Aller au contenu principal

Charolaises
Le deux-sévrien Emmanuel Turpeau élu à la tête du Herd-book charolais

Emmanuel Turpeau, sélectionneur charolais à Bressuire, a été élu président du Herd-book de la race le 10 février.

Emmanuel Turpeau et son épouse Sonia élèvent 110 Charolaises inscrites au Herd-book.
Emmanuel Turpeau et son épouse Sonia élèvent 110 Charolaises inscrites au Herd-book.
© Marie Giraud

Dans le bocage baigné du soleil de cette fin d'hiver, Emmanuel Turpeau guette la sortie prochaine des animaux et la fin des vêlages de ses Charolaises. L'éleveur bressuirais profite de la période calme, à l'aube d'une année qui pourrait s'avérer chargée.

Le 10 février, il a été élu président du Herd-book Charolais (HBC), l'association sanctuaire de la généalogie et génétique de la plus grande race allaitante de France. Après sept ans au secrétariat général, il a remplacé Sébastien Cluzel, éleveur dans le Puy-de-Dôme, lors d'une passation annoncée et préparée depuis deux ans.

Lire aussi : Quarantième vente de la station d'évaluation Charolais diffusion

À la foire de Vérone

Emmanuel Turpeau connaît bien l'instance en tant qu'élu et utilisateur, mais aussi pour y avoir travaillé pendant onze ans en tant que contrôleur-animateur, chargé du pointage et de la certification des animaux.

Le jeune étudiant de BTS Acse s'était piqué de sélection et de concours lors d'un stage chez un éleveur charolais de l'Allier, Christian Brunot, qui lui a confié la présentation de son taureau champion Damas lors du concours de la Fieragricola de Vérone (Italie), où il a fait la connaissance de l'équipe du Herd-book.

Installation en hors cadre familial

À l'heure de s'installer, la charolaise était évidemment au centre du projet. En 2007, à quelques encablures de sa terre natale de Chiché, Emmanuel s'est associé avec Éric Fuseau, sur son troupeau de 40 mères inscrites au HBC, complété par des achats pour atteindre l'effectif cible.

Il conduit depuis, avec son épouse Sonia qui l'a rejoint sur la ferme en 2015, lors du départ à la retraite d'Éric, un troupeau de 110 mères inscrites, avec une sélection axée sur les qualités maternelles. 

"La génétique de l'exploitation est orientée vers la facilité d'élevage, notamment au vêlage. On est en couple sur l'exploitation donc nous cherchons à simplifier notre quotidien avec des vaches faciles à vivre. Sur la voie femelle, on vise des bassins larges et sur la voie mâle, des vêlages faciles".

Un système herbager

La valorisation de l'herbe est également au cœur du système. La moitié des 180 ha de prairies sont désormais temporaires (fétuque, RGA, trèfles) et 30 ha sont réservés aux méteils, développés pour gagner en autonomie alimentaire après la flambée des céréales, en 2008-2009.

Le passage en bio est arrivé par la suite, "naturellement". Mais entre décrochage du bio et augmentation des cours de la viande, la valorisation espérée n'est pas au rendez-vous. 

Les broutards et les femelles sont vendus au marché au cadran de Parthenay, qui "permet de bien suivre les cours et de montrer les animaux, car dans la vente de reproducteurs, il faut être partout", estime le sélectionneur. La moitié des mâles sont en effet vendus chaque année pour la reproduction.

La génétique de l'exploitation est orientée vers la facilité d'élevage, notamment au vêlage. 

Simplifier !

Après avoir quitté ses autres mandats (station d'évaluation de Bressuire, syndicat charolais 79, fédération nationale des stations), Emmanuel aborde la fonction de président du HBC avec une certaine inconnue sur l'ampleur de la tâche, mais sachant toutefois pouvoir s'appuyer sur les collègues du conseil d'administration et les salariés, "une équipe aussi passionnée que les éleveurs".

Les journées sont actuellement rythmées par une visio d'une heure et des échanges téléphoniques. Les réunions de bureau et les commissions se déroulent majoritairement en visio, ou plus rarement au siège de Magnicourt (Nièvre). 

Des déplacements sur les événements et à l'étranger sont à prévoir. "Pour le moment, je ne souffre pas trop des absences, mais ça risque de s'intensifier". 

Le système alimentaire a été simplifié avec un maximum de foin et une complémentation à l'auge (méteil grain, épeautre, luzerne déshydratée, concentré) préparée à la mélangeuse en amont. Un apprenti a été recruté en septembre dernier.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Nicolas Clairo avait invité ses adhérents il y a quelques jours, au Tison, à Poitiers, pour le premier anniversaire du club Airbnb Vienne.
Les loueurs Airbnb trouvent leur place dans la Vienne
Un an après sa création, le Club Airbnb de la Vienne a déjà mis en place un certain nombre d'actions. Notamment un guide…
60 ans VR
Un anniversaire rural et local

Le samedi 2 avril 1966, le tout premier Vienne Rurale arrivait dans les boîtes aux lettres des agriculteurs de la Vienne…

Quelles obligations sanitaires lors de rassemblements d'animaux ?
Les regroupements d'animaux sont soumis à une réglementation sanitaire et à des exigences de bien-être animal définies dans le…
La compagnie équestre espagnole Drakonia présente un spectacle époustouflant qui attire de nombreux spectateurs.
La fête médiévale prête au combat

La 15e édition de la fête médiévale de La Roche à Foucauld a lieu les 18 et 19 juillet. Un nouveau voyage aux temps des…

Le Réseau InPACT a réuni, à Saint-Groux le 9 juillet 2026, plusieurs acteurs de l'installation agricole, autour du préfet de la DDT, pour défendre une approche plus pluraliste de l'accompagnement des porteurs de projet.
Faciliter les installations atypiques
Le Réseau InPACT a reçu le préfet et les représentants de la Direction départementale des territoires (DDT)  en amont du…
L'obligation d'une part conséquente de maïs dans la ration des troupeaux AOP rend encore plus difficile la question des fourrages, dans un été où les pâtures, comme les champs de maïs, sont grillés.
AOP : "Sans dérogation, c'est l'arrêt de mort pour nos élevages"

Le 20 juillet, le syndicat des laiteries Charentes-Poitou a annoncé la décision de son conseil d'administration de demander un…

Publicité