Aller au contenu principal

Le Département en situation de blocage

Le budget 2025 du Département n'a pas été voté après deux jours interminables de débats et tractations. La majorité de Philippe Bouty est totalement fracturée mais le président exclut toute démission.

Philippe Bouty, président du Conseil départemental, n'a plus de majorité.
Philippe Bouty, président du Conseil départemental, n'a plus de majorité.
© (© A.V.)

Les élus départementaux vont devoir se réunir avant le 15 avril pour tenter de trouver un compromis et voter un nouveau projet de budget qui va être composé dans l'urgence, sans quoi c'est la Chambre régionale des comptes et le préfet qui prendront la main. Le conseil départemental se contentant de gérer les affaires courantes.

Mis en minorité, le président (PS) Philippe Bouty refuse toutefois de démissionner. Même si Patrick Gallès a démissionné de la présidence de la majorité en début de semaine, le président du Département peut encore compter sur une quinzaine d'élus. Mais depuis que le groupe des 6 (désormais baptisé " La Charente au cœur ") emmené par la sénatrice Nicole Bonnefoy s'est désolidarisé de Philippe Bouty et ses fidèles, l'actuelle majorité est dans l'impasse. Le président du groupe d'opposition, Jérôme Sourisseau, est bien sûr en embuscade pour refaire basculer l'exécutif du département à droite. Mais Philippe Bouty n'entend pas lâcher l'affaire et il travaille sur une nouvelle forme de gouvernance, expliquant que 95 % des dossiers ont quand même été votés. Précisons que le budget consacré à l'agriculture a lui été voté à l'unanimité...

Une crise qui vient de loin. La refonte du dispositif d'aides aux territoires et la réduction importante des crédits consacrés aux travaux dans les collèges et les aides aux actions environnementales ont cristallisé les divisions. Philippe Bouty a eu beau expliquer que compte tenu de la diminution des aides de l'État, il ne pouvait risquer de mettre le Département encore un peu plus dans le rouge, ses opposants ne l'ont pas entendu et se sont finalement abstenus, rendant impossible toute majorité pour voter le budget.

Cette crise n'est que l'épilogue d'une longue agonie politique. Il y a quatre ans, lors des dernières élections départementales, l'actuelle majorité de gauche avait raflé le département à Jérôme Sourisseau et ses amis d'une courte tête. D'un siège pour être précis. Mais très vite l'unité autour de Philippe Bouty s'est fracturée, avec pour point d'orgue les dernières élections législatives de juillet 2024. Alors qu'il semble qu'un accord avait été scellé pour soutenir la candidature du maire de Chasseneuil, Fabrice Point, pour déloger la députée RN Caroline Colombier sur la 3e circonscription de la Charente, Philippe Bouty (et le président du Conseil régional Alain Rousset) ont poussé la candidature de Virginie Lebraud, maire de Chirac... et conseillère régionale. Et Caroline Colombier a été largement réélue. Visiblement, Nicole Bonnefoy et ses amis socialistes n'ont pas digéré l'affront et le vote du budget départemental était coché tel un rendez-vous fatal.

Le problème dans cette affaire, c'est que la mandature du Conseil départemental ne se terminera qu'en 2028 et on voit mal comment l'institution départementale pourrait ainsi naviguer en eaux troubles durant trois ans ! Les communes, associations et entreprises, tous les acteurs de nos territoires ruraux dont le Conseil départemental est un soutien de poids n'avaient pas besoin de cette crise en ce moment.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

Renforcement des contrôles des mouvements d'animaux en Deux-Sèvres

Dans un contexte sanitaire évolutif en matière de maladie animale, les services de l'État sont au côté des professionnels des…

Pas de concours de Parthenaises au SIA en 2026. Les sélections en ferme devaient commencer la semaine prochaine...
Défections en chaîne pour les concours bovins au SIA

Les annonces ont commencé à tomber pendant les fêtes : les uns après les autres, plusieurs concours bovins…

Méline métois a été sacrée meilleure apprentie cuisinier de la Nouvelle-Aquitaine lors de la finale régionale à Elle représente donc la région au concours nationale ce lundi 12 janvier.
Une apprentie de la Vienne en finale nationale de cuisine

Méline Métois veut devenir la meilleure apprentie cuisinier de France. Elle représente la Nouvelle-Aquitaine à la finale…

La ministre de l'agriculture annonce une série de mesures pour le monde agricole

Suite aux mobilisations du mois de décembre et celles de cette semaine dans toute la France et à Paris, Annie Genevard a tenu…

Pour manger la "meilleure galette de la Vienne" il faut aller à Port-de-Piles déguster celle de Justine Bourgeois.
Concours de galettes et fèves gagnantes
C'est la tradition de janvier : la galette des rois. Pour les gourmands, c'est parfois l'occasion de débuter une collection de…


Le premier rassemblement s'est tenu devant la Cité administrative d'Angoulême, bloquant tout le Champs de Mars, puis à la préfecture. Les convois se sont ensuite rendus sur la RN10 où ils ont déversé des pneus de tracteur, coupant la circulation jusqu'au lendemain matin.
Mobilisés sur la dermatose nodulaire, mais pas seulement...
À l'appel de la Coordination rurale 16, des agriculteurs se sont mobilisés pour des actions de blocage dans plusieurs communes de…
Publicité