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Ovin
Les ministres ont foi en l’avenir du « parent pauvre » de la Pac

Conscients des difficultés de la filière ovine, les ministres européens veulent débloquer des crédits inutilisés avant le rééquilibrage des aides.

Michel Barnier a rassemblé 4 autres ministres européens à Limoges, terre d’élevage.
Michel Barnier a rassemblé 4 autres ministres européens à Limoges, terre d’élevage.
© M-L. L.
Ce rendez-vous du 5 septembre n’a pas lieu à Limoges par hasard. Nous sommes au cœur d’un des premiers départements français de l’élevage ovin. » Michel Barnier y accueille quatre de ses confrères européens, soucieux comme lui, de l’avenir de l’élevage ovin. « Force est de constater que la filière se meure. La faiblesse des revenus conduit bon nombre d’éleveurs à se reconvertir. Ce n’est pas une fatalité que nous devons accepter. La filière ovine n’est pas traitée équitablement. L’heure est aux réponses rapides et concrètes. Même si beaucoup en doutent, il y a un avenir. » Liam Aylward, député européen irlandais, fait état de la « nécessité urgente d’agir. La filière ovine est le parent pauvre de la Pac. Le cheptel a diminué de 12,5 % depuis 2000. Ce déclin s’est accéléré avec le découplage des aides. Si nous n’agissons pas, ce sont 10 % supplémentaires qui vont disparaître d’ici 2015. » De multiples pistes « L’agriculture pèse lourd dans de nombreux États membres », souligne Dacian Ciolos, ministre roumain de l’agriculture et du développement durable. « Le potentiel du secteur est important. » D’autant plus que « l’élevage s’inscrit dans le contexte mondial du produire plus et mieux », précise Michel Barnier. Anglais, Irlandais, Espagnol, Roumain et Français s’accordent à dire que « les besoins de la filière ovine doivent rester une priorité dans le bilan de santé de la Pac. » Même si les avis divergent encore quant aux moyens à employer. Lord Jeff Rooker, secrétaire d’État chargé de l’agriculture au Royaume Uni, se dit « favorable à l’utilisation des fonds qui relèvent du second pilier, mais ne veut pas employer l’article 68 (N.D.L.R. : l’article 68 permet à un État membre de prélever 10 % des aides nationales directes pour les rediriger vers un secteur particulier) comme subterfuge pour revenir à un paiement par tête ». Liam Aylward préconise de dégager un budget européen plus important (il est actuellement de 45 millions d’euros) pour promouvoir la production « 20 millions d’euros par an suffiraient à informer les 500 millions de consommateurs européens. Un étiquetage clair avec un logo européen les éclairerait sur l’origine de la viande. Reste à promouvoir la préférence communautaire. » La demande a été faite de créer un observatoire économique européen des marges pratiquées à tous les niveaux de la filière. Serge Préveraud, président de la Fédération nationale ovine, rappelle que les soutiens doivent s’articuler autour des produits, des compensations et de la recherche. « Toute crise sanitaire désorganise totalement l’activité de production. Il nous faut trouver un outils de gestion des crises. » Utiliser les crédits disponibles Michel Barnier entend « poursuivre la politique de sécurité alimentaire en Europe, à l’heure où 10 pays sont concernés par la FCO. Renforcer la qualité de la production ovine en créant de la valeur ajoutée fait partie des priorités. Il faut revoir l’étiquetage pour laisser le choix au consommateur. » « Assurer des débouchés commerciaux aux éleveurs » reste la 1ère des priorités, mais en « regardant comment et où se trouve l’argent inutilisé » il espère mobiliser des fonds suffisants pour aider l’élevage ovin. « Nous devons décider à 27. 2009 sera l’occasion d’utiliser les crédits disponibles pour un soutien exceptionnel. » Les DPU dormants pourraient faire partie de ces crédits. M-L. Laucournet Decouvrer la suite du compte rendu de cette conférence européenne dans votre journal Agri79 de vendredi 12 septembre.
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