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Crise
Les producteurs de porcs revendiquent eux aussi une hausse du prix

Depuis le début de la semaine et surtout le 14 mai, les éleveurs de porcs se sont mobilisés dans toute la France pour exiger une revalorisation immédiate du prix du porc de façon à couvrir les coûts de production.

Les éleveurs de la FDSEA et JA de Maine-et-Loire et de Loire-Atlantique ont contrôlé des camions au péage d'Ancenis, le 14 mai au matin.
Les éleveurs de la FDSEA et JA de Maine-et-Loire et de Loire-Atlantique ont contrôlé des camions au péage d'Ancenis, le 14 mai au matin.
© A. A.

Après les producteurs de lait, c’est au tour des éleveurs de porcs de manifester. Le 14 mai, la Fnsea, les JA et la FNP ont appelé les éleveurs de porcs à se mobiliser. Dans une trentaine de départements de l’Ouest, du Nord, du Massif Central et dans le Sud-Ouest, ils ont multiplié les actions sur le terrain, comme la chasse aux camions pour vérifier l’origine des produits, des opérations coup-de-poing dans les entreprises d’abattage et de transformation salaisonnerie, voire des opérations de stickage dans les grandes surfaces pour sensibiliser les consommateurs à l’origine des produits.
Les éleveurs demandent d’abord une revalorisation immédiate des prix à la production pour couvrir les coûts de production. « Depuis plusieurs mois, on a un prix de vente inférieur aux coûts de production. Il nous manque 25 à 30 centimes par kilo de carcasse pour que l’activité soit rémunératrice, les éleveurs sont à bout de souffle » a expliqué Jean-Michel Serres, le président de la FNP, à la veille de la mobilisation. Les producteurs sont d’autant plus remontés que la crise dure depuis six ans, et que le prix du porc à la production n’a jamais rattrapé celui des aliments du bétail, à l’exception d’un intermède de quelques mois en 2009, quand les prix des céréales se sont effondrés.
Les éleveurs déplorent aussi que les efforts réalisés pour mettre en avant l’origine française dans les linéaires et financés par les producteurs dans le cadre de l’interprofession Inaporc ne soient pas toujours suivis d’effet par les transformateurs et les distributeurs. « 40 % seulement des références dans les linéaires sont identifiés viande porcine française. Les éleveurs attendent un retour sur investissement », insiste le président amer. Avant d’appeler l’ensemble des distributeurs à suivre l’initiative de Système U qui propose de revaloriser de quelques centimes l’origine française dans les linéaires et de l’affecter aux éleveurs, du moins pendant une période donnée.

Restructuration de la filière
A plus long terme, c’est la compétitivité de la filière française qui est posée. « Il en va de la sauvegarde de la production porcine française », s’inquiète Jean-Michel Serres. Le cheptel porcin français s’effondre. A la fin de l’année, il atteindra 23 millions de têtes, contre 25 millions en 2010. Les abatteurs encaissent des charges de structure de plus en plus élevées qui plombent leur compétitivité. Et contrairement à la France, l’Allemagne recourt massivement à des travailleurs étrangers employés par des sociétés prestataires de service. L’avantage procuré est estimé à 5 centimes par kilo dans les abattoirs outre-Rhin.
Ainsi la filière française perd pied comme le montrent les difficultés du groupe Cecab qui ne trouve pas de repreneur pour l’un de ses abattoirs. Un phénomène qui ne touche pas seulement la filière porcine, mais désormais l’ensemble de l’agroalimentaire « qui perd des emplois pour la première fois », selon le président de la Fnsea. C’est pourquoi Xavier Beulin en appelle aux pouvoirs publics à « une action déterminante pour restructurer la filière porcine », notamment au travers de la Banque publique d’investissement. En attendant le vote de la loi sur la consommation prévu en juin qui devrait permettre aux éleveurs de répercuter sur leurs prix les hausses importantes du prix des aliments du bétail.

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