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Le projet de nouvelle région est loin de faire consensus en Deux-Sèvres

L’opposition de nombre de chefs d’entreprises et d’élus, pour des raisons différentes, à la réforme territoriale, met en évidence la nécessité de clarifier les compétences et les ressources des nouvelles régions.

Ressources, compétences, proximité, taille : autant de points que le Parlement qui commence l’examen du projet de loi en juillet aura à clarifier.
Ressources, compétences, proximité, taille : autant de points que le Parlement qui commence l’examen du projet de loi en juillet aura à clarifier.
© N.C.

Le découpage régional proposé par le président de la République au début du mois est pour le moins contesté, en Deux-Sèvres. Elus et chefs d’entreprise réunis à l’initiative de la chambre de commerce et d’industrie ont, à quelques exceptions près, comme Yves Debien, vice-président du conseil régional, fait part de leurs réserves concernant le regroupement de Poitou-Charentes, avec le Limousin et la région Centre. 48% des chefs d’entreprise estiment judicieux un rattachement de la région aux Pays de la Loire, mais ce taux passe à 64% dans l’éventualité d’un démantèlement de la région et à 28% pour un rattachement à la région Aquitaine (*).
Sujet de crispation s’il en est quand on touche aux territoires et à leurs représentants, le redécoupage se veut une réforme structurelle « qui ne permettra pas de faire des économies », selon Hervé Lebras, démographe, directeur de l’Institut national d’études démographiques, qui témoignait par vidéo. Selon lui,  il aurait été préférable de définir clairement au préalable, les objectifs de cette réforme et les compétences des nouvelles régions.
« Prendre en compte le dynamisme économique serait une bonne chose, comme l’Arc atlantique, mais je ne vois pas de trace de cela, ni de cohérence », avant de faire part de son sentiment « d’une annonce faite dans la précipitation ». Regrouper Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes
« aurait du sens », avec Nantes comme capitale régionale, estime Dominique Breillat, professeur émérite à l’université de Poitiers, faisant remarquer qu’un tel découpage, est ni plus ni moins celui des élections européennes.
Sans doute faut-il chercher dans ces incohérences, « les rivalités politiques ou des questions d’ego d’élus préoccupés par leur réélection », comme l’a souligné un des membres de la CCI. Piquée au vif, Delphine Batho a fustigé « une vision très parisienne » du projet, et brandi l’argument de la ruralité, tout comme le président de la chambre d’agriculture, Jean-Marc Renaudeau, rappelant le poids de l’agriculture dans l’économie locale. Mais également Dominique Breillat qui se demande si l’on n’est à un tournant de l’histoire en inscrivant « l’acte 3 de la décentralisation, commencée dans les années soixante, et poursuivie dans les années quatre-vingt, ou au contraire, l’acte 1 de la recentralisation ». Quoi qu’il en soit, avec des régions aussi vastes, « il faudra des relais territoriaux », poursuivait-il.
Ces relais pourraient être les intercommunalités qui passeraient de 5 000 à 20 000 habitants. Mais là encore, les avis divergent. Les uns, comme Delphine Batho, estiment que le département joue ce rôle et devrait continuer à être acteur pour cela alors que d’autres pensent à des relais des régions dont les compétences devraient être renforcées avec le développement économique, l’aménagement du territoire, les transports, les routes, les collèges. Les compétences, les ressources sont ces préalables au périmètre que réclame Philippe Mouiller, maire de Moncoutant. Mais également Jean-Marie Morisset, qui en appelle au consensus régional « sans quoi la décision viendra de Paris ».
(*) Enquête CCI du 6 au 22 juin auprès d’un panel représentatif de 701 chefs d’entreprise des Deux-Sèvres.

Le CESER donnera sa position le 11 juillet

Le 11 juillet, le conseil régional organisera une réunion à laquelle seront invités les présidents des conseils généraux, les parlementaires et les présidents des intercommunalités. A cette occasion, le Ceser fera part de ses travaux sur le devenir de la région.
Le Conseil économique, social et environnemental de Poitou-Charentes veut en effet s’impliquer dans la réflexion sur la réforme territoriale. Il estime que la nouvelle carte des régions « n’est pas la question prioritaire ». « Elle aurait dû être la conséquence d’un travail de concertation au niveau local », pour « apporter aux décideurs les éléments de réflexion sur les questions essentielles (…) », comme « la prise en compte de l’objectif du bien-être des habitants », « le rôle de chacun entre intercommunalités, région, Etat, Europe », les ressources, la coopération interrégionale, l’égalité entre les territoires et entre les citoyens.

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