Aller au contenu principal

« Multiplier par six le coût de l’équarrissage des caprins n’est pas supportable »

Pour Philippe Moinard, président de la Fnsea Poitou Charentes, la hausse du coût de l’équarrissage des caprins n’est pas supportable. Il demande aux instances nationales de trouver une autre solution qui pourrait être une CVO sur les produits industriels.

Philippe Moinard : « Nous constatons que les éleveurs de caprins seraient les seuls à financer 80% du coût de l'équarrissage ».
Philippe Moinard : « Nous constatons que les éleveurs de caprins seraient les seuls à financer 80% du coût de l'équarrissage ».
© N.C.

Où en est-on sur le dossier du financement de l’équarrissage ?
Philippe Moinard : Début 2013, il a été décidé que chaque production devait assumer son propre financement de l’équarrissage. Auparavant, le financement était mutualisé. Pour la production caprine, cela se traduit par une hausse globale de 1,6 million d’euros. Puisqu’il a été décidé sur le plan national que les producteurs de caprins devaient financer l’intégralité de l’augmentation du coût de l’équarrissage, ceci se traduit par une multiplication par 6 du coût pour les éleveurs. Au sein de la région Charentes Poitou qui représente 60% du cheptel national, cette hausse a un impact fort. Elle n’est pas supportable pour les éleveurs. C’est dans ce cadre-là, que depuis l’automne 2013, nous avons alerté, les instances nationales sur la nécessité de trouver une autre solution. Notre bassin de production veut bien être solidaire mais la marche est trop importante.

Qu’est ce qui bloque à ce jour ?
La Fnsea et les JA Poitou-Charentes estiment que cette hausse est insupportable. Nous constatons que les éleveurs de caprins seraient les seuls à financer 80% du coût de l’équarrissage. Nous considérons aussi que contrairement aux autres filières, l’équilibre entre les volumes abattus et les volumes équarris ne permet pas d’absorber une partie de ce coût. Face à ce constat, nous avons proposé dès la fin de l’année 2013 de mettre en place une CVO sur les produits industriels pour financer la majeure partie de la hausse du coût. Or, aujourd’hui il s’avère que la profession au niveau national est fermée à toute évolution du dispositif. 

Face à cette situation, quelle est votre stratégie ?
Nous pensons que la hausse est tellement importante que nous ne pouvons laisser tomber le dossier, que nous devons être responsables en faisant des propositions. Si le dispositif est maintenu en l’état, la filière prend le risque qu’un certain nombre d’élevages sortent du dispositif ATM (*) pour régler leur équarrissage à l’enlèvement car cela sera plus intéressant pour eux. Enfin, financièrement, certains éleveurs pourraient faire le choix de sortir totalement du dispositif d’équarrissage et là il y aurait un risque important pour la filière en termes sanitaires. Aussi, nous allons continuer à porter notre proposition d’une CVO sur les produits industriels.
Nous mettons en place une fiche de simulation pour sensibiliser les éleveurs sur la hausse du coût de l’équarrissage ainsi que sur le niveau du paiement à l’enlèvement. Cette fiche sera à la disposition des éleveurs sur le stand Fnsea Poitou- Charentes à Caprinov mais aussi dans vos structures Fnsea départementales. Un travail devra par ailleurs être conduit tant sur le niveau du coût de prestation facturé par les sociétés d’équarrissage que sur les pratiques des éleveurs (le regroupement des cadavres, la congélation…).

(*) ATM : animaux trouvés morts.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Fabien Pichon a perdu
5 animaux et presque toutes ses brebis ont avorté.
Il a été touché par la FCO 3 et la FCO8

Sur son exploitation de Smarves, alors qu'il n'était d'ailleurs pas encore installé et qu'il était en train d'agrandir son…

Charles Giusti a pris ses fonctions à la Préfecture de la Vienne cette semaine.
Un nouveau préfet avec une "bonne appétence pour les questions agricoles"

S'il a cité en premier les questions de sécurité, le nouveau préfet de la Vienne, Charles Giusti a rapidement enchaîné avec l'…

Il y a deux ans, pas moins de 240 tracteurs étaient présents.
Les vieux tracteurs donnent RDV les 23 et 24 mai
Ce week-end, comme tous les deux ans, les Belles Mécaniques d'Antan se retrouveront à Scorbé-Clairvaux. Plus de 200 tracteurs de…
Vivian Bourdeau est maire de Savigny-sous-Faye. Il est aussi conseiller communautaire de grand Châtellerault, en charge des discriminations, de l'égalité Hommes-femmes et des violences intrafamiliales en milieu rural.
Grand Châtellerault contre les violences intrafamiliales

En mars, Vivian Bourdeau a été élu maire de Savigny-sous-Faye. Au sein de la communauté de communes de Grand Châtellerault, il…

Lundi, c'est sur l'exploitation céréalière et maraîchère de Dominique Pierre que s'est déroulée la première réunion.
Le Préfet sur le terrain pour comprendre l'agriculture
Tout juste arrivé, Charles Giusti a visité deux exploitations de la Vienne cette semaine. Les élus de la chambre d'agriculture…
La docteure Da-Hee Pitaud en dermatologie au CHU de Poitiers est à l'initiative de cette journée de dépistage des cancers de la peau pour toutes les personnes des métiers de l'agriculture.
Cancer de la peau: prévenir plutôt que guérir

Parce que les personnes travaillant et ayant travaillé dans les métiers de l'agriculture sont particulièrement touchées, les…

Publicité