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L’inquiétante surmortalité hivernale des abeilles

Les colonies d’abeilles ont connu une mortalité hivernale importante qui dépasserait les 30 % en moyenne dans la région. Pour Sébastien Pommier, président de l’ADA, la cause principale incomberait aux néonicotinoïdes qu’un amendement voté par l’Assemblée nationale doit interdire dès 2016.

Après une année 2014 difficile pour les apiculteurs de l’ensemble de la France et du Poitou-Charentes, la saison 2015 ne se prépare pas dans les meilleures conditions avec une mortalité hivernale des abeilles qui dépasse les seuils habituels et touche des apiculteurs aux trésoreries déjà éprouvées. « Même si on n’a pas encore toutes les données, on recense des cas avec des pertes de 80 % ou 100 %, raconte Sébastien Pommier. Heureusement, ce sont des cas isolés mais au minimum, on sera à 30 % en moyenne contre 15 à 20 % l’an dernier ce qui était mieux, sans être non plus la panacée. Quel éleveur de chèvres ou de vaches accepterait de perdre 15 à 20 % de son cheptel ? » Selon les premières constatations, les cas les plus importants se trouveraient répartis un peu partout dans la région de façon assez hétérogène. Les apiculteurs ont appris à compenser les pertes hivernales en constituant des ruchettes mais elles aussi peuvent être touchées par le même mal mystérieux. Les ruchers comportent des réserves de nourriture et sont d’un état sanitaire normal. Quelques abeilles sont retrouvées mortes dans les ruches alors que toutes les autres ont disparu. « Cela ressemble à une intoxication. Les services vétérinaires ont été prévenus. Des prélèvements ont été effectués sur des pains d’abeilles et des abeilles mortes », dit-il.

Baisse de la production

En cause, pour le président de l’ADA, principalement les néonicotinoïdes, un neuro-toxique qui désorienterait et affaiblirait les abeilles. « Il s’agit d’une molécule rémanente. C’est-à-dire que si on sème un tournesol après un blé traité, il y a une remontée avec une teneur presque identique qui rend la plante toxique ». La récolte de tournesol, la principale dans la région, est tombée à 15 kilos par ruche l’an dernier contre 60 kg il y a 30 ans ! Le problème n’est pas nouveau, il vient s’ajouter aux autres molécules, fongicides et herbicides, qui forment un cocktail détonnant qui s’accumule dans les ruches. « Ce qui pourrait expliquer la mortalité plus élevée cette année, c’est l’autorisation en 2014 d’un insecticide à base de néonicotinoïdes pour les colzas qui aurait été pulvérisé à l’automne. Et puis aussi la mise en place de couverts végétaux attractifs comme le sarrasin, la phacélie ou la moutarde, semés derrière des blés traités avec des remontés, sans que les sols aient pu être lessivés par les pluies de l’hiver, dit-il. Je comprends que les agriculteurs aient besoin de protéger leurs cultures mais c’est dommage si on détruit ce qu’il y a autour. Des études récentes ont montré qu’il n’existait pas de baisse de rendement des cultures en abandonnant ces produits alors que leur interdiction en Italie a vu les pertes d’abeilles redescendre à des niveaux acceptables de 10 à 15 % ».Dans ce contexte, Sébastien Pommier accueille avec soulagement l’amendement de l’Assemblée (voir encadré) qui interdit les néonicotinoïdes. « C’est une avancée. Cela fait 20 ans qu’on le demande ! Après il faut être prudent car l’amendement doit aller au Sénat avant de revenir en relecture à l’Assemblée », dit-il.Par ailleurs, même si l’amendement est confirmé, les premiers effets ne devraient pas se faire sentir avant 2018. En attendant, beaucoup d’abeilles ont disparu cet hiver et ne seront pas là pour relancer les colonies au début de la saison de production en avril. En France, entre 1995 et 2014, la production de miel est passée de 33 000 à 10 000 tonnes.

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