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Lait
Les éleveurs laitiers sont d’utilité publique

L’interprofession laitière, organise plusieurs opérations de communication à destination du grand public comme des éleveurs, notamment pour leur redonner confiance.

Expliquer l’utilité publique de la filière lait et combattre les aspirations libérales de Bruxelles, ce sont les objectifs de la campagne de promotion lancée par le Cniel.
Expliquer l’utilité publique de la filière lait et combattre les aspirations libérales de Bruxelles, ce sont les objectifs de la campagne de promotion lancée par le Cniel.
© DR
Mobiliser le grand public, l’alerter sur les enjeux de la réforme de la Pac, telles sont les ambitions du Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (Cniel). Car le 20 mai, les négociations sur le bilan de santé de la Pac débutent. Dans ce contexte, le président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), Henri Brichart entend expliquer « à quoi servent les éleveurs et les dangers qui guettent la profession ». Ces dix dernières années, 5 000 exploitations ont disparu par an et les orientations de la nouvelle Pac risquent d’attiser la tendance. Pour véhiculer le message, l’interprofession laitière use de divers moyens qui ont déjà fait leur preuve. Sur Internet, une pétition, www.jesoutiensleseleveurslaitiers.com témoigne de l’importance de l’élevage laitier pour l’environnement, la consommation des Français et l’économie en général. Cent mille signatures sont souhaitées avant le 3 juin (2 700 à l’heure actuelle), date à laquelle cette pétition sera présentée au Parlement européen à Strasbourg. Pour Henri Brichart, cette opération reste un moyen de pression auprès des députés et des hommes politiques. Bien que l’orientation choisie par la nouvelle Pac soit la dérégulation, il espère « que tout n’est pas encore écrit ». Et ajoute : « En agriculture, le tout libéral a des limites. Il faudra toujours une forme d’encadrement de la production. Il est nécessaire de donner des moyens à la production et à la transformation laitière de s’organiser ». Jamais à court d’idées, le Cniel a choisi de greffer une autre action de communication.

Reconstitution
Le 23 avril, la place de la Bourse, à Paris, accueille la « Fête de la mise à l’herbe ». Au cœur de la capitale, Franciliens et Parisiens peuvent assister à « une mise à l’herbe en direct ». Sont reconstitués une étable, des prairies avec six vaches laitières, une salle de stabulation avec la possibilité d’une initiation à la traite. Sans oublier des animations sur l’alimentation des vaches, des reportages projetés sur grand écran concernant la mise à l’herbe en montagne ou en plaine, un milk bar, déjà testé à d’autres occasions et populaire aussi bien chez les grands que chez les petits. Des documents d’informations (cartes postales et dépliants) sont également disponibles. Si ces actions permettent de faire prendre conscience au public des difficultés rencontrées par les éleveurs, la dérégulation dans le secteur du lait semble planée. En 2015, les quotas auront disparu. Lucide, le président de la FNPL entend garder le moral : « Nous ne sommes pas effondrés devant le bilan de santé », déclarait-il le 20 mars dernier à l’assemblée générale de la FNPL devant le ministre de l’Agriculture. « Nous préparons l’après 2015 en travaillant sur le sujet difficile de la contractualisation. Il reste un énorme travail pour nous mettre d’accord entre nous producteurs et les entreprises ». Selon lui, il reste, par ailleurs, à faire des propositions comme la mise en place de DPU flottants ou la création de systèmes d’assurance marge. À la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), le même regret est palpable : « L’agriculture ne peut être jetée dans le marché mondial sans règle, sans code de bonne conduite, sans outil de régulation », indique Gérard Budin, le président de la FNCL qui a évoqué la contractualisation — à défaut des quotas — comme outil de régulation lors de l’assemblée générale en avril.
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