Aller au contenu principal

La vie de château pour le donjon de Montreuil-Bonnin

Du haut de ses 27 mètres, le donjon du château de Montreuil-Bonnin trône fièrement dans cette ancienne forteresse militaire. Un joyau qui vient tout juste d'être fini de restaurer.

C'est une des pépites de la Vienne, assez peu connue du grand public. Le château de Montreuil-Bonnin, qui domine la vallée de la Boivre, est pourtant un site assez impressionnant. Une forteresse militaire médiévale de la fin du XIIe siècle assez emblématique de l'époque des Plantagenets à la guerre de 100 ans, qui a notamment accueilli un important atelier monétaire, et vu passer des figures de l'histoire comme Richard Cœur de Lion ou Aliénor d'Aquitaine. "C'était une place protestante forte pendant la guerre de religion" explique Isabelle Dupont. La propriétaire du château est évidemment incollable sur l'histoire du site qu'elle tient de sa famille. "Il est classé comme monument historique depuis 1840, pour assurer sa transmission aux générations" lance-t-elle. La propriétaire a aussi souhaité le partager, en l'ouvrant au grand public à l'occasion de visites ou en le louant (lire dans l'encadré). Et puisqu'il a évidemment subi des dommages lors de conflits militaires et ceux du temps, la propriétaire du château a toujours travaillé à l'entretenir et le rénover. "Je n'aurais jamais pensé à réussir à restaurer le donjon, qui n'était plus qu'un cylindre de 27 m de haut" (voir la photo). En 2018, elle se laisse convaincre par des voisines de postuler au loto du patrimoine, organisé par Stéphane Bern. Et le donjon a été retenu, lors de la toute première sélection. Les travaux ont débuté en 2020, avec l'aide financière d'autres mécènes : la Fondation du Patrimoine, la fondation Crédit Agricole Pays de France et de nombreux privés. Après les conduits de cheminée, la partie sommitale, la voûte en pierre (qui était en partie écroulée) a été refaite en bois ; une charpente a été posée, ainsi que des planchers. En 2023 et début 2024, ce sont les travaux de maçonnerie intérieure qui ont été réalisés, ainsi que les huisseries, la base extérieure, et la pose de la gargouille. Le tout, évidemment avec le concours des architectes des bâtiments historiques. "Pour les créneaux qui sont au-dessus du donjon, nous connaissions leur largeur car nous avons retrouvé les pierres d'angle. Mais pas leur hauteur". Malgré les recherches effectuées, aucun document iconographique n'a pu être trouvé et assez peu de descriptifs. C'est donc plusieurs hauteurs de créneaux qui ont été réalisées au sommet du donjon. Les artisans sélectionnés, souvent locaux, se sont relayés jusqu'à la semaine dernière pour finaliser ce chantier titanesque. Désormais c'est un bâtiment de deux étages qui trône à quelques centaines de mètres du logis. Au rez-de-chaussée, un atelier monétaire va être reconstitué. Au premier étage, des kakémonos retraçant le déroulement des travaux ont déjà été installés, et d'autres sur la taille de pierre au Moyen-Âge le seront prochainement.

De la location

Au deuxième étage, Isabelle Dupont entend aménager une chambre qui pourra être louée. "Je souhaite innover dans ce que je propose pour attirer les visiteurs" explique la propriétaire. Depuis des années, elle propose en effet la location du logis principal du château (250 m2 au sol, 7 chambres, plusieurs salles de réception, une piscine, et accès au jardin), ainsi qu'une chambre au premier étage de la poterne. Pour atteindre le lit à baldaquin, on passe au-dessus de trois ouvertures dans le sol, recouvertes de verre : celle qui permettait de baisser la herse du pont-levis, ainsi que celle destinée au contrepoids et l'assommoir (qui permettait de jeter des pierres et autres projectiles aux assaillants). Au fond de la chambre, en ouvrant une armoire, on découvre une salle de bains dissimulée dans le meuble. Et si on se dirige vers le chemin de ronde, ce sont les toilettes que l'on découvre. Des logements insolites, qui permettent de découvrir des éléments d'architecture et de l'histoire du site. Pour Isabelle Dupont, ces locations sont une façon aussi de trouver des fonds pour lui permettre l'entretien courant (et assez important !) du château et ses dépendances. À noter qu'il est toujours possible de participer financièrement au reste de la rénovation du Château avec un don qui peut ouvrir à une réduction d'impôts.*

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Caracterres.

Les plus lus

L'Ukraine et son agriculture face à la guerre
Nicolas Turquois et Pascal Lecamp, se sont rendus en Ukraine avec une délégation du MoDem. Les cinq jours sur place ont permis…
Louis Gemot, Thomas Vezien, Jack-Yves Mehée, Mathéo Mounier sont élèves au lycée de Venours.
Aprèm'technique à Venours

Dans le cadre du projet d'information et de communication qu'ils doivent réaliser pour leur BTS ACS'AGRI, Louis Gemot,…

Karine Desroses regrette cette suppression de fonds nationaux dédiés à la formation professionnelle, dans le contexte d'augmentation du taux de chômage.
500 sessions de formation suspendues en région
La semaine dernière, la Région avait réuni les organismes de formation et acteur de l'emploi et de la formation professionnelle,…
Les élus ont investi la cantine du collège de Latillé au moment du repas 100% local.
Le goût du local jusque dans les cantines
Pour mettre un peu plus l'accent sur leur démarche d'achat de produits locaux, 38 cantines inscrites sur Agrilocal ont participé…
Les vergers d'oliviers sont mis en palissage, comme des vignes.
Oliviers : une diversification adaptée à la Vienne ?
Après une intervention lors du forum des opportunités qui avait suscité l'intérêt de plusieurs agriculteurs, la chambre d…
Publicité