Le modèle économique du réemploi
À l'initiative du Simer (le syndicat interdépartemental mixte pour l'équipement rural) et des communautés de communes Vienne et Gartempe et Civraisien en Poitou, l'association EIT (écologie industrielle territoriale) est née en 2023.
Les partenaires économiques de l'EIT ont beau être différents (associations, collectivités, entreprises), ils ont un même objectif : créer un modèle économique autour du réemploi.
Une idée très ancienne qui consiste à penser que ce que quelqu'un ne veut plus peut servir à quelqu'un d'autre. Les recycleries l'avaient remis au goût du jour et avec l'association EIT, les communautés de communes Vienne et Gartempe et Civraisien en Poitou se sont dotés d'un outil qui facilite la réflexion et les études, mais aussi la mise en relation et les actions de tous les acteurs.
Plastiques, textiles, construction
"L'enjeu est de réduire l'extraction de matières premières et de privilégier le recyclage et le réemploi pour réduire l'enfouissement " confirme Lucie Milon, directrice de l'EIT. "La démarche est créatrice d'emploi puisqu'à ce jour l'EIT emploie 2 salariées et l'équivalent de 4 ETP au sein de l'Esat André Rideau à Adriers" complète Philippe Delaire, directeur de l'agence Arlaud Iribarren de Saint-Maurice la Clouère. Et les filières s'organisent.
Sur le plastique, l'entreprise de l'Isle-Jourdain Né-Auplast a investi dans une déchiqueteuse pour recycler les polymères dont elle avait besoin dans sa production. "Avec les gisements locaux des entreprises mais aussi des collectivités (bidon, conteneurs à ordures), nous sommes aujourd'hui 100% autonomes dans nos approvisionnements. Avant, nos polymères venaient d'Espagne" explique Philippe Chaulier, directeur de Né-Auplast.
Le réemploi fonctionne aussi dans le domaine du mobilier. "Nos lits médicalisés réformés, nos chariots d'archives, trouvent un autre sort que le ferraillage" cite notamment Ludovic Blanchet, coordinateur environnement au CHU. Les déchets de travaux publics ou de textiles (les entreprises qui ont aujourd'hui l'obligation de traiter leurs vêtements de travail EPI) sont aussi concernés. "Ils deviennent des tote-bag et autres goodies " souligne Lucie Milon.
Sur des chantiers de déconstruction aussi le réemploi est à l'œuvre. Sur le site de l'ancien CFA de Civray, la charpente, les câbles électriques, les moellons de construction et les planchers pourront être réutilisés par d'autres entreprises. Enjeu de demain : accompagner les acteurs de la commande publique, (architectes, maîtres d'œuvre, élus) vers le réemploi. Aujourd'hui, si la loi le rend obligatoire, les mentalités n'y sont pas forcément prêtes.