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Sival
Les fruits et les légumes à l’ère de la contractualisation

La vingt-cinquième édition s’est déroulée dans un meilleur contexte économique pour les productions végétales spécialisées.

Le 25e Sival a donné le coup d’envoi de la contractualisation dans la filière. Mais les présentations et démonstrations de matériels restent un temps fort du salon.
Le 25e Sival a donné le coup d’envoi de la contractualisation dans la filière. Mais les présentations et démonstrations de matériels restent un temps fort du salon.
© DR

Dans un contexte plus optimiste grâce à une meilleure année 2010, Bruno Dupont pour les fruits et Jacques Rouchausse pour les légumes ont évoqué, dans le cadre du Sival qui se tenait jusqu’au 13 janvier au Parc expo d’Angers, les grands dossiers qui attendent les productions en 2011. La veille, toujours dans le cadre du Sival, divers intervenants européens dont le président du Copa Cogeca, Paolo Bruni, avaient abordé ce qui pourrait être l’OCM fruits et légumes dans la perspective de la réforme de la PAC (voir ci-dessous).Une meilleure année 2010 donc, mais qui, souligne Jacques Rouchausse, secrétaire général de Légumes de France, permet tout juste aux exploitations de « passer le cap ». En fruits, le verger du Val de Loire a perdu de la surface et des arboriculteurs cessent leur activité, les impayés s’accumulent. « Même avec une meilleure campagne 2010, certains ne se relèveront pas », indique Bruno Dupont, président du Sival.Pour le vice-président de Légumes de France, un autre dossier brouille les pistes, c’est celui de l’harmonisation des produits phytosanitaires au niveau européen. Un dossier qu’il qualifie de « primordial » pour 2011 car de nature à gommer en partie les distorsions de concurrence. Le maraîcher table sur un rapprochement avec les associations de consommateurs pour faire avancer un dossier « qui ne coûterait pas cher au gouvernement ». Cette demande d’harmonisation européenne concerne aussi les aspects de main-d’œuvre. La Fédération nationale des producteurs de fruits la réclame, elle aussi. « Ces sujets d’une réglementation moins aberrante, d’une administration plus réactive, seront posés au ministre de l’Agriculture lors du prochain congrès de Dax, à la fin du mois de janvier », promet Bruno Dupont. « Puisqu’il ne faut plus attendre d’aides financières de l’État, qu’au moins il accompagne notre logique d’entreprise ainsi que le souhaite le nouveau président de la FNSEA. »


Contractualisation au 1er mars

L’autre grand dossier qui se profile pour les productions de fruits et de légumes est celui de la contractualisation. Pour Bruno Dupont et Jacques Rouchausse, « c’est à l’interprofession que cela doit se décider mais tous les composants de l’interprofession n’ont pas la même approche. Cette contractualisation, ne doit pas se limiter à un accord uniquement entre productions et acheteurs. De plus la contractualisation n’exonérera pas des pouvoirs publics de la gestion des marchés. Sa mise en place est prévue au1er mars. il y a donc urgence de trouver un accord, faute de quoi c’est par décret que les modalités d’application seront décidées. D’ici là, il faudra combler les failles ». Illusoire également de croire que la contractualisation réglera tout. « Il y a aussi le dossier des phytosanitaires et celui de la main-d’œuvre, répètent les représentants syndicaux. On aura beau avoir signé des contrats, si on n’est pas compétitif, on sera morts. »

Construire l'Europe des fruits et légumes

Pour la première de la vingtaine de conférences organisées dans le cadre du Sival 2011, les organisateurs ont souhaité se placer au niveau européen. Un niveau pertinent pour le secteur des fruits et légumes, qui dispose d'une Organisation commune de marché (OCM) spécifique et qui est aussi concerné, comme le reste de l'agriculture, par les projets de réforme de la PAC. Pour l'Italien Paolo Bruni, président du Copa-Cogeca mais aussi président de la plus grosse coopérative de fruits et légumes d'Europe, « la PAC doit continuer d'exister. Qu'elle soit très verte pour les citoyens, mais aussi très économique ». Selon lui, le secteur des fruits et légumes n'a pas besoin de plus de budget (il ne consomme que 2 % du budget de la PAC, alors qu'il représente 17 % du chiffre d'affaires de l'agriculture), mais d'une politique spécifique et de pointer, comme l'ont fait, après lui, la représentante du ministère de l'Agriculture, Gwenola Mainguy, Bruno Dupont et Pierre Diot, l'immense difficulté à laquelle le secteur se trouve confronté : la politique européenne lui demande de s'organiser en organisations de producteurs (OP) et en associations d'organisation de producteurs (AOP), pour pouvoir peser face à la grande distribution (en France, on a 270 OP en fruits et légumes pour cinq distributeurs). Mais, d'un autre côté, dès lors qu'une organisation prend trop d'importance, elle se retrouve en infraction par rapport à la loi sur la concurrence (qui interdit « toute position dominante sur son marché pertinent »). Paolo Bruni en est ardemment convaincu : le secteur des fruits et légumes doit s'organiser très fortement à l'échelle européenne : « Nous ne produisons pas une musique pour solistes ». Tous ces messages ont été lancés à l'adresse de l'Europe et ils semblent avoir été entendus. Leandro Mas Pons a assuré que la Commission réfléchissait, suite à la « crise du lait », à une adaptation spécifique de la loi sur la concurrence pour le secteur agricole. Il y a urgence. « Les entrepreneurs n'ont pas le temps d'attendre, a souligné Bruno Dupont. Nous avons besoin de réactivité. » Catherine Perrot

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