoleillée, dans le marais de Genouillé. «Nous sommes venus voir le milieu dans lequel évoluent les bêtes que nous achetons ainsi que l’éleveur. Il est important pour les bouchers de vendre leurs animaux aussi bien que les éleveurs apportent leurs soins» a souligné  Emmanuel Carneiro, directeur de l’Hyper U à Saintes. Les visiteurs de l’après-midi ont expliqué leur fierté de travailler avec des produits de proximité, de qualité. « Dans notre magasin à La Rochelle, au rayon tradition, nous mettons en avant l’éleveur avec sa photo. Cela renforce encore plus le circuit court. Nous organisons aussi des animations avec des dégustations. C’est une occasion pour les consommateurs de poser des questions. Ils sont très friands d’acheter de la viande de qualité et goûteuse provenant d’un élevage local. Nous avons besoin de vous» a poursuivi  Philippe Pacaud, chef boucher à l’Hyper U de La Rochelle Beaulieu. Pour aller plus loin dans la transparence des produits, à Saintes, des visites des laboratoires sont proposées le samedi. Le succès est au rendez-vous. «Nous leur expliquons la maturation, la traçabilité. Les gens voient le boucher, ou le boulanger travailler dans les conditions réelles. Ils se passionnent pour ce qu’ils ont dans leurs assiettes. Il y a tout un travail de communication à faire. À nous de le faire. »  «Avec Made In Viande, nous avons mené une opération avec des coopérateurs de Coop Atlantique. Ils ont visité l’abattoir de Surgères et visiter une exploitation bovine avec dégustation de viande, à Virson » a complété Pascal Berteau, animateur à la FNSEA 17 et responsable du groupe «Éleveur et engagé».  Tous s’accordent à dire que les crises obligent à mieux communiquer. «On oublie de dire ce que l’on fait au quotidien» en a convenu l’éleveur.

Une visibilité pour les éleveurs

On a parlé « d’un travail main dans la main », de « sur-mesure». Pour Bruno Caillaud, responsable de la filière boucherie chez Coop Atlantique, «l’éleveur s’est adapté à la demande du client» Une phrase que n’a pas manqué de relever Dominique Mellier, en apportant une précision : «Nous avons changé le format du taureau. Avant, on faisait beaucoup de kilos, car plus l’animal était gros, plus le chèque était gros. Maintenant, nous faisons marche arrière : on privilégie la finesse. Certes, nous avons perdu en poids de carcasse. Le consommateur mange moins de viande, mais elle est de qualité. À nous de répondre à cette demande.»
Au rayon tradition, Coop Atlantique privilégie des carcasses plus lourdes qu’en libre-service. «Nos bouchers coupent l’épaisseur que leur demandent les clients. Ils sont aussi moins regardants sur le prix. » Les ventes ont d’ailleurs augmenté en magasin.  
Chaque semaine, 10 à 12 bêtes sont achetées par Coop Atlantique, aux éleveurs appartenant au groupe de la FNSEA17, « avec une plus-value ». La démarche «Éleveur et engagé » , garantit une juste rémunération du travail des éleveurs, l’approvisionnement des magasins avec des produits de qualité et l’engagement des agriculteurs dans une charte. Une initiative qui offre de la visibilité pour les éleveurs. « La nouvelle direction souhaite continuer cette action » tient à préciser Bruno Caillaud. Devant ce satisfecit, cette initiative pourrait s’étendre à la viande ovine. Des premiers essais ont déjà été établis avec des éleveurs de la FNSEA17.
Au fil de la visite, Dominique Mellier a su capter son auditoire en expliquant la conduite de son troupeau, la mise à l’herbe dans les marais, les inséminations mais « préférant la monte naturelle », les vêlages. Les questions sont nombreuses, preuve que le sujet intéresse et est peut-être un peu méconnu sur certains aspects.  Il joue la transparence, parle de l’alimentation provenant de la Coop de Tonnay-Boutonne, du travail d’un nutritionniste, de son changement de pratique pour la prophylaxie «avec des vaccins préventifs », du bien-être animal. Il suffit de voir ses vaches dans la stabulation ou  celles dans les prés pour comprendre. L’élevage, c’est sa passion, «lorsqu’on en vit, c’est bien» concède l’éleveur.

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