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Production
Les perturbations commerciales, fléaux de l’arboriculture

« Pour le moment les cours de la pomme sont meilleurs que l’an passé », juge Jacques Pérochon, arboriculteur à Fenioux. Le producteur, après une année 2009 très difficile, aimerait qu’il en soit ainsi toute l’année.

« On le dit peu, mais notre activité pèse aussi lourd qu’Heuliez en termes  d’emplois. Nous participons activement à la dynamique économique des Deux-Sèvres », souligne Jacques Pérochon.
« On le dit peu, mais notre activité pèse aussi lourd qu’Heuliez en termes d’emplois. Nous participons activement à la dynamique économique des Deux-Sèvres », souligne Jacques Pérochon.
© DR

Depuis quinze jours, le marché se tend. Jacques Pérochon retient son souffle. Ces derniers jours, le producteur de pommes installé en Gâtine observe d’un œil attentif le comportement de ses collègues du sud de la France. 

« Là-bas, contrairement à nous, arboriculteurs du Val de Loire, ils n’ont pas la culture du stockage. Actuellement, ils dégagent les volumes récoltés. » L’afflux de marchandises sur le marché pèse sur les cours qui depuis fin août début septembre se tenaient bien. « Cette période passée, nous espérons que les prix vont remonter. » Pour le gérant de l’EARL Les Vergers du pré, « c’est une question de survie pour de nombreux arboriculteurs de Gâtine ». En 2009, l’abondance de la récolte a servi d’alibi à la grande distribution. Alors qu’il écoule en direct 30 % des 700 tonnes de sa récolte annuelle, Jacques Pérochon atteignait tout juste 58 centimes de prix moyen au kilo « quand il faudrait être à 70 centimes du kilo pour être bien  », juge-t-il. 

Aujourd’hui encore, et demain probablement, si la situation ne s’améliore pas, des hectares de vergers continueront de s’arracher en Deux-Sèvres. « Une réalité qui fait mal au cœur », exprime le producteur. Jacques Pérochon est fier de la qualité des fruits récoltés en Gâtine. « Un produit qui n’a rien à envier à ceux de nos collègues du Limousin qui ont su développer un marketing vertueux », sourit-il. 

Cette année à nouveau, la production satisfera les papilles des consommateurs, parie l’exploitant. Les conditions climatiques ont été favorables au bon développement des fleurs. La nouaison - stade ou la fleur devient le fruit qui progressivement va grossir - s’est déroulée dans de bonnes conditions climatiques. La température était moyenne et l’eau, nécessaire plus tard mais pas à ce stade, n’est pas venue. 

 

Un bon millésime

Tout au long de l’été, Jacques Pérochon a arrosé au goutte-à-goutte ses 14 ha de vergers. « Nous sortons un fruit juteux, un fruit qui présente un bon équilibre entre sucre et acidité. 2010 est un bon millésime. D’un point de vue de la qualité, l’année est peut-être meilleure que 2008 qui avait marqué les esprits par la saveur des produits récoltés. » 

Particularité du terroir, savoir faire des producteurs, qualité de la production se retrouvent en Gâtine. Alors non, Jacques Pérochon, comme nombreux de ses collègues, n’entend pas voir l’arboriculture mourir à petit feu sur ce territoire. « On le dit peu, mais notre activité pèse aussi lourd qu’Heuliez en termes  d’emplois. Nous participons activement à la dynamique économique des Deux-Sèvres. »  

Pour résister dans la tourmente commerciale initiée par la distribution, de nombreux producteurs viennent chercher une bouffée d’oxygène dans la vente directe. Positionné sur ce créneau depuis de nombreuses années déjà, l’exploitant sent ces deux dernières années un certain fléchissement. « Ni les uns, ni les autres, ne pouvons nous passer de la vente en gros », note le chef d’entreprise rappelant que 80 % du volume des pommes produites en France passe par les grandes surfaces. Tous sont contraints de composer avec cette domination des distributeurs. Cette réalité ne les empêche pas d’essayer de résister. « Actuellement, de nombreux producteurs se motivent mutuellement pour éviter que la marchandise ne soit bradée. J’espère que l’on arrivera à tenir tête dans le temps. » 

 


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