Aller au contenu principal

Viande bovine
Les éleveurs de bovins allaitants ont atteint le point de rupture

Lundi, trois membres du bureau de la FNB se déplaçaient à Nantes pour rencontrer les membres des sections viandes bovines des régions Bretagne, Pays de Loire et Poitou-Charentes. Tous ont constaté que les 5 dernières années de crise ont laminé les élevages.

Des responsables des sections bovines, des groupements de producteurs et des associations d'éleveurs, ont rencontré des membres du bureau de la FNB : Pierre Chevalier, Guy Hermouet et Patrick Bénézit.
Des responsables des sections bovines, des groupements de producteurs et des associations d'éleveurs, ont rencontré des membres du bureau de la FNB : Pierre Chevalier, Guy Hermouet et Patrick Bénézit.
© N C.
«Le rapport de force s’est inversé. C’est maintenant l’amont qui possède des leviers d’action pour peser dans la filière », a annoncé lundi Pierre Chevalier, président de la FNB devant les sections départementales des régions Bretagne, Pays de Loire et Poitou-Charentes. Un constat encourageant pour une filière qui paye une crise qui n’en finit plus.
« La décapitalisation lente et insidieuse du cheptel allaitant après cinq ans de manque de rentabilité est désormais bien visible. Ce n’est pas faute de ne pas l’avoir annoncé », poursuit Guy Hermouet, vice-président de la FNB. « On manque d’animaux dans toutes les régions de France. Les organisations économiques sont inquiètes. »
Pour autant, si ces constats sont partagés par les éleveurs, il ne semble pas en être de même pour l’aval. « Le risque qui pèse sur l’approvisionnement des abattoirs n’est pas encore pris au sérieux par tout le monde », s’énerve Guy Hermouet. « Et pourtant, avec l’explosion des charges, l’engraissement n’est toujours pas rentable », s’inquiètent les éleveurs. Les chiffres des coûts de production de l’Institut de l’élevage démontrent qu’en début d’été, l’engraissement d’un JB revenait à plus de 4,50 €/kg de carcasse. « Avec la hausse de la protéine, il ne faut pas s’étonner que plus aucun éleveur ne s’engage», analysent les éleveurs après avoir fait leurs calculs. « N’ayons pas peur de demander 5€/kg de carcasse», affirme Pierre Chevalier. « D’ailleurs qui aurait parié que les JB auraient pris 1€/kg il y a un an ? Et pour autant la consommation ne s’est pas effondrée. N’ayons pas peur de nos convictions », ont martelé les éleveurs.

Les chiffres de l’installation dans la production de viande bovine sont aussi alarmants.
« Entre le coût de la reprise, le manque de rentabilité, les astreintes de travail et l’étouffant système de contrôle administratif, quel jeune voudrait reprendre un élevage allaitant aujourd’hui ? », demande un éleveur.
Un constat partagé par Pierre Chevalier qui résume : « L’élevage allaitant a atteint deux points de rupture. Une rupture économique et une rupture sociologique. Cela fait cinq ans que les éleveurs se rémunèrent moins de 15 000€/an avec de nombreuses contraintes. Qui peut tenir à ce prix-là ? »
L’élevage ne va pas bien et pourtant des progrès ont été réalisés depuis deux ans. « Export, pesée classement marquage, réforme des cotations, contractualisation, tout cela était inscrit dans la feuille de route après l’action devant chez Bigard en 2010 et la FNB a fait le boulot », affirme Guy Hermouet. Alors que manque-t-il ? Les sections départementales sont unanimes, « il manque une synergie entre les OP pour une défense efficace du prix payé aux producteurs et une dynamique de filière vertueuse ». Ce constat, les éleveurs avaient à cœur de le partager avec les OP de la région l’après-midi lors d’une réunion élargie.            
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Nicolas Clairo avait invité ses adhérents il y a quelques jours, au Tison, à Poitiers, pour le premier anniversaire du club Airbnb Vienne.
Les loueurs Airbnb trouvent leur place dans la Vienne
Un an après sa création, le Club Airbnb de la Vienne a déjà mis en place un certain nombre d'actions. Notamment un guide…
Quelles obligations sanitaires lors de rassemblements d'animaux ?
Les regroupements d'animaux sont soumis à une réglementation sanitaire et à des exigences de bien-être animal définies dans le…
La compagnie équestre espagnole Drakonia présente un spectacle époustouflant qui attire de nombreux spectateurs.
La fête médiévale prête au combat

La 15e édition de la fête médiévale de La Roche à Foucauld a lieu les 18 et 19 juillet. Un nouveau voyage aux temps des…

Le Réseau InPACT a réuni, à Saint-Groux le 9 juillet 2026, plusieurs acteurs de l'installation agricole, autour du préfet de la DDT, pour défendre une approche plus pluraliste de l'accompagnement des porteurs de projet.
Faciliter les installations atypiques
Le Réseau InPACT a reçu le préfet et les représentants de la Direction départementale des territoires (DDT)  en amont du…
L'obligation d'une part conséquente de maïs dans la ration des troupeaux AOP rend encore plus difficile la question des fourrages, dans un été où les pâtures, comme les champs de maïs, sont grillés.
AOP : "Sans dérogation, c'est l'arrêt de mort pour nos élevages"

Le 20 juillet, le syndicat des laiteries Charentes-Poitou a annoncé la décision de son conseil d'administration de demander un…

Les gendarmes vérifient qu'il n'y a pas eu d'effractions sur les maisons signalées.
Partir en vacances l'esprit tranquille
Gratuit et ouvert à tous, le dispositif Tranquillité Vacances permet aux particuliers de signaler leur absence afin que les…
Publicité