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Covid-19
Le laboratoire Qualyse produira des tests de dépistage

Très attendue, la décision prise par arrêté le 5 avril donne le droit aux préfets d’autoriser les laboratoires vétérinaires à produire des tests Covid-19. Le feu vert a été donné en Deux-Sèvres et la société Qualyse, à Champdeniers, est prête à opérer pour quatre départements.

Dans son laboratoire P3, Qualyse pourra traiter 1000 tests/jour.
© Qualyse

C’est la fin d’un feuilleton de plus de trois semaines : dès le début de l’épidémie de coronavirus en France, plusieurs laboratoires vétérinaires se sont manifestés, proposant de mettre à disposition leurs moyens humains et matériels pour produire des tests virologiques. L’élaboration de ces tests, indispensables pour tracer les malades infectés et limiter leur contagion, a été refusée à ces établissements dans un premier temps, puis le cadre juridique a été finalement modifié le 5 avril, levant cette interdiction. Les laboratoires vétérinaires, qui étaient dans l’incompréhension, vont enfin pouvoir passer à l’action. « Nous faisions remonter depuis un moment, par toutes les instances possibles, le fait que nous sommes en capacité de réaliser et de déployer plus de 1000 tests PCR (réaction en chaîne par polymérase permettant de détecter la présence du virus) par jour, témoigne Philippe Jumel, directeur général du laboratoire de conseil sanitaire et alimentaire Qualyse, à Champdeniers. Le fait que nous travaillons traditionnellement pour le secteur animal ne rend pas nos procédures moins rigoureuses ». Le PDG salue le travail des élus de départements qui ont porté sa vision et celle d’autres laboratoires vétérinaires au niveau national, jusqu’à obtenir gain de cause, évitant ainsi de perdre davantage de temps dans la lutte contre la maladie.

Jusqu’à 1000 tests/jour

Etablissement public industriel et commercial, Qualyse s’est engagé à fournir des tests pour quatre départements : les Deux-Sèvres, la Vienne, la Charente-Maritime et la Corrèze. Leur lancement effectif pourrait intervenir, selon le dirigeant, dès mardi prochain, en tout cas dans la semaine, dès que les réactifs commandés en urgence auront été livrés, et qu’une convention aura été passée avec des cabinets de ville ou un hôpital pour assurer la validation des analyses par des docteurs biologistes, comme le demande la loi. « Les prélèvements seront réalisés par des agents départementaux, principalement en Ehpad et autres structures de collectivités », croit savoir Philippe Jumel. Près de 1000 tests pourront être traités par jour, ce qui laisse entrevoir la possibilité d’étendre le dépistage auprès d’un public plus large, par exemple par « drive in » (dépistage au volant de sa voiture) comme cela est déjà mis en place dans certaines régions. Une équipe de huit personnes est détachée sur cette mission chez Qualyse, et quatre à six employés supplémentaires sont d’ores et déjà préparés à leur prêter main forte si le besoin se faisait sentir.

« Les épidémies, notre cœur de métier »

Pour Philippe Jumel, il ne fait aucun doute que de nombreux industriels en France sont en capacité de produire ces tests. La compétence et le matériel ne font en tout cas pas défaut chez Qualyse : « Au fond nous sommes spécialistes en épidémiologie, c’est notre travail quotidien. Nous procèderons avec le Covid-19 comme nous procédions déjà lors des grippes aviaires, tuberculoses ou fièvre Q, au sein de notre laboratoire confiné P3 ». Le dirigeant ajoute que certaines pratiques comme la sérotèque, qui consiste à garder des sérums congelés pendant 13 mois afin de les réanalyser plus tard, sont parfois plus répandues dans les laboratoires vétérinaires que dans la médecine humaine. « J’ai demandé à ce que Qualyse soit aussi mobilisé sur les tests de sérologie, qui permettent de définir si le virus est passé par une personne, et que nous pourrions produire à raison de 7000 unités/jour, mais l’arrêté ne concerne pas cette catégorie de tests », déplore-t-il. En attendant, son entreprise se montre triplement solidaire des Français pour les aider à surmonter la crise en cours : en continuant – et c’est sa raison d’être – d’accompagner les éleveurs dans leur métier, en produisant des tests Covid-19, et en fabriquant des solutions hydroalcooliques qui seront distribuées gratuitement par les collectivités et conseils départementaux 79, 86, 17 et 19.

                                                                                                                               

Testez, testez, testez !

« Vous ne pouvez pas combattre un incendie les yeux bandés », déclarait, dès le 16 mars, le directeur général de l’Organisation mondiale pour la santé, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus. Et nous ne pouvons pas arrêter cette pandémie si nous ne savons pas qui est infecté par le virus. Nous avons un message simple pour tous les pays : testez, testez, testez. » Un vœu difficile à mettre en œuvre en France, où la proportion de tests réalisés depuis le début de la pandémie est très inférieure à celle d’autres pays, comme l’Allemagne ou la Corée du Sud. La raison : un manque de matériel et de structures habilitées. L’autorisation donnée le 5 avril aux laboratoires vétérinaires de contribuer à la production de tests devrait accélérer la capacité de dépistage, estimée, avant cela, à 20 000 tests/jour par le premier ministre Edouard Philippe. N. O. (Agra) et Kévin Brancaleoni
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