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Les agglos charentaises s’engagent pour une alimentation de qualité

Manger mieux et local tout en prenant soin de l’environnement, c’est l’objectif des Projets alimentaires territoriaux (PAT), une dynamique initiée dans le cadre du Programme national pour l’alimentation (PNA). Ils jouent un rôle majeur dans la transition agricole et alimentaire dans les territoires, et permettent de rapprocher les producteurs, les transformateurs, les distributeurs, les collectivités territoriales et les consommateurs. GrandAngoulême et Grand Cognac se sont lancé dans l’aventure.

Julien Blaineau a ouvert les portes de sa Petite Ferme, à Mosnac, à des scolaires de Châteauneuf, dans le cadre du projet Jeunes Pousses. Il propose un magasin de vente directe sur son exploitation.
Julien Blaineau a ouvert les portes de sa Petite Ferme, à Mosnac, à des scolaires de Châteauneuf, dans le cadre du projet Jeunes Pousses. Il propose un magasin de vente directe sur son exploitation.
© Grand Cognac

Créés il y a 6 ans, les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) visent à terme la souveraineté alimentaire des territoires sur lesquels ils sont mis en œuvre. Elaborés de manière concertée avec les acteurs du territoire, les PAT ont pour but de relocaliser l’agriculture et l’alimentation et développer une alimentation durable, de qualité et accessible à tous. Pour cela, ils soutiennent notamment les circuits courts, les productions locales et l’installation de nouveaux agriculteurs.

Les PAT ont également pu bénéficier du soutien du plan France Relance qui souhaite accélérer leur déploiement et la croissance des PAT déjà existants. C’est pourquoi 80 millions d’euros ont été alloués dans le cadre de ce plan, qui permettront aux PAT labellisés ou en cours de postuler pour obtenir des financements supplémentaires. Cette somme s’ajoute aux crédits du Programme alimentaire national pour l’alimentation. Fixé au départ à au moins un PAT par département d’ici 2023, l’objectif est quasiment atteint avec près de 300 PAT labellisés au total sur 98 des 101 départements français.En Charente, les deux agglomérations que sont GrandAngoulême et Grand Cognac se sont lancé dans l’aventure et proposent aujourd’hui des actions variées pour répondre aux enjeux agricoles et alimentaires dans le département.

Résilience alimentaire dans le Grand Angoulême. Lauréat de l’appel à projet du Programme National de l’Alimentation 2017-2018, GrandAngoulême s’investit aux côtés d’acteurs territoriaux grâce à un accord-cadre multipartenarial, pour bâtir un système alimentaire territorial plus solide. Après avoir fait le bilan du mandat 2017-2020, la nouvelle délibération cadre met encore davantage l’accent sur l’agriculture, une priorité pour l’Agglo dans le mandat 2021-2026. Territoire pilote dans le cadre d’un programme de recherche-action Orsat mené par l’association nationale Les Greniers d’Abondance, GrandAngoulême travaille pour axer davantage encore son Projet Agricole et Alimentaire Territorial (PAAT) autour de la notion de résilience alimentaire. Six grands enjeux agricoles et alimentaires ont été définis ainsi que les objectifs opérationnels : soutien à l’installation et à la transmission des exploitations agricoles ; développement et structuration des filières locales ; accompagnement des changements dans les pratiques agroécologiques ; soutien et éducation à une alimentation locale et de qualité dans la restauration scolaire ; implication des citoyens et des élus locaux. « La nouveauté de ce mandat, c’est l’élaboration d’un marché d’intérêt local, sur lequel nous travaillons avec l’association Atis France Active (un réseau qui favorise l’émergence de projets locaux), la Chambre d’agriculture de la Charente, le Groupement des Indépendants (GNI), le Département et la Région », détaille Flora Quarantin, coordinatrice du PAAT GrandAngoulême. Il prendrait la forme d’une plateforme de distribution de produits locaux, les plus proches possible en termes de provenance, pour la restauration au sens large, c’est-à-dire privée mais aussi la restauration d’entreprise, les traiteurs, les épiceries... « Cela viendrait compléter la démarche du réseau “Bien manger à l’école”. » Encore en phase de confirmation afin d’établir l’opportunité du projet, GrandAngoulême prévoit un point d’étape d’ici l’été 2022 afin de connaître sa véritable pertinence.Concernant le soutien à l’installation et à la transmission, GrandAngoulême proposera de nouveau son AgriTour en mars 2022, qui demande en amont une stratégie de repérage des exploitations à reprendre ou des porteurs de projet. « Nous y travaillons avec notre cellule installation-transmission qui réunit les acteurs du territoire qui sont associés à cette thématique - Chambre d’agriculture, Maison de l’agriculture biologique, Safer, InPact, Terre de Liens, MSA - et nous en profitons pour organiser quelques actions de sensibilisation à la transmission, décrit Audrey Lannurien, chargée de mission Agriculture et Alimentation au Grand-Angoulême. Par exemple, nous essayons d’associer de plus en plus les communes afin qu’elles soient à même de connaître les fermes à reprendre sur leurs territoires. » 
Ramener l’agriculture sur le territoire. Actuellement, la Safer mène une étude sur Saint-Yrieix et Linars pour aider la municipalité à identifier le foncier disponible et les agriculteurs âgés de plus de 55 ans en vue d’organiser des entretiens de sensibilisation. GrandAngoulême va également lancer des permanences, en partenariat avec la Chambre d’agriculture de la Charente et la MSA des Charentes, sur 5 communes de l’agglomération, adressées aux agriculteurs, qui pourront ainsi bénéficier d’un entretien individuel et gratuit avec les opérateurs techniques des deux structures, une sorte de « point info retraite ». « Ce serait aussi potentiellement un excellent moyen pour recenser les agriculteurs intéressés par l’AgriTour », réagit Audrey Lannurien. Enfin, l’agglomération propose ponctuellement des ciné-débats pour sensibiliser le public sur différents sujets agricoles.« La dernière nouveauté concerne l’agroécologie. Un collectif informel a été créé durant l’été 2020, qui ne demande qu’à s’agrandir. L’objectif est de faire en sorte que tous les acteurs, des opérateurs techniques en lien avec l’agroécologie, puissent travailler ensemble pour devenir un vrai réseau vers lequel pourront se tourner les agriculteurs qui souhaitent mener des projets en agroécologie », annonce la chargée de mission. Parmi ces structures, on trouve Prom’Haies, le Cetef, la LPO, les Compagnons du Végétal, les Planteurs volontaires, Charente Eaux, l’EPTB, le Département de la Charente...

Un début prometteur pour Grand Cognac

Plus récent que le PAT de GrandAngoulême, puisque le comité de pilotage a été formé en décembre dernier, le PAT de Grand Cognac a pour objectif d’initier des projets qui favorisent une alimentation saine sur l’ensemble de l’agglomération. L’agglomération s’applique donc à travailler sur plusieurs thématiques : économique, sociale et sociétale, environnementale. Les questions spécifiques à l’agriculture et le foncier seront abordées lors d’une réunion, le 30 novembre. « La dimension agricole du projet est indispensable car nous souhaitons développer la diversification sur notre territoire », confie Maud Boulesteix, chargée de mission Plan Alimentaire Territorial du Grand Cognac. Parmi les actions à mettre en place, figure l’accompagnement à l’installation d’agriculteurs. « Nous travaillons avec la MAB 16 sur la création d’une cellule installation destinée aux porteurs de projet. Nous étudions également, avec la Safer, la question foncière. Enfin, avec Pensez local 16 et la Chambre d’agriculture, nous voulons réaliser des outils pour identifier les marchés pour les citoyens et les touristes. »

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