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La visite mouvementée de François Hollande au salon de l'agriculture

En inaugurant le SIA 2016, François Hollande s'attendait à une visite difficile. Elle le fut. Mais il a aussi rencontré les responsables professionnels agricoles, qui lui ont fait part des problèmes auxquels ils étaient confrontés.

De retour d'un voyage de plusieurs jours dans l'hémisphère sud, François Hollande a enchaîné directement par l'inauguration du SIA 2016.
De retour d'un voyage de plusieurs jours dans l'hémisphère sud, François Hollande a enchaîné directement par l'inauguration du SIA 2016.
© Réussir/Thierry Michel

Arrivé à 6h50 à l'entrée du hall 1, le président de la République François Hollande, accompagné du ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll, a été immédiatement accueilli par les responsables de la Fnsea et des JA. Ce comité d'accueil symbolique a d'abord été l'occasion d'un échange sur les problématiques des exploitants agricoles et de leurs souffrances. Puis Xavier Beulin et Thomas Diemer ont remis au chef de l'État une liste de treize questions, baptisée « Questions de Paysans ». Parmi elles : Quelles initiatives envisagez-vous pour relancer une politique qui soutienne l'agriculture ? D'autres portent sur l'étiquetage « clair et loyal » de l'origine des produits, sur le rééquilibrage du rapport de force dans la chaîne alimentaire en faveur des producteurs, sur les outils de gestion des risques, sur le compte pénibilité...

Colère des éleveurs
Tout cela sous une banderole des JA « Pas de pays sans paysans ». François Hollande s'est ensuite entretenu longuement avec Joël Sillac, propriétaire de Cerise, vache bazadaise et égérie du SIA 2016. Ils ont évoqué la question des races à petits effectifs et bien évidemment les soucis conjoncturels liés au secteur de l'élevage. Cette première étape terminée, un cheminement de plus de cinq heures a commencé.
Premiers pas dans les allées et premiers mouvements de colère lorsque le président est arrivé à hauteur des vaches laitières exposées dans ce hall 1. Un éleveur d'Eure-et-Loir résume la situation. « À 330 euros les mille litres, on ne règle rien, à 400 euros, on peut parler de mise à niveau et à partir de 450 euros, ça commence à être viable. Il faut absolument atteindre ces 400 euros. Si l'on récupère 5 centimes par litre sur la GMS et 5 centimes par litre sur les industriels, on doit pouvoir atteindre 100 euros par 1 000 litres ». Avant d'ajouter que même en se regroupant, les producteurs ont bien du mal à se faire entendre des industriels et donc, pour cette raison, « il faut que les politiques nous écoutent » sinon, « nous allons manger en une génération ce que nos parents ont mis plusieurs générations à construire ».

Phil Hogan étudie plusieurs mesures proposées par les Français


Lors d'une réunion organisée au Salon de l'agriculture, avec le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll et l'ensemble des organisations agricoles françaises (syndicats agricoles, industriels et interprofessions viande et lait), le Commissaire européen à l'agriculture, Phil Hogan a évoqué plusieurs mesures demandées par la France, en expliquant qu'elles étaient à l'étude, en vue du prochain conseil des ministres de l'Agriculture le 14 mars. Parmi elles, le relèvement des aides de minimis (en précisant pour les jeunes agriculteurs), les crédits à l'export (en se référant à une politique mise en oeuvre en Allemagne) et le soutien financier des agriculteurs par l'intermédiaire de la banque européenne d'investissement. "Il n'a fermé aucune porte" a réagi Xavier Beulin, à la sortie de la réunion.
Les organisations ont par ailleurs fait part de leur souhait que les marchés européens soient mieux régulés. Réagissant par ailleurs aux propos de Marine Le Pen qui affirmait la veille vouloir "la peau de Phil Hogan", les syndicats ont unanimement rappelé leur attachement à l'Union européenne, tout en critiquant chacun son orientation politique ou son immobilisme.

 

 

Plus d'infos dans le journal Agri 79 du 4 mars

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