La solution ultime contre les vols en ferme
Selon cette étude, les oies sont plus efficaces que les caméras contre les vols en ferme.
Selon cette étude, les oies sont plus efficaces que les caméras contre les vols en ferme.
Les statistiques sur les vols de matériel agricole s’envolent depuis les dernières années, laissant forces de l’ordre et assureurs perplexes, mais visiblement pas à cours d’idée.
Contre les infractions commises dans les cours de la ferme (GPS, carburant, outillage…), les préventeurs ont déniché une solution efficace pour empêcher l’introduction des intrus.
Une défense naturelle
Différents organismes para-agricoles, deux compagnies d’assurance et la brigade des Deux-Sèvres se sont ainsi alliés pour mener une expérimentation d’envergure avec la collaboration de 32 exploitations agricoles du département.
Un premier groupe a été équipé de caméras de surveillance à visée de dissuasion et d’alarme, quand un deuxième groupe, dans le même secteur et avec le même profil, a lui été pourvu d’un système de défense naturel : des béliers ou des oies et leur jars laissés en liberté dans la cour de la ferme la nuit.
Les moutons n’aiment pas les os
9 exploitations ont ainsi reçu chacune un bélier de deux ans, et 7 ont opté pour un groupe de trois oies et leur jars. Le premier a cette propension à charger à peu près tout le monde, quand les seconds sont de redoutables défenseurs malgré leur air dodelinant.
Les chiens de garde, auxquels on peut raisonnablement penser pour faire face à une situation de défense, ont été écartés du dispositif par la brigade. En effet, ils sont facilement distraits par un os que leur donneraient les voleurs, tandis que le mouton ou le volatile ont cet avantage de bouder les morceaux de leurs congénères.
Des aménagements ont été nécessaires : le logement des animaux pour la journée, ainsi qu’une clôture sur l’ensemble du pourtour de la cour, sans oublier la protection des accès aux fourrages, aux hortensias et aux géraniums.
Quelques ajustements à régler
Les résultats sont spectaculaires. L’étude révèle en effet que sur les 32 exploitations participantes, le groupe des exploitations équipées de caméras a subi plusieurs vols durant la période d’expérimentation, alors qu’aucune protégée par les animaux n’y a été confrontée.
Le chiffre apparait très encourageant pour les chargés de l’expérimentation, qui notent « une force de dissuasion très avancée » par les animaux, en particulier les oies.
Il reste cependant quelques légers ajustements à trouver avant de déployer massivement cette armada. Il est en effet impossible actuellement pour plusieurs exploitants de remettre les pieds dans leurs cours de ferme, gardés par les jars. L’intervention d’un escadron du Raid est envisagée pour exfiltrer les volatiles.