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L'Ukraine et son agriculture face à la guerre

Nicolas Turquois et Pascal Lecamp, se sont rendus en Ukraine avec une délégation du MoDem. Les cinq jours sur place ont permis aux députés de mesurer les réalités d'une agriculture qui continue de produire malgré la guerre, et d'observer ses similitudes et différences avec la nôtre.

Pascal Lecamp, Marc Fesneau et Nicolas Turquois, ici aux côtés d'un député Ukrainien lors de la visite d'une exploitation.
© PL

Alors que le conflit entre la Russie et l'Ukraine, démarré par l'invasion russe en 2022, est loin d'être résolu, une délégation de 9 députés MoDem s'est rendue sur place il y a quelques semaines. "Notre volonté, c'était de témoigner notre soutien à l'Ukraine, car l'agressée, c'est bien l'Ukraine. Et aussi de se rendre compte des réalités du pays" explique Nicolas Turquois. Le député de la Vienne faisait en effet partie du voyage, avec Pascal Lecamp, autre député du département. "Si l'Ukraine tombe, ça peut entraîner l'Europe" estime ce dernier. Avec Marc Fesneau, les élus se sont tout particulièrement intéressés au sujet agricole. Les autres députés se sont penchés sur la culture et l'éducation; et l'économie. "Le sujet agricole en Ukraine, c'est important, car ça représente une part importante de l'économie du pays" précise Pascal Lecamp. Pendant les 5 jours passés sur place, les visites de plusieurs exploitations leur ont permis de se faire une idée plus claire de l'agriculture Ukrainienne. "Hormis la taille des exploitations, j'ai vu beaucoup de similitudes avec notre agriculture, par exemple dans les assolements" explique Nicolas Turquois. "On retrouve les mêmes fondamentaux que dans nos campagnes. Ils ont, c'est vrai, des terres très productives, mais ils manquent aussi d'eau, et il y a peu d'irrigation." L'élu assure que le décalage avec notre agriculture est bien moins important que celui qui avait été constaté lors de l'entrée de plusieurs pays de l'Est dans l'Europe. Lui-même agriculteur, il a en revanche été surpris par la mécanisation. "Nous avons visité une exploitation de 1 300 hectares, qui deux semoirs, d'uniquement 6 rangs." L'élu assure que les charges de mécanisation sont bien moindres qu'en France. "Les agriculteurs ukrainiens veulent du matériel fiable, et facile à réparer." Autre différence importante : l'absence de structures coopératives ou organismes stockeurs. "Les agriculteurs vendent directement au port". Même si cette perspective paraît lointaine en ces temps de guerre, les députés ont échangé, à la fois avec des représentants des agriculteurs, mais aussi d'autres filières, ainsi que des élus locaux, sur une éventuelle entrée de l'Ukraine dans l'Europe. "Si cela se fait, il faudra que ce soit rapide politiquement. Mais économiquement, il faudra un long temps d'adaptation" estime Pascal Lecamp en évoquant le travail à réaliser sur les normes, les marchés mais aussi la corruption. "Mais je le répète, il ne faut pas lâcher l'Ukraine, c'est notre bouclier, et il faut envisager la fin de guerre, et l'après". 

Voyage marquant

Durant les 5 jours passés sur place, les députés ont été très marqués par la multitude d'alertes pour se mettre en sécurité, mais aussi par la minute de silence tous les matins pour penser aux personnes qui sont sur le front, tout comme les photos des personnes décédées affichées un peu partout, avec quelques mots sur la vie de ces disparus. "Mais la vie continue malgré tout" constate Pascal Lecamp. "Ils veulent montrer à Poutine qu'il n'a pas brisé leur société" estime Nicolas Turquois, en évoquant des spectacles auxquelles ils ont assisté à l'opéra. Dans les exploitations agricoles qu'ils ont visitées (céréales, maraîchage, viticulture, élevage de canards), la production se fait aussi. Avec souvent des modifications. "Puisque le port d'Odesa est bloqué, les céréales partent en train, donc en plus petite quantité, et les silos débordent. Les producteurs de mais n'ont pas récolté. Ils vont laisser sur pied, et récolteront en février, quand il y aura de la place dans les silos". L'accueil qui leur a été réservé a aussi beaucoup marqué les députés. "Nous avons eu beaucoup de témoignages, de remerciements d'être venus." La France de façon générale, et Emmanuel Macron en particulier sont selon eux régulièrement remerciés.

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