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Toitures
Le Bartic, une solution bois/PVC thermorégulatrice

Écologique et innovant, le matériau Bartic se présente en planches alvéolées assemblables facilement les unes aux autres. Également support de panneaux solaires, il empêche la condensation et conserve une ambiance tempérée dans les bâtiments d’élevage.

La pose de planches en Bartic revient à 25euros hors taxespar m2 utile. Un investissement amorti, selon le constructeur, par sa longévité et sa couverture résistante et étanche.
© Barsun

Le premier prototype est sorti en 2000. À l’époque, Hubert de Rancourt, ingénieur de recherche, a l’idée de coupler des sciures d’épicéa et du PVC, tous deux recyclés, en des planches composites de 25 cm de largeur, qui s’imbriquent pour créer un matériau de couverture/bardage résistant et isolant. « Ajouter entre 20 et 30 % de bois au plastique lui donne immédiatement plus de structure, lui évitant de se déformer avec la chaleur ou de plier sous les pressions. À l’inverse, le plastique protège le bois non traité de l’oxygène, et donc de la détérioration. Chacun s’apporte et l’équilibre entre les deux matériaux garantit une durée de vie inégalée au produit. Les expériences de vieillissement accéléré menées en laboratoire n’ont pas réussi à l’altérer. À la fin, on n’identifie pas les échantillons testés, au regard des résultats obtenus qui sont identiques pour les lots de départ et d’arrivée », raconte Hubert de Rancourt pour l’anecdote.

Propice aux bâtiments agricoles

Dès le début, l’entreprise Barsun, qui produit le Bartic à La Roche-sur-Yon, se tourne vers les marchés agricoles « parce qu’il y a plus de liberté dans les constructions de bâtiment », souligne l’inventeur du matériau. La chambre d’agriculture de la Vienne participe à l’élaboration du cahier des charges initial et le résultat va dans le sens des besoins des exploitants, notamment des éleveurs. Ainsi, la toiture ne condense pas, elle évacue l’air trop chaud par son système de tubes intégrés aux planches, qui font un effet cheminée et recréent une lame d’air « semblable à la fraîcheur sous un arbre ». La couverture est en outre résistante, étanche, et la pose de 600m2 peut s’effectuer en autoconstruction, en une journée, sans gros moyens logistiques.

Reconnu premier prix ministériel des produits français en 2000 et premier prix des innovations de la foire de Paris (concours Lépine) de 2016, le Bartic se commercialise à un peu moins de 25 € HT/m2 utile, contre 9 € par exemple en moyenne pour de la tôle, à laquelle il faut toutefois rajouter le prix d’un isolant, la tôle surchauffant au soleil. L’investissement est compensé, selon Hubert de Rancourt, par la durabilité du Bartic, ses qua-lités de confort en été et son excellent bilan carbone. Recyclable plusieurs fois, il résiste bien à l’épreuve du temps.Michel Cornouault, éleveur de brebis à Amailloux, en a fait poser 250m2 en 2009 pour isoler sa bergerie: « Le produit est intact après plus de dix ans, en plus d’être écologique et très protecteur ». Près de 95 % des clients de l’entreprise Barsun sont issus du secteur agricole et para-agricole et ce dans pas moins de 42 départements français, ce qui représente 200 000 m2 de Bartic posés. Le chantier moyen tourne autour de 600 m2 équipés.

Une sous-toiture pour le solaire

Quelques années après avoir conçu la planche Bartic, l’entreprise a créé un chevron permettant d’y fixer des panneaux solaires. Depuis 2016, un troisième produit a vu le jour, intégrant les deux premiers en un seul. Chaque planche présente ainsi trois chevrons qui assurent des appuis fréquents à de fins liteaux. « Poser des panneaux solaires ou rénover son toit avec des tuiles ou ardoises est ainsi facilité, toute la partie étanchéité étant garantie par le Bartic posé en sous-toiture », développe Hubert de Rancourt. Si l’entreprise, à taille très humaine (elle compte deux salariés à ce jour: Hubert et Stéphane Thouin, charpentier-couvreur), ne parvient pas encore à financer la totalité des frais d’homologation dus aux dernières réglementations sorties en matière de photovoltaïque, une entreprise d’électricité d’Ussel (Corrèze) s’est manifestée pour redynamiser l’aventure, en apportant les fonds afin de renforcer les moyens de production et de commercialisation du Bartic. Ce changement administratif est prévu pour les prochaines semaines et donnera le départ d’une stratégie plus offensive pour conquérir le marché du solaire.

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