Aller au contenu principal

Contractualisation
Le lait, les fruits et les légumes au pas de course

Bruno Le Maire a indiqué que les contrats devront êtres disponibles en janvier 2011. Les secteurs du lait et des fruits et légumes inaugureront la contractualisation au printemps.

Le secteur laitier a besoin d’une nouvelle régulation communautaire selon les producteurs.
Le secteur laitier a besoin d’une nouvelle régulation communautaire selon les producteurs.
© DR

 

La contractualisation sera mise en œuvre rapidement et d’abord dans deux secteurs qui ont connu récemment des crises sans précédent : le lait et les fruits et légumes. En l’absence d’accords interprofessionnels étendus par l’État, ces contrats, d’une durée minimale de cinq ans pour le lait et de trois ans pour les fruits et légumes seront fixés par décret, selon le ministère de l’Agriculture.

L’entrée en vigueur de ces deux décrets est prévue au 1er avril 2011 pour le secteur laitier et au 1er mars 2011 pour le secteur des fruits et légumes, dates correspondant au début des prochaines campagnes de production. Le ministre de l’Agriculture a indiqué que « 90 % des 70 décrets d’application de cette loi seront sortis d’ici janvier 2011 ». Il a ainsi affirmé devant les députés que « la loi sera effective en janvier » et que « les contrats devront être disponibles en janvier ».

Au cours de ce CSO, le représentant de la FNSEA, son secrétaire général adjoint Jean Bernard Bayard, a redit que la contractualisation était « un outil sécurisant pour le producteur parce qu'elle apporte de la lisibilité et de la stabilité dans les relations commerciales ». En revanche elle n’a pas vocation, selon elle, rejointe par les producteurs de lait (FNPL), à gérer la volatilité croissante des prix sur les marchés « qui appelle une nouvelle régulation communautaire ». « Affirmer aujourd’hui le contraire nous paraît irresponsable », renchérit la FNPL.

 

La nécessité d’un accord interprofessionnel

La FNSEA regrette aussi des délais très courts voulus par le gouvernement qui n’ont pas donné le temps de formuler des propositions interprofessionnelles, le ministre ayant privilégié la voie du décret. Elle souhaite que cette première étape soit relayée par un accord interprofessionnel car elle conditionne le succès de la contractualisation à des contrats types élaborés en interprofession et au renforcement de l'organisation économique des producteurs. Enfin, Jean-Bernard Bayard a rappelé à Bruno Le Maire que la recherche d’un partage équitable de la valeur ajoutée au sein des filières ne sera possible que si la contractualisation s’applique à la grande distribution et pas seulement à la relation entre producteurs et premiers metteurs en marché.

Contre les critiques portant sur sa « précipitation » dans la mise en œuvre de la LMAP, Bruno Le Maire a souhaité s’expliquer devant les députés, le 28 octobre. « Les choses étant imprévisibles, on ne peut pas savoir à l’avance si le prix du lait baissera ou pas en 2011 », s’est-il défendu.

 

 

 

Les producteurs de fruits, légumes et lait posent les conditions du succès

 

POUR LA FNPL, la refondation des relations contractuelles entre producteurs et transformateurs « ne pourra être atteinte qu’avec une « trousse à outils » adaptée. Celle-ci doit au moins comporter les éléments suivants : « massification de l’offre et structuration des producteurs », « rééquilibrage des négociations commerciales avec les industriels », « transparence des relations commerciales entre producteurs et transformateurs », « responsabilité affirmée du producteur et de son organisation sur la facturation du lait qu’ils commercialisent ».

Du côté des producteurs de fruits (FNPF), on est « favorable » à la mise en œuvre de la contractualisation mais on « regrette » que le législateur n’ait pas retenu une contractualisation « sur l’ensemble des actes commerciaux ». 

« Moyen supplémentaire d’assurer un minimum de moralisation et de sécurisation des relations commerciales », la FNPF rappelle que les contrats proposés par les acheteurs seront « un dispositif offert » aux producteurs, « libres à eux de les signer, de les rediscuter ou de les refuser ».

Enfin, les producteurs de légumes (Légumes de France) estiment que la contractualisation « peut être un outil de stabilisation des relations commerciales et de retour à des relations de confiance entre producteur et acheteur ». Mais ils veulent que l’obligation de contractualisation s’applique « à chaque stade de la filière », « avec des obligations identiques ou d’effet équivalent », et défendent « un taux de contractualisation minimum, identique à chaque stade de commercialisation et à atteindre progressivement par tous ». 


 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Emmanuelle et Pierre Hay restent solidaires et déterminés face à la situation.
Réserves: une famille sous pression
Depuis plusieurs mois, le quotidien de Pierre Hay, mais aussi celui de son épouse et de leur enfant, est rythmé par des attaques…
Les Deux-Sèvres en vigilance crues

Météo-France émet une vigilance crues pour les Deux-Sèvres, du mardi 10 février à 16h, jusqu'au 11 février à…

Après "Au nom de la Terre" et "La promesse verte", Édouard Bergeon, ici à Poitiers lundi dernier, sort "Rural" le 4 mars.
Un film "Rural", pour réconcilier agris et urbains
Dans quelques jours, Édouard Bergeon sort un nouveau long métrage qui évoque l'agriculture. "Rural" est un portrait de Jérôme…
C'est un T.Rex qui s'invite désormais sur le grand écran du pavillon Omnimax.
Le plein de nouveautés au Futuroscope
Après sa pause hivernale, le Futuroscope vient de rouvrir ses portes. Quatre nouveautés sont prévues en 2026, dont deux qui sont…
Les demandes de transport solidaire en Civraisien en Poitou ont augmenté de 40 %. Le Cif-SP est toujours en recherche de soutien financier et de nouveaux chauffeurs pour pérenniser le dispositif.
Mobilité rurale : des solutions en marche

Vivre en milieu rural, c'est souvent être un peu loin de tout. Pour garder ses habitants, le sud Vienne a déjà mis en place…

Damien et Latetitia Berthomier ont reçu le 1er prix des pratiques agroécologiques dans la catégorie "Prairies et parcours". LPO86
23 médailles pour la Vienne au Sia

À l'issue du Salon de l'agriculture, les producteurs de…

Publicité