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Bovins
Les boiteries des bovins, des maladies à ne pas prendre à la légère

En élevage allaitant comme laitier, les boiteries représentent un trouble pathologique fréquent qu’il ne faut pas sous-estimer. Le mal-être des animaux peut engendrer des pertes économiques pour l’éleveur.

Observation des aplombs des animaux au cornadis.
Observation des aplombs des animaux au cornadis.
© DR

Parmi les pathologies cliniques identifiées chez les bovins, les boiteries arrivent en deuxième  position, derrière les mammites. On estime que 13% des vaches sont affectés, chaque année, par ce problème. Par définition la boiterie est un trouble de l’appareil locomoteur. Elle va provoquer chez l’animal atteint une diminution de ses déplacements et une baisse de l’appétit. Elle entraînera une baisse de la production (lait et viande) ainsi que des problèmes de reproduction. En tenant compte du temps passé pour les soins, des frais vétérinaires et des baisses de performance, les pertes économiques peuvent être rapidement importantes pour un élevage.

Logement et alimentation 

Les facteurs favorisant les boiteries sont multiples. Mais les deux principaux sont liés au logement et à l’alimentation, pour lesquels des adaptations sont possibles.

Les bétons neufs peuvent être à l’origine de véritables épidémies de boiteries pour le troupeau. Ils ont un effet abrasif qui, conjugué à un excès d’humidité, provoque une usure prématurée de la corne. Il ne faut toutefois pas les lisser au risque de provoquer des accidents osseux ou musculaires. Il est alors indispensable de les neutraliser en appliquant en deux fois, à quelques jours d’intervalle, une solution acide composée d’un litre de vinaigre pour dix litres d’eau. Ceci ramènera le pH du béton à la neutralité.

L’alimentation induit des boiteries, notamment dans les cas d’acidose. Des carences en oligo-éléments (Ca, P, Zn, Cu, Se) peuvent également être à l’origine de cette pathologie.

Derrière le terme de boiteries se cachent différentes affections telles que le panaris. Il est issu de la pénétration de germes à partir d’une blessure au niveau du pied. On observe alors un gonflement au-dessus des sabots. C’est une maladie grave qu’il faut traiter. Elle peut dégénérer en arthrite. Le panaris est également contagieux. Quand l’abcès perce, les germes sont disséminés sur l’aire de vie et peuvent contaminer les animaux sains. Un fois diagnostiqué le panaris nécessite un nettoyage avec de l’eau de javel et la prescription d’un traitement vétérinaire antibiotique. La prévention consiste à retirer tout ce qui peut être traumatisant pour les pieds des animaux et il faut  éviter les passages humides. Le passage du troupeau dans un pédiluve (hauteur de 12 cm pour mouiller les petits onglons) contenant une solution désinfectante à base de sulfate de cuivre ou de zinc et un acide organique donne de bons résultats . 

La dermatite digitée

La dermatite digitée ou maladie de Mortellaro est une affection bactérienne qui provoque une inflammation de la peau de la couronne des onglons. Très fréquente, elle va surtout toucher les pattes arrières. La lésion, caractéristique, se traduit par une verrue à la surface rugueuse et rouge (type framboise), entourée d’un liseré blanc et qui dégage une forte odeur. Un nettoyage minutieux s’impose. Même traités, les animaux restent porteurs de germes. On observe généralement une nette amélioration de la situation lors de la mise à l’herbe mais l’utilisation régulière d’un pédiluve améliore la situation.

Le fourchet

Le fourchet ou dermatite interdigitée  est une inflammation superficielle de l’épiderme, débutant sur la peau interdigitée et s’étendant jusqu’aux talons (nécrose qui prend la forme d’un V). Des complications peuvent apparaître comme des cerises (ulcère de la sole du pied) ou des limaces (masse fibreuse entre les onglons) qui pourront être à l’origine de boiteries. Le traitement consiste en un parage efficace qui permet d’éliminer toute la corne de mauvaise qualité, surtout au niveau du talon et de rééquilibrer le sabot. Le passage du troupeau dans un pédiluve a une action préventive fficace.

La fourbure

La fourbure est très liée au système d’élevage plus intensif. C’est une inflammation du pododerme. Elle se traduit par un sabot qui pousse anormalement (concavité sur le dessus) et qui présente des stries de croissance. L’alimentation joue un rôle majeur, et notamment tout ce qui favorise l’acidose (soit un surplus de concentrés et un manque de fibres dans la ration). Le stress lié au vêlage explique aussi l’apparition de ces problèmes. Un parage est nécessaire pour rééquilibrer le sabot et éviter l’apparition de complications (cerises ou limaces).

D’autres affections moins fréquentes touchent les bovins comme les fractures, l’hygroma, un gonflement du genou du fait de contusions répétées, les arthrites, les tarsites qui sont des inflammations des jarrets souvent observées après l’installation de logettes et la bouleture qui concerne les gros veaux. Ceux-ci marchent en s’appuyant sur les boulets. On la rencontre parfois sur les vaches ayant récemment vêlé.

Du fait du mal-être des animaux, les boiteries peuvent engendrer des pertes économiques importantes dans les élevages. L’éleveur doit penser régulièrement à inspecter les pieds de ses bovins et à consulter le vétérinaire en cas de doute. Une séance de parage et/ou le passage par le pédiluve pour les animaux ayant de mauvais aplombs permet la plupart du temps d’améliorer la situation.         

 


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