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Niveau rendements, pour le colza, c’est l’année «cata»

Précipitations trop abondantes ou sécheresse marquées, insectes et orobanches : cette année, le colza a eu droit à tous les fléaux.

Selon Gwendal Chollet, «le très faible rayonnement durant la floraison a limité le nombre de siliques.»
Selon Gwendal Chollet, «le très faible rayonnement durant la floraison a limité le nombre de siliques.»
© AC

Lors de l’alignement des chiffres de rendement des parcelles de colza, que ce soit dans les coopératives ou chez les négociants, bien peu sont ceux qui y trouvent une pincée d’optimisme.Les fourchettes vont de 15 à 35 Qx, mais les moyennes sont très basses. Climatologie et altises ont fait chuter la production départementale. Et les «alternatives» proposées, ici ou là, pour éviter les impasses techniques et les vols d’altises, n’ont pas forcément l’approbation unanime : semer très tôt inquiète Jérôme Landriau (Soufflet), qui craint une végétation importante et de possibles élongations en entrée d’hiver.  Mais, malgré cela, «on peut prendre des risques sur cette partie-là».
Selon Gwendal Chollet, conseiller agronome à la Chambre d’agriculture 17, «en 2018, pour le colza, c’est l’année de la déchéance. Les surfaces sont majoritairement en hausse grâce à d’excellents rendements et des bons prix de vente en 2017, mais les altises, l’orobanche et les conditions climatiques de la campagne 2018 apporteront de très mauvais résultats. La majorité des semis s’est déroulée avant le retour des pluies début septembre mais les conditions sèches d’octobre et de novembre n’ont pas facilité le développement des biomasses pour faire face aux importantes attaques d’altises et de leurs larves.» Une situation qui s’est par ailleurs agravée ensuite, avec un climat très défavorable à cette culture. «Les pluies importantes de l’hiver ainsi que le froid ont accentué la défoliation des colzas, qui ont peiné à s’en remettre, avec une reprise de végétation tardive. Il faut ajouter à ces phénomènes un très faible rayonnement durant la floraison, qui a limité le nombre de siliques, et une importante infestation d’orobanche.» D’où, au final, des rendements s’échelonnant de 6 à 43 q/ha, avec une moyenne départementale qui devrait se situer au-dessus des 23 q/ha.

Une baisse certaine des surfaces à venir

Les agriculteurs échaudés vont-ils rayer de leur carte d’assolement la culture ? Le risque est là. Pourtant, les débouchés sont réels. Mais entre les attaques d’altises pendant l’automne, les insectes du printemps et un excès d’eau s’ajoutant aux difficultés d’enracinement, puis le temps sec au mois de mai, le colza a cumulé les problèmes sur le territoire de la Cavac, en Vendée. Résultat, le rendement moyen atteint 17 à 20 q/ha contre 30 sur cinq ans, avec une forte hétérogénéité. Pour Soufflet, qui affiche 30 q/ha, la récolte de colza est «la moins bonne» toutes espèces confondues, avec un décrochage du rendement de 20 à 30 % par rapport au rendement correct de l’an dernier. À l’excès d’humidité s’est cumulée une floraison trop courte. Le taux d’huile, entre 43,5 % et 44 %, est jugé moyen. Philippe Ballanger d’Océalia s’attendait à de tels scores : entre 23 à 24 Qx de moyenne. 10 Qx de moins que les deux années précédentes. «Nous connaissons la limite des insecticides et les irrégularités des pyréthrinoïdes… Il faudra, sans caler une stratégie sur une année, penser aussi à l’orobanche en songeant aux semis plus précoces. Une des solutions, sans être « la » réponse, ce sont les colzas associés.»
Chez les exploitants, les mauvais chiffres s’accumulent. Alain Thibaut présente un 27 Qx de moyenne du côté de Matha. C’est 10 de moins que l’an dernier. Eric Guibaud (St Agnant) souligne aussi les «impasses» des réponses chimiques actuelles. Denis Riffaud chiffre : un tiers de la récolte habituelle. Francis Faure (Chérac) ajoute une donnée : «dans un secteur vigne, faire des colzas ou même des céréales peu payées peut faire hésiter… On pourrait voir apparaître des jachères.»

La sole de colza pourrait diminuer

Les agriculteurs échaudés par les résultats de cette année pourraient donc bien abandonner pour de bon le colza. Denis Riffaud annonce que des essais ont été imaginés pour remplacer cette culture «très technique» par celle de lentilles du Puy, plantées au printemps. Mais de l’avis général, la sole de colza pourrait diminuer dans les emblavements de 2018. Christian Cordonnier estime «complexes» les alternatives à mettre en œuvre pour pallier aux «contraintes» du colza : «Il faudra intégrer cette problématique dans les nouvelles pratiques agronomiques dans les assolements.» Semis précoces et fertilisants aux semis sont les possibilités annoncés. La perte est environ d’une tonne/ha, avance-t-il. Philippe Ballanger prédit une baisse certaine des surfaces de colzas pour la saison à venir.

 

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