Le Futuroscope accélère sa transition
Énergie, eau, déchets, gaz à effet de serre et biodiversité sont les 5 piliers des actions que le parc du Futuroscope met en place depuis une quinzaine d'années.
Il y a quelques jours, 45 salariés du Futuroscope ont quitté leur poste pour aller jardiner. Enfin, plus précisément, pour aller planter des arbres à quelques kilomètres du parc, à Neuville-de-Poitou. Une action portée par l'entreprise "Créateur de Forêt" à laquelle le Futuroscope a choisi de s'associer, en finançant 50 % des quelque 1 080 arbres implantés sur cette parcelle de 15 ha, située à proximité d'un bois (non loin du Dolmen).
Et si les salariés ont aussi été associés, c'est que cette action qui vise à rapporter de la biodiversité est loin d'être la seule dans le parc. "Nous avons sanctuarisé 3,5 hectares sur notre site où nous avons changé par exemple le type de haies, où nous faisons de la fauche tardive, et où nous allons installer des corridors entre les "poches" de biodiversité que nous avons déjà. Et peut-être les faire déborder du parc" explique Christine de Samie, responsable client et environnement au Futuroscope.
Ce volet "biodiversité" est assez récent sur le parc, et s'ajoute à quatre autres piliers d'une démarche environnementale initiée il y a une quinzaine d'années. Les sous-compteurs électriques pilotés à distance, avec des variations possibles ont par exemple permis de réduire la consommation par visiteur de 20 % ces 5 dernières années. La consommation d'eau par visiteur a baissé de 30 % sur la même période, grâce à des sous compteurs, le remplacement des plantes annuelles par des vivaces plus résilientes aux sécheresses, l'installation de pommeaux de douche lumineux qui changent de couleur pour indiquer une douche un peu trop longue, mais aussi un recyclage de l'eau. "Nous travaillons avec l'université de Poitiers pour adapter encore mieux notre consommation électrique à la fréquentation, et avec un bureau d'études sur la gestion des eaux pluviales". Une réflexion sur l'utilisation d'une eau ozonée pour le nettoyage des cuisines est également en cours. L'objectif du parc est de faire baisser de 10 % de plus les consommations d'électricité et d'eau d'ici 2030.
Concernant les déchets, le Futuroscope a supprimé la vaisselle jetable et a fait progresser le tri au sein des restaurants.
Des liens avec l'agriculture
Les biodéchets sont actuellement valorisés dans l'unité de méthanisation de la Baie des Champs, à Sèvres-Anxaumont. "Nous réfléchissons à installer un centre de tri sur le parc" précise Christine de Samie. L'objectif serait d'aboutir à un tri plus précis des déchets des visiteurs, qui disposent actuellement de 2 types de poubelles.
Le Futuroscope a aussi multiplié les actions pour faire baisser ses émissions de gaz à effet de serre : remplacement de l'unité de cogénération au gaz de ville par un thermofrigo pompe et recours à de la biomasse, alimentée par des palettes venant des 80 km autour. "Nous avons réussi à baisser de 80 % en 4 ans ces émissions. Pour les 20 % restant, nous avons investi dans la séquestration de carbone".
Une contractualisation a été réalisée avec 4 agriculteurs du département, mais aussi avec le CNPF, qui met en relation avec des propriétaires de la Vienne pour amplifier la plantation de forêts.
D'autres actions sont également menées, comme la mise en place de trains spéciaux pour les visiteurs, l'installation de bornes de recharge de voitures, mais aussi un recours de plus en plus fréquent à un approvisionnement local pour l'alimentaire. "Dans nos restaurants, 80 % des produits viennent de moins de 200 km."
Une légumerie pourrait aussi voir le jour sur le parc, d'ici 5 ans, afin de permettre une utilisation optimale des légumes.