Les agriculteurs interpellent François Hollande
Alors que François Hollande effectuait un déplacement dans le Châtelleraudais, pour remettre sa médaille de l'ordre national du mérite à Cyril Cibert, les JA et la FNSEA de la Vienne lui ont proposé de visiter une exploitation du secteur.
Visiter une exploitation agricole, "c'est toujours intéressant" explique François Hollande, "pour voir les évolutions, les progrès, mais aussi les inquiétudes". Le député de la Corrèze et ancien président de la République a parcouru l'élevage laitier de la famille Hérault, basé à Chenevelles, jeudi 29 octobre. L'occasion pour les trois associés du Gaec de présenter leur robot de traite, ou celui de distribution des aliments, mais aussi d'expliquer leurs préoccupations. "Évidemment, j'ai bien ressenti les questions climatiques qui se posent, avec ici par exemple un problème de fourrage et les problèmes d'eau. Parler avec des jeunes agriculteurs, c'est important, car l'enjeu de l'installation et de la transmission est primordial". François Hollande insiste sur la formation de plus en plus importante face à ces nouveaux outils, mais aussi les investissements qu'ils représentent. Des échanges qui se sont déroulés à l'invitation des Jeunes Agriculteurs et de la FNSEA de la Vienne, en présence de nombreux représentants des deux syndicats, mais aussi en présence d'autres OPA du département. "On a des ravageurs, sans solution en face, comme cette été, la punaise sur le colza, ou les grosses altises" explique notamment Benjamin Aucher, président de JA 86. "Il y a dans le même temps un projet de loi pour interdire l'acétamipride. C'est un exemple qui illustre ce qu'on vit, et qui met en péril des filières qui se retrouvent dans l'impasse" ajoute l'agriculteur du nord de la Vienne. De son côté, Pierre-Elie Simonnet, président de la FNSEA de la Vienne, a également rappelé les difficultés d'investissements, à la fois pour les jeunes, comme pour les agriculteurs déjà installés, qui aboutissent parfois à la vente d'exploitation à des investisseurs étrangers. Des inquiétudes et revendications qui se sont poursuivies lors d'un buffet déjeunatoire à base de produits locaux, et qui ont ensuite aussi été transmis à l'ancien président de la République.
Et la Présidentielle?
À six mois du scrutin, impossible pour l'ancien président de la République de ne pas être interrogé sur l'élection présidentielle. "Ma décision n'est pas prise" assure François Hollande, qui ajoute que "c'est la situation qui me décidera".
L'eau longuement évoquée
"Je sais qu'il faut prélever moins et stocker plus" a rapidement expliqué François Hollande quand le sujet de l'eau a été évoqué avec lui. "Le stockage de l'eau est un impératif, et ce qui est permis par la loi doit être exécuté" a martelé l'ancien président de la République. Nicolas Giraud, président de l'Adiv a évoqué avec lui la situation dans la Vienne, et notamment l'étude Hmuc. "On met des objectifs inatteignables! L'étude Hmuc, évidemment, que ça peut servir ! Mais à condition qu'elle ne soit pas biaisée politiquement". Le député de Corrèze ajoute que l'appui scientifique est primordial dans ce dossier, mais aussi la volonté d'aboutir à un compromis. "Il faut éviter la violence et la confrontation. On voit bien la tension qui peut être créée sur l'eau en opposant les uns aux autres. Il faut que chacun y mettre du sien. Y compris les particuliers".