Lait
Nathalie a fait le pari des fromages au lait de vache
Pour écrire un nouveau chapitre de sa vie, Nathalie Robert, jusqu'alors conjointe collaboratrice sur une ferme laitière, s'est lancée dans la fabrication de fromages. Petit à petit, elle développe cette activité de transformation et de vente dans laquelle elle s'épanouit.
Pour écrire un nouveau chapitre de sa vie, Nathalie Robert, jusqu'alors conjointe collaboratrice sur une ferme laitière, s'est lancée dans la fabrication de fromages. Petit à petit, elle développe cette activité de transformation et de vente dans laquelle elle s'épanouit.
Il fut un temps où la ferme du Lunozou, à Béceleuf, possédait un grand troupeau de Prim'Holsteins. Puis la vie des Gaec, faites de décisions et de séparations d'associés, a fait que les vaches ont été progressivement vendues.
"Il y a deux ans environ, nous nous sommes posé la question, mon mari et moi, de l'arrêt complet de la production, retrace Nathalie Robert, double active (assistante maternelle) qui aidait jusqu'ici sur l'exploitation en tant que conjointe collaboratrice. Finalement, nous avons décidé de continuer la culture des 150 ha de SAU, et de mon côté, j'ai pris l'option de suivre mon envie de produire des fromages", retrace l'énergique brin de femme.
De l'idée au projet
Avant de se lancer, Nathalie a pris le temps d'étudier son projet : "J'ai suivi la formation 'De l'idée au projet' de l'Afipar (*), ainsi qu'une autre sur la transformation fromagère à l'Enilia (**) de Surgères".
Pas mal aiguillée aussi par les Chevriers de Nouvelle-Aquitaine, l'artisane fromagère a eu un temps l'idée de plaquer les vaches pour les chèvres, "mais il y a déjà beaucoup de producteurs fermiers caprins aux alentours. En lait de vache, les propositions sont plus rares, ou plus au nord du département".
Des Jersiaises pour un mix de lait
Pour que la qualité de son lait présente une teneur optimale en gras, Nathalie Robert a acquis deux Jersiaises. Depuis l'été 2025, elle est entrée en production, et a créé 'L'atelier de Nathalie' : "Je transforme 35 litres de lait par jour. J'ai commencé par faire des lactiques, puis j'ai diversifié en camembert, tommes, reblochon, crème, beurre, yaourt, et même en lait, sur demande", liste-t-elle.
Dans un des corps de bâtiment, la fromagère a autoconstruit, avec ses proches, une boutique toute en bois de palettes, à la décoration champêtre. C'est le lieu principal des ventes, deux fois par semaine (mercredi soir et samedi matin), avec les marchés de Fenioux et Secondigny chaque semaine.
"Je me rends aussi sur les marchés festifs, autour de Noël, ou cet été, sur les marchés de producteurs de pays, et celui du plan d'eau de Verruyes", ajoute Nathalie.
Matériel d'occasion et réglementation
Leboncoin© et autres sites d'occasion ont fourni la majorité de l'équipement nécessaire à l'activité fromagère : Algeco© pour le labo, Kangoo© réfrigéré, table d'égouttage, moules, frigo, étuve à yaourts...
Côté réglementation, la cheffe d'entreprise a pris le parti de faire venir la DDT, en amont de son lancement d'activité, pour maîtriser toute la réglementation et poser ses questions à l'inspectrice. "Cela a été très constructif et a permis d'éviter des erreurs", témoigne-t-elle.
Lien social et volonté de grandir
N'ayant pas bouclé une année entière, Nathalie se veut prudente quant à la rentabilité de son affaire : "Le premier bilan livrera son verdict". L'épanouissement est en tout cas au rendez-vous, dans ce métier faisant la part belle au lien humain ainsi qu'aux animaux.
Les idées de développement ne manquent pas non plus : débouchés, augmentation de troupeau... "Je réfléchis à de nouvelles choses. J'ai déjà eu plusieurs vies professionnelles, et je ne m'interdis pas d'inventer encore pour la suite !" conclut-elle dans un grand sourire.