Aller au contenu principal

« L’état des zones humides se dégrade de plus en plus »

La députée de Charente-Maritime Frédérique Tuffnell (Rochefort), fortement intéressée par les dossiers de biodiversité, a planché, écouté, visité nombre de lieux, d’acteurs des zones humides françaises.

Le ministre de la Transition écologique François de Rugy et la députée Frédérique Tuffnell lors de la remise du rapport le 29 janvier.
Le ministre de la Transition écologique François de Rugy et la députée Frédérique Tuffnell lors de la remise du rapport le 29 janvier.
© Ministère de la Transition écologique

La députée de Charente-Maritime (Rochefort), fortement intéressée par les dossiers de biodiversité, a planché, écouté, visité nombre de lieux, d’acteurs des zones humides françaises. Pas question de renouveler un -xième état des lieux. Seule donnée supplémentaire : le réchauffement climatique. Le rapport propose une cartographie de « toutes » les zones humides : « on s’aperçoit que nombre d’opérations menées sur le territoire existent et se chevauchent, à la parcelle ou par bassin. Rien n’est organisé, sans définition précise. » Le rapport en propose une en plus de celle du Code de l’Environnement et celle du Conseil d’État. « Aujourd’hui, les critères doivent être cumulatifs. » Selon Frédérique Tuffnell, pas question de figer ces territoires par une cartographie : « les zones humides rendent des services et des bienfaits. Nous nous sommes attachés à donner un outil d’aide à la décision aux élus en citant les 7 bienfaits des zones humides. » Atouts connus ? Elle y croit : « tout le monde le sait. Depuis quarante ans, on a drainé, artificialisé, changé les courbures des méandres, tiré des canaux, comblé. Nous voulons redonner envie aux gens de s’attribuer leurs territoires. »
Les marais, selon le rapport, malgré les immenses services rendus par ces habitats, se situent aujourd’hui en tête des milieux naturels « les plus menacés ». Elle cite moult exemples de mise en valeur en France que la mission a pu voir où les partenariats tiennent une place importante aux zones humides « pour le bien commun ». Une « co-construction » longue mais « intéressante ». Frédérique Tuffnell veut un cadre national d’impulsion, mais une organisation locale. Sur le financement, entre MAE, GEMAPI, agences de l’eau, elle estime insuffisants, voire inopérants, les dispositifs actuels. Elle cite le projet TIGA (territoire d’innovation de grande ambition) sur l’agglomération rochelaise : « il prévoit le bilan carbone de toutes les zones humides du territoire de la CdA sur les 6500 ha de marais et 60 kms de côtes. » Les volontaires pour compenser ses émissions recevra un gain de compensation payé sur la dotation TIGA pendant 10 ans et devra les réinvestir. D’où le fond régional d’investissement dans les zones humides à raison d’un euro la tonne de CO2.
Renversant la vapeur sur la notion de « handicap », ce rapport prône le paiement pour services environnementaux. Une idée chère à la prix Nobel 2009, Elinor Ostrom, sur les biens communs. « C’est un élément fort du rapport au-delà de la PAC et des MAE. » Les PSE doivent faire leur chemin : « payer les agriculteurs parce que ses vaches paissent dans les marais. Idem pour la fiscalité, plus contraignante dans le marais. » Une utopie de rémunérer pour services environnementaux ? « Non, je ne crois pas. Ce n’est pas facile. C’est la seule solution qui passe par les agences de l’eau. 150 M€ existent déjà. Pas question qu’ils soient éparpillés en dehors des zones humides mais pour des actions d’envergure. » Le fonds PSE abondera ces 150 M€.
Frédérique Tuffnell imagine des signes de production labélisé marais, « des appellations des terres d’eau » et une fiscalité identique à la forêt. Dans l’appropriation des zones humides par leurs acteurs, elle estime qu’il faut dépasser la même intercommunauté ou la commune. « Il faut des partenariats territoriaux et quelqu’un qui prenne la main, quel qu’il soit, EPTB, CdC, comité de bassin… » Une « territorialisation » des zones humides qu’elle a éprouvé dans les auditions de la mission. « Il faut reconnaître la valeur des zones humides et il y a une urgence ! » La députée conclut que « les prochaines Assises de l’eau devraient reprendre des mesures du rapport. Comme le programme de restauration de 100 000 ha de tourbières sur 10 ans. » Le fonds commun PSE pourrait aussi voir le jour à cette occasion.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Lundi, une partie des bénévoles était sur le site, notamment pour l'installation de l'électricité.
Les JA s'installent à Saint-Martin-la-Pallu

Organiser une Fête de la Terre, c'est évidemment un grand défi pour les jeunes agriculteurs d'un canton. Ceux de Neuville ne s…

Mélanie Gourmaud et Pierre-Elie Simonnet sont décidés à mettre en place des actions tout au long de l'année pour défendre le revenu des agriculteurs.
Un "nouveau cap" pour la FNSEA de la Vienne
Après la démission d'une partie de son bureau en juin, la FNSEA de la Vienne s'est réunie la semaine dernière en assemblée…
Le festival La Petite Parenthèse se tiendra le samedi 22 août.
Une petite parenthèse, le temps d'un festival

Installé à Persac, le projet porté par Pierre-Vincent Gibaud, avec sa soeur Marie, et deux autres associés, se définit comme…

Une trentaine de Jeunes agriculteurs seront aux fourneaux et au service (photo de l'édition 2025).
Des repas 100 % locaux sur le site

Pas de fête de la Terre sans lien avec les assiettes ! Cette année, il sera possible de manger sur le site à trois…

Romain Migeon est coureur cycliste et vient d'ouvrir son atelier de réparation et entretien de cycles.
Sur les vélos, mais aussi aux réparations
Passionné de vélo depuis tout petit, Romain Migeon collectionne les titres, y compris au national. Désormais intégré dans une…
Les aides publiques, comme l'Aide au maintien, sont perçues comme une juste reconnaissance de l'AB pour la préservation de la biodiversité et de la qualité de l'eau potable.
Les agriculteurs bio interpellent le préfet
Réunis sur l'exploitation laitière de Christophe Ouvrard à Thurageau, les adhérents de Vienne Agrobio ont exposé la semaine…
Publicité