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Le député René Pilato décrit ses "choix fondamentaux"

Le député sortant de la première circonscription, René Pilato (NFP-LFI) fait son retour à la Commission des Affaires Économiques pour travailler, entre autres, sur le numérique et l'intelligence artificielle.

© A.V.

Le député René Pilato a fait sa rentrée sur les bancs de l'assemblée nationale. "Pour quelle durée ? Peut-être que c'est un CDD d'un an ou de trois ans plutôt que de cinq. Le prochain ou la prochaine présidente refera sans doute une dissolution pour profiter de la dynamique", badine l'élu Nouveau Front populaire-La France Insoumise. "Je prévois de continuer le travail sur le terrain, y compris les communes rurales, pour remonter des informations importantes en commission et voter des lois adaptées."

Si tous types de sujets sont abordés, il se concentre notamment sur les questions numériques et l'apport de l'intelligence artificielle (IA) dans les territoires. "Quels que soient les produits élaborés, aliments, biens de consommation ou services à la personne."

Il souligne les nombreuses questions auxquelles il faudra répondre : "Comment garder notre humanité et intégrer l'IA ? Comment répartir le temps de travail ?" Le député voit l'IA comme un outil pour réduire la pénibilité des tâches, notamment dans l'aide à la personne et l'agriculture. Une autre question est de "comment on va pouvoir éventuellement mettre des cotisations sociales sur tout ce travail ou sur toute cette production pour assurer le fonctionnement des services publics. Donc il y a une vraie mutation de la société qui se fait. Il y a un vieux slogan de la SNCF qui disait que le progrès ne vaut que s'il est partagé par tous. Si le progrès est au service de toutes les forces, nous avons une société plus apaisée. L'IA reflète ce que nous sommes. Nous devons l'utiliser de manière éthique et inclusive. Ce sont des choix politiques fondamentaux pour la France."

 

Aménagement du territoire. Après le rapport sur l'eau qu'il avait corédigé l'an dernier, René Pilato va reprendre contact avec Charente Eaux. "Je vais travailler avec son président Mickaël Canit pour éviter les inondations en aval et récupérer un maximum d'eau en aval, tout au long d'un ruissellement ralenti qui pourrait bénéficier aux agriculteurs, grâce non pas à des réserves de substitution mais des retenues collinaires", indique-t-il quelques jours après les manifestations dans la région (lire en page 8).

Il rappelle qu'il y a "un enjeu majeur avec le dérèglement climatique. On va avoir plus d'évaporation, plus de précipitations très fortes, violentes... Comment on évite la casse des infrastructures et comment on évite que les gens soient inondés ? C'est un aménagement du territoire à penser. On a forcément cette contrainte d'un ruissellement qui a été accéléré par des sols artificialisés, d'une part dans les villes, d'autre part une agriculture qui rend les sols peu spongieux et accélère aussi leur érosion."

La souveraineté alimentaire est également une question sur laquelle il est attentif. "On ne peut pas avoir des agriculteurs toujours mis sous pression sur les prix, les mettre en concurrence avec, par exemple, des agriculteurs ukrainiens qui travaillent à 200 euros par mois". La même question se pose pour les secteurs où les importations sont importantes. Et de plaider pour une "taxe au kilomètre". "Plus un produit voyage, plus il est taxé. La seule variable, c'est le type de transport. S'il est déplacé en vélo ou en avion, ce n'est pas le même niveau carbone, par exemple." Avec une expérimentation à mener d'abord sur les transports nationaux "pour que l'Union européenne nous laisse tranquille et que nous ayons le temps de travailler."

 

 

"Nous sommes dans une crise de régime"

René Pilato revient sur l'annonce par le président Emmanuel Macron, lors de l'entretien télévisé du 23 juillet, de rejeter la proposition du Nouveau Front populaire (NFP) de nommer l'économiste Lucie Castets à Matignon. Après deux semaines de discussions, le choix de Lucie Castets a contenté les quatre partis du NFP : "Elle est non étiquetée et à la tête d'un combat pour défendre les services publics. Elle était également en pointe contre la réforme des retraites et elle l'est également dans la lutte contre la fraude fiscale."

Pour le député NFP-LFI, "nous sommes dans une crise de régime."

Arrivé en tête aux législatives, le NFP est-il en mesure de gouverner ? Pour René Pilato, c'est une question dont les députés doivent s'emparer. "Si je présente un texte de loi conforme au programme à l'Assemblée nationale, il est normalement amendé. Il ne sort jamais de l'Assemblée nationale comme il est présenté. Il est là, le travail parlementaire. Donc si l'extrême droite et la droite l'amendent à un tel point qu'on doit le retirer, on n'avancera pas. S'ils l'amendent de manière, je dirai, raisonnable, à la fin, il passe. Mais le Premier ou la Première ministre, si elle est issue du Nouveau Front populaire, doit défendre le programme du NFP, on a été élu là-dessus."

Enfin, l'élu prévient : "Si Macron ne nomme pas un premier ministre du NFP, le gouvernement sera censuré." Et si la droite et l'extrême-droite refusent de travailler avec un gouvernement NFP, "on entrera dans une crise de régime" qui peut aller "jusqu'à la démission du président." Et d'estimer que chaque député, quel que soit son parti, devra voter en conscience. "Beaucoup de textes peuvent passer. Qui va refuser qu'on fasse l'école gratuite ? Qui va dire qu'il est contre la cantine, les transports gratuits et des fournitures offertes aux élèves ? Vous voyez dire un député qu'il a voté contre ça ? Il y a des sujets non clivants qui ne le deviennent que par idéologie ou par obéissance aux partis majoritaires."

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