Le cobot au service de l'industrie
Améliorer les conditions de travail en prenant en charge des tâches ingrates, répétitives, génératrices de troubles musculosquelettiques, telle est la mission des robots collaboratifs développés par JF Développement à Roullet-Saint-Estèphe.
Le robot collaboratif, ou cobot, travaille aux côtés de l'humain, sans barrière, au sein de la ligne de production. Il permet d'automatiser les tâches répétitives et de gagner en productivité. Créée en 2013 par Jean-François Dumontet, JF Développement s'intéresse à l'aménagement de poste et à l'ergonomie en industrie. L'entreprise de Roullet-Saint-Estèphe s'est tournée vers les robots collaboratifs depuis 2020. HMI-MBS, distributeur de robots du constructeur danois Universal Robots, fournit JF Développement qui se charge de les intégrer dans les lignes de production, en les programmant, en créant l'interface de contrôle des tâches. "Le cobot dispose d'un bras articulé, qui peut être doté de différents outils : pistolet à peinture, pince, ponceuse, préhenseur pour déplacer des objets, etc. L'interface permet de gérer un programme de mouvements précis".
Intégré dans la ligne de production
La Maison Roy de Bellevigne, distributeur de boissons, a intégré un équipement pour palettiser les cartons de bouteilles. "Voilà 15 mois que nous sommes équipés, d'abord sous forme de location pour tester, puis nous avons investi dans l'outil", distingue le directeur général, responsable de production Sébastien Semery. Les opérateurs rentrent dans l'interface les dimensions des cartons. Des points de ramassage et de dépôt sont définis. Au bout du bras du cobot, un outil de préhension à 6 bars aspire le carton, le soulève, vient le positionner sur la palette à l'emplacement programmé. "Étant prestataire de services, nous devons traiter de nombreux formats de cartons différents, ils nous arrivent de changer de programmation au moins quatre fois dans la journée, précise Sébastien Semery, convaincu par l'équipement. Le robot ne prend pas de place et est très évolutif".
Autre exemple chez Hennessy, où le cobot a été utilisé temporairement pour soulever de lourdes bouteilles de cognac, les retourner pour vérifier à l'œil qu'elles ne contiennent pas de saleté. "Cette opération évite aux opérateurs de répéter ce geste éprouvant".
Chez Selp à Angoulême, spécialiste des documents administratifs sensibles, l'entreprise a réalisé une ligne complète pour la mise en packaging des cartes de démarrage des voitures Tesla. Ce 22 mai, un cobot a été livré à la biscuiterie Saint-Michel à Champagnac-de-Belair, en Dordogne. "L'équipement comprend un convoyeur intelligent et un cobot pour de la palettisation, souligne Jean-François Dumontet. Entre les madeleines, les gâteaux, l'industriel compte plusieurs packagings. Il y a donc entre 15 et 20 programmes différents !".
Des applications en agriculture
JF Développement a intégré une vingtaine de robots depuis 2020. Un robot nu coûte entre 20 000 et 50 000 euros. Un robot intégré varie entre 80 000 et 110 000 euros. L'offre de location de l'entreprise permet de tester le service, avant d'investir.
"Aujourd'hui, nous atteignons un rythme de 10 cobots intégrés par an. Le marché commence à s'ouvrir. Désormais, l'intelligence artificielle nous permet de gagner du temps dans le développement de la programmation", souligne Jean-François Dumontet, qui croit à l'avenir du cobot, notamment en agriculture. "Je pense par exemple que le cobot pourrait être utile aux maraîchers, pour palettiser des melons. Notre offre de location pourrait parfaitement répondre à un besoin saisonnier. Le cobot apporte un véritable confort de travail et un gain de qualité dans la production".